Zabou the terrible

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mardi, décembre 11 2018

De l’horreur, de la fraternité et de pensées en vrac

 

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L’horreur, à nouveau… Et tous, à nouveau, sommes et serons unis dans la douleur, dans la terreur, dans la détestation d’un acte qui nous fera à nouveau nous méfier de vivre, tout simplement. Ces actes qui grèvent notre confiance dans la vie, qui ôtent toute légèreté, qui semblent poser une chape de plomb sur l’humanité : comment redonner saveur à la vie quand l’horizon s’assombrit chaque jour un peu plus ? 

 

Nous, les chrétiens, avons une intention de prière toute trouvée : pour les victimes, pour leurs familles mais aussi pour le bourreau qui a commis on ne sait vraiment pourquoi cet acte insensé aux conséquences fatales. Àl’heure où j’écris, il n’est pas encore trouvé ; demain, il sera peut-être tué durant sa fuite. La violence engendre la violence. 

 

Il y a encore quelques jours, nous étions un pays divisé, hurlant les uns sur les autres : cri des détresses, essentiel à entendre, mais aussi révélateur des dissensions et d’un cruel manque d’écoute, partant de fraternité. Aujourd’hui, dans la douleur, nous saurons retrouver ce chemin, j’en suis certaine mais, quid de demain ? Le perdons-nous à chaque fois, en dehors des circonstances tragiques ? Sont-elles les seuls événements fédérateurs d’une humanité erratique peinant à se trouver et à se comprendre ? 

 

Savons-nous nous encore aujourd’hui nous rassembler pour nous rencontrer ? Pour écouter la différence de l’autre et, peut-être, découvrir aussi ce en quoi il m’est proche. 

 

            Ce soir, j’avais le conseil d’une classe bien sympathique mais souffrant souvent de la division entre ceux qui font telle option et ceux qui ne la suivent pas : c’est au sein d’une classe, d’heures passées ensemble, qu’ils auront à se découvrir proches, prochains, les uns des autres et cet apprentissage-là me semble plus que jamais d’actualité, a fortiori quand même l’école publique n’offre plus guère de mixité sociale. 

 

            Ce soir, que notre fraternité ne soit pas que de douleur, que notre prière s’élevant dans la circonstance de l’attentat ne s’y limite pas mais s’élargisse pour demander au Seigneur l’art et la manière : l’art de l’écoute, la manière de la rencontre entre chacun de nos frères les hommes, prochains, même quand ils semblent lointains. 

 

(Dans la même veine, on lira avec profit l'appel aux catholiques de France et à nos concitoyens du Conseil permanent des évêques de France sorti aujourd'hui >>

lundi, décembre 10 2018

2 ans de joie !

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Aujourd’hui, 10 décembre 2018, je fête mes 2 ans de consécration, le cœur en immense action de grâce, évidemment. …. J’aimerais remercier le Seigneur sans qui rien n’aurait été possible (c’est vrai en plus !) et, pour Le remercier très concrètement, j’ai aussi eu la joie de participer à la messe célébrée par mon cher confesseur pour rendre grâce au cœur de l’immense action de grâce qu’est l’eucharistie ! 

 

Le célébrant m’avait demandé de dire quelques mots sur ce qui faisait ma joie de consacrée et qui pouvait concerner tout le monde. J’ai parlé sans le papier que j’avais préparé, il peut donc y avoir quelques différences mais voici mes notes : 

 

  • Joie de la certitude profonde d’être à ma place, d’être là où le Seigneur le et me veut… Joie de répondre à notre vocation, quelle qu’elle soit ! Et c’est juste incroyable la profondeur de cette joie, malgré les épreuves et les difficultés du jour. Je n’ai jamais été aussi profondément heureuse que depuis que je suis consacrée : une joie liée à un amour d’une incroyable profondeur. 

 

  • Joie qu’une de mes missions soit de porter la prière de l’Église pour le monde. Pas seulement d’avoir les mains dans le cambouis du monde de par mon travail de professeur mais aussi de le porter dans la prière des heures et dans ma prière personnelle. J’en suis honorée et c’est très beau ! 

 

  • Joie d’être appelée à une conversion permanente pour chercher à être comme un panneau indicateur vers le ciel… De plus en plus, des personnes viennent me parler non pour voir « Zabou » mais parce que je suis consacrée, que j’ai un peu ce double ancrage de mes pieds dans le sol de notre monde et mon cœur ancré dans le Seigneur, pleinement donné à Dieu. En cela, il y a la découverte de mon immense petitesse, de ce que je ne maîtrise pas vraiment, c’est-à-dire de ce que le Seigneur fait et veut faire à travers moi pour témoigner de Lui. Et cela, c’est très grand ! 

 

.... J’ai fini en partageant la prière suivante, écrite en août (et que j’ai dite en « nous » pour l’occasion, en précisant que chacun pouvait en prendre ce qu’il voulait de par sa consécration baptismale mais j’en donne ici la version originale). Prions les uns pour les autres, afin de témoigner de Lui et de Sa joie, quel que soit notre état de vie !  

 

Seigneur, Toi, Tu brûles d’amour pour moi en tout lieu et, si souvent, je passe avec l’indifférence de mes préoccupations à côté de Ton buisson ardent qui ne s’éteint jamais. 

 

            Pourtant, je crois que ma vie de consacrée (et cette joie incroyable dont je ne me suis toujours pas remise d’être à Toi) est d’apprendre à T’aimer en tout. A me libérer de tout ce qui me préoccupe pour que Tu aies pleine place et que Tu aimes à travers moi. Apprentissage d’une vie : accueillir l’Amour, Le laisser emplir chaque recoin de notre être. Mystère d’alliance… Donne-moi, sur terre, de vivre comme Ta bien-aimée, dans la fidélité, témoin de Ta joie et de Ton Amour fou qui Te consume pour l’humanité entière. Cette humanité que Tu as aimée à jusqu’à te livrer pour elle. 

Amen. 

samedi, décembre 1 2018

L'avenant Avent

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Heureuse coïncidence du calendrier : pour une fois, l’Avent commence pour de bon le 1erdécembre, liturgiquement – grâce aux 1ères vêpres du 1erdimanche de l’Avent célébrées dès le samedi - comme « commercialement ». 

 

Une simple coïncidence ? Ou un appel à prier pour la réconciliation ? 

 

Réconciliation entre sens de notre fête chrétienne de Noël et enjeux de consommation propres à cette époque ;

Réconciliation des chrétiens entrant dans l’Avent pour apprendre à accueillir le Christ et de ceux qui n’y lisent plus qu’un temps comme un autre, peut-être lié à quelques bougies et chocolats parce que c'est plutôt joli et très bon ; 

Réconciliation du rythme d’un parcours bien balisé en 4 semaines pour cheminer lentement vers Noël et de la course pour que soient achetés tous les cadeaux à temps… 

 

Et toutes ces réconciliations si urgentes dans notre monde si scindé, si fracturé, si divisé comme le mettent en lumière les événements de ce même 1erdécembre. 

 

Un Avent à prier pour la réconciliation : entre nous et certainement en nous aussi, premièrement, contre ce qui nous divise les uns et les autres, tout comme dans un combat plus personnel, plus spirituel. Unis contre le Diviseur. Pour apprendre à accueillir, dans la nuit de Noël, Celui qu’on appelle aussi le « Prince de la paix ». 

 

mercredi, novembre 28 2018

Regard de saison

 

A l’heure de l’éveil, la nuit est encore là, peinant à se dissiper ; 

A l’heure du goûter, déjà, le jour décline ; 

Et le soir est installé depuis longtemps quand vient enfin l’heure de se coucher. 

 

Frimas de novembre et lueurs désormais fragiles de l’hiver qui s’avance : 

Quand le monde s’emmitoufle et que seul le bout du nez dépasse encore, 

Qu’il fait nuit noire et que tombent violemment pluie et obscurité, 

Il est à travailler l’autre élément qui sort de l’uniforme réchauffant : 

Le regard, s’attachant à distinguer la vie malgré les ténèbres. 

 

C’est un regard de braise à travailler, pour réchauffer, 

En le portant sur Celui qui a le véritable regard ardent : 

Un regard brûlant, un regard aimant, un regard plein de vie. 

Pour vivifier chacun, doucement, dans nos nuits froides. 

 

Le soir, à la lueur des bougies, déposer nos vies sous Son regard ; 

Tendre celui de notre cœur vers Lui, à traver Sa parole, 

Pour réchauffer notre cœur de ses froideurs, de ses hivers, 

Pour vivifier notre regard et tenter de le rendre semblable au Sien, 

Capable de faire vivre, même au plus sombre des nuits de l’homme. 

 

vendredi, novembre 23 2018

Entre gris clair et gris foncé

 

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            Je ne sais pas pour vous mais, pour moi, s’il existe des journées lumineuses, rayonnantes à 200 % et d’autres, plus rares, très sombres et bien noires, la majeure partie de mes journées s’écrit en gris – je n’ose écrire en nuances de gris –. Comprenons-nous bien, il ne s’agit pas de peindre ici des journées grises qui, à force d’être monotones, en seraient moroses mais plutôt de se demander, au terme de la journée : quelle a été la teinte dominante du jour ? 

 

            Je pense que, dans ma vie, cela oscille souvent entre gris clair et gris foncé si je dois tout additionner. Les joies, les difficultés – surtout celle-ci, là, en arrière-plan du cerveau qui te pourrit la journée –, les découvertes, la prière, les rencontres, les discussions, les petites galères (j’aime appeler cela « les renards » à cause du Cantique des cantiques et des renards qui ravagent la vigne : c’est trop ça, non ?), la journée trop longue, le mal que je ne voulais pas faire et que j’ai fait et tout le reste. Mes journées sont humaines, mes journées sont mêlées. 

 

            Le soir, ce sont donc, simplement, des jours entre gris clair et gris foncé que je dépose devant le Seigneur. 

 

Mais, ce qui est beau, c’est que devant Lui, plus rien n’est en semi-teinte : malgré tout, Il vient tout emplir de Sa lumière, de l’intérieur. Et cela illumine, et cela rayonne ! 

 

vendredi, novembre 16 2018

Un homme pressé

 

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Film au pitch sans difficultés : un homme d’affaires super doué mais tout autant super occupé qu’il est stressé fait un AVC et doit réapprendre à vivre. 

 

Alors, évidemment, on pourrait dire que c’est un film aux bons sentiments pour montrer de supposées seules « vraies » valeurs de la vie mais il va en réalité au-delà. Plein d’une belle douceur et de tendresse, le film nous offre également l’incroyable performance d’acteur de Fabrice Luchini, drolatique et touchant dans le rôle d’un homme réapprenant à vivre après un grave AVC avec une mention particulière pour le plan linguistique (qui m’a offert l’occasion d’un bon fou rire). Mais c’est à un niveau encore plus profond que peut nous travailler le film, nous tous qui vivons dans un monde qui est entièrement « pressé », qui prend mal le temps d’être, mal le temps de regarder, mal le temps de respirer : à travers les hésitations maladroites d’un homme obligé de changer, on se prend à observer les travers de notre société, à vouloir reprendre de la hauteur par rapport à ceux-ci, à avoir envie de repartir marcher, à l’exemple des personnages principaux. 

 

Car ce n’est pas un hasard, je crois, si le film parle aussi du Camino, ce chemin vers Saint-Jacques de Compostelle dont nous sommes tant à pouvoir dire qu’il a sacrément changé notre existence : il s’agit bien d’un film pour inviter à goûter à nouveau la vie au pas de l’homme, tout simplement. Si petit et, en même temps, si grand. 

 

mercredi, novembre 14 2018

Dieu ouvre un espace de liberté

Le récit de la création de l'univers (Gn 1, 1-2, 4a) est important puisqu'il livre la première image biblique de Dieu. Image de puissance créatrice. Toute-puissance entend-on dire souvent. Mais ne gomme-t-on pas trop vite un paradoxe ? C'est le septième jour que Dieu achève son oeuvre (2, 2), quand il met une limite à sa puissance créatrice et se repose. Il se montre ainsi "plus fort que sa force, ce qui est la définition de la douceur de Dieu" (P. Beauchamp). La création culmine donc dans une image de douceur déjà présente durant les six premiers jours puisque c'est par sa parole que Dieu exerce sa maîtrise sur le créé. Le sabbat de Dieu n'est pas non plus sans rapport avec ce qui précède immédiatement : la mission confiée à l'être humain de dominer la terre en maîtrisant les animaux (1, 29). En mettant un terme à son intervention créatrice, Dieu ouvre pour l'humanité, pour l'homme et la femme un espace de liberté où agir en responsabilité, où être créateurs à leur tour en exerçant une réelle maîtrise.  

André Wénin, L'homme biblique, Cerf, p. 21

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dimanche, novembre 11 2018

Si haut que soit le Seigneur

 

Évangile du jour, Jésus et la pauvre veuve aux deux pièces. 

 

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Dans la foule bruyante, faisant tinter les nombreuses pièces dans le trésor du temple, à la manière d’un don Salluste, Jésus distingue non pas qu’il en manque une mais une femme, celle qui doit à peine oser glisser sa maigre participation.

 Et pourtant, il la distingue, elle, la solitaire peu considérée, il va même jusqu’à distinguer son geste et surtout son cœur qui y préside : ce cœur prêt à tout donner pour le Seigneur. 

« Si haut que soit le Seigneur, il voit le plus humble » (Ps. 137) 

Pour le Seigneur, pas besoin de triompher en hauts faits, 

Pas besoin d’actions éclatantes, d’actes de bravoure ou de charités qui claironnent ; 

Pour le Seigneur, il y a juste à glisser, pièce après pièce, 

Juste à donner, toutes ces choses qu’on croit essentielles ;  

Il y a, peu à peu, ayant creusé ce qui n’était que notre carapace de superficialité, 

à Lui livrer avec confiance notre essentiel 

Pour qu’il soit, Lui, l’essence(vers le)-ciel, 

Notre Essentiel. 

 

samedi, novembre 10 2018

Notes en vrac d'espérance

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            Ce sont de curieux moments que les conseils de discipline. 

 

            J’ai du mal à expliquer en quoi cela constitue une place de choix pour une chrétienne qu’y siéger tant ce sont indubitablement des moments douloureux, souvent accompagnés d’une certaine violence et qui me laissent intérieurement groggy plusieurs jours de suite. Mais, en même temps, ce sont des lieux porteurs d’une incroyable espérance pour qui ose y croire : et le chrétien a, ce me semble, à s’en faire particulièrement l’écho. 

 

            Quand l’élève a – gravement – fauté, on n’est pas juste là pour le juger et le « virer », même si la disposition de la salle s’apparente alors à un tribunal, qu’on y est grave et qu’il n’est pas rare de voir nos élèves et leurs parents y trembler, voire y pleurer. Et, pourtant, si l’on prend la peine de ce moment, ce n’est pas pour exclure d’un coup parce que le cadre a été outrepassé, c’est bien plutôt pour jauger la situation et, surtout, toujours, espérer. Il ne s’agit pas la petite et à la fois si grande Espérance chrétienne mais un peu tout de même : il s’agit d’espérer l’élève dans ce « plus beau », dans ce « meilleur » dont il n’a pas encore su faire preuve et réfléchir ensemble au moyen de l’y conduire. En gros, c’est ne jamais croire que tout est fichu, ne jamais s’y résoudre… même si cela n’empêche pas la sanction d’être posée. 

 

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vendredi, novembre 2 2018

Lectures d’octobre pour mois pluvieux

 

            Quelques mots partagés sur trois romans lus et appréciés en ce mois d’octobre : à son image, Don Camillo et ses ouailles et Rosa Candida. Des styles différents mais tous très bons, pour mois pluvieux et frisquets à venir ! 

 

Jérôme Ferrari, À son image (Actes Sud, 2018) 

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            Je viens tout juste de quitter ce livre, rude et en même temps si éblouissant. La trame en est un enterrement, célébré par l’oncle et parrain de l’héroïne, prétexte pour parler de la vie de la défunte, déjà si marquée elle-même par le face-à-face avec la mort. 

            Il est question des absurdités de la vie, de violence, de guerre, de passion(s), mais aussi, en guise de fil rouge, de photographie et de ce dont elle est porteuse : Simples représentations ? Captures d’instants volés ? Clichés ? Récits de vie ? Obscénités ? 

            Le livre est rude, je le répète et, en même temps, le parrain prêtre narrateur nous ouvre à une autre dimension: tenté de s’en tenir aux paroles de la liturgie pour ne pas se laisser submerger par l’émotion, il ouvre la brèche de l’humanité dans ce qu’elle a de grand et de fragile, dans ce qui fait finalement sa beauté. « Dieu, Tu as fait l’homme à ton image et tu lui as confié l’univers afin qu’en te servant, toi son créateur, il règne sur la création » (P.E. IV). Dans les bas-fonds des hommes de ce livre, il ne reste que leur fragilité pour découvrir peut-être ce lieu, infime, ténu, où, malgré tout, ils ont été créés À son image

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jeudi, novembre 1 2018

Toussaint 2018

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Toussaint. Comme chant d’entrée, une litanie des saints… j’ai toujours aimé ce lent égrenage de personnes ayant été si proches de Dieu. Mais ils ont longtemps été pour moi des « parfaits », des « inaccessibles », des « trop admirables » ! 

 

Avec le temps, cela a changé et encore davantage depuis que j’ai vécu cette même litanie face contre terre. Maintenant, ce chant me renvoie toujours en partie à ce moment très précis et j’en ai d’ailleurs les yeux quelque peu humides. 

 

Quand la litanie des saints se vit ainsi, face contre terre, corps étendu sur le froid du sol, on est à la fois soi-même, dans l’élan de notre don, et, en même temps, on se sent vraiment rien, poussière, cette poussière que nous redeviendrons un jour. Et pourtant, durant ce temps de petitesse, l’Église sur terre chante vers le ciel et ce sont bien les saints qui sont invoqués, qui sont chantés : ils sont les compagnons de route donnés pour aider, pour indiquer le chemin. 

 

Si nul n’est jamais trop loin pour Dieu, nul n’est jamais trop petit pour aller quérir la main d’un saint. Plus que des parfaits, ils sont des frères aînés toujours pleins de ressources, ayant parcouru les multiples routes de la vie dans ce qu’elles avaient de meilleur mais parfois aussi de pire. Mais ils ont laissé à Dieu le soin d'écrire, à travers eux, la sente de leur vie et de la muer en belle calligraphie. 

 

Alors il est bon de s’approcher avec simplicité de leur lumière pour éclairer notre route vers cette sainteté à laquelle nous sommes, à notre tour, appelés. 

mercredi, octobre 31 2018

De l'air ! Du souffle !

 

Quand les portes se ferment pour se protéger des premiers frimas, les allergiques aux acariens préparent leur attirail, parés au rude combat de l’hiver, les microbestioles étant plutôt du genre féroce et aimant les intérieurs chaleureux. Dans la poche des allergiques traîne alors souvent ce qu’il faut si la crise s’aggravait et venait à dégénérer en asthme, maladie si néfaste à l’orthographe des élèves. 

 

Dans mon sac de vacances donc, par précaution, un inhalateur appelé airomir. Hier, en préparant mon sac, j’ai glissé juste à côté mon bréviaire et je me suis dit que ce n’était pas sans lien. 

 

Voici donc le bréviair-o-myrrhe, livre précieux, élargissant ta capacité à respirer le Souffle de Vie : 

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Présentation : des pages couvertes de Parole de Dieu, notamment des psaumes. 

 

Comment agit-il ? Que tu manques ou pas de Souffle, ce remède est pour toi ! Il améliore ta communication entre le Seigneur et te fait entrer dans la grande prière de l’Église. 

 

Comment doit-on utiliser ce remède ?  Attention, s’il s’agit simplement visiblement de tourner des pages, n’hésitez pas à vous reporter à la notice d’utilisation qui se trouve en début du tome 1, intitulée « PGLH » ou à consulter un ordo pour savoir dans quelle semaine « liturgique » vous vous trouvez. Ensuite, vous pourrez vous contenter de le lire, de le chuchoter, de le psalmodier, de le chanter à pleine voix à votre guise ! 

N.B. : ce remède a la spécificité d’être particulièrement approprié pour être partagé avec son voisin : utilisé, voire célébré, à plusieurs, il agit d’autant mieux ! 

 

Posologie : a minima 3 fois par jour (pour moi), plus si l’on peut. Ne pas hésiter à en user et à en abuser. Utilisable en toute saison. Usage régulier recommandé. 

 

Contre-indications : aucune. 

 

Effets primaires et secondaires 

  • Respiration +++ ! 
  • Non une accélération du rythme cardiaque mais bien une accélération de ton aptitude à aimer. 
  • Un élargissement progressif de ton cœur à la mesure de l’humanité, portée dans la prière d’intercession. 
  • Une régulation et un véritable élargissement de ta capacité respiratoire : ton rythme de prière devenant celui de l’Église entière, s’accroissant à travers les âges de la prière des psaumes priés par Jésus lui-même. 

 

 

mardi, octobre 30 2018

Chemin(s) de confiance

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Cette fois, j’avais pas mal de choses à dire : des cahots et mes K.O… des trucs que je ne dis pleinement que là, dans cet espace de confiance où l’on sait pouvoir tout dire, sans gants et sans circonvolutions inutiles. 

La prière ensemble, simple et fraternelle, l’échange, l’écoute, la confiance. 

Il faut, parfois, souvent, l’aide d’un frère pour dessiller nos yeux sur la grâce de Dieu quand elle se fait caméléon aux teintes nocturnes. 

« Mais je sais la source, même si c’est de nuit » 

C’est la place de l’accompagnement spirituel de toujours nous désigner la Source mais c’est aussi la place de tout l’accompagnement fraternel que nous avons à vivre les uns par et pour les autres. Le désigner : à nous, par nous, aux autres, nos frères, et réciproquement. 

 

Mais, pour cela, il faudrait retrouver le chemin présentement assez amoché et malmené de la confiance en Église, malgré tout. Chiche ? 

mercredi, octobre 17 2018

De bric et de broc

 

Temps ô combien incertains, 

Aux cahots des chemin, 

Rebonds multipliés des galères :

Vie, semble-t-il, de bric et de broc. 

 

Pourtant, toujours, sempiternellement, 

Ce travail en profondeur, 

Cette grâce à l’œuvre dans notre pâte humaine : 

Vie solide, semble-t-il, bâtie en briques et sur le roc. 

 

Comment ? Je ne sais. 

A quoi le vois-je ? Difficile à dire : 

Peut-être à ces contrepoints priants, 

Ces temps amoureux ménagés qui apprennent à regarder, 

Qui apprennent à voir, au-delà du simple aspect disgracieux, 

Le filigrane serein, caché, qui désigne un sillon bien plus profond. 

 

C’est la vie avec ses hics qu’on pourrait croire nazebroque, 

Une vie pleine, une vie bien de bric et de broc, 

Mais pleine d’heureuses surprises, de joyeuses trouvailles, 

Car, même si c’est de nuit, 

Car, si c’est vécu en Lui, 

Il dessine avec tout cela, bris, briques, bric et broc,

L’œuvre unique de notre vie avec Lui, sans équivoque : 

Et Il paraît toujours, inattendu mais nous attendant, dans la courbure du chemin, 

Alors qu’on le croyait sombre, de traverse, et sans le secours de Sa main. 

 

jeudi, septembre 27 2018

Aux arrêts de la grâce

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Je m’élançais vers mon rendez-vous parisien de 17h et, là, à la sortie de la gare, une drôle de petite bonne femme m’accoste : « S’il vous plaît, pourriez-vous m’accorder quelques instants ? Vous connaissez Jésus ? » 

 

Devant le caractère improbable et plutôt incongru de cette demande, j’arrête net mes grandes enjambées et lui fais un large sourire : « Oh oui, je Le connais mais surtout Il me connait…  à tel point que je Lui ai consacré ma vie ! » 

            Elle sourit et lève les yeux vers la croix qui est autour de mon cou : 

- Ah vous êtes religieuse ! 

- En quelque sorte ! 

- Et vous savez tout ce qu’Il a fait de grand ? 

- Oh, tout, je ne sais pas. Je ne crois pas non mais j’aime à le découvrir jour après jour. 

 

            Et la drôle de petite bonne femme de me raconter, après avoir évoqué le mystère de la croix, les grandes llignes de son histoire : une guérison, une conversion… Je ne sais pas si elle était catholique ou d’une autre confession chrétienne mais, à travers son récit un peu embrouillé dans certains détails se manifestait beaucoup d’amour et beaucoup de foi. Et elle de terminer : « et vous savez, je vous raconte cela car, moi qui étais timide, j’ai changé, je L’ai rencontré ! J’ai besoin désormais de raconter cela, de parler de Jésus et de tout ce qu’Il a fait pour moi aux gens ! » 

 

Et bim… Et moi, est-ce que je ressens si souvent ce besoin irrépressible de partager ce que le Seigneur a fait dans ma vie ? 

 

Post scriptum : Comme le disait la personne que je retrouvais ensuite et à qui je partageais cette rencontre improbable : « il n’y a qu’à toi que ça arrive des trucs comme ça ». Je n’en suis pas certaine pas mais je crois que Dieu avait envie de partager les merveilles qu’Il semait !

 

mercredi, septembre 26 2018

En lisant, en écoutant, en recevant Ta Parole et Ton pain

 

Première lecture du jour : « Ne me donne ni pauvreté ni richesse, accorde-moi seulement ma part de pain. » (Pr 30). Ni trop, ni trop peu, mais bien "ma" part, celle qui est prévue, ajustée pour moi. 

 

Vivant et travaillant dans le monde, je ne parviens pas à aller à la messe tout à fait tous les jours, même si je le souhaiterais et que cela m’est fortement recommandé : « Appelées à vivre l’intimité avec le Seigneur, l’identification et la conformation à Lui, elles reçoivent le Pain de vie de la table de la Parole de Dieu et du Corps du Christ, dans la participation, si possible quotidienne, à la célébration eucharistique. » (Ecclesiae Sponsae Imago

Ce jeûne involontaire de certains jours me montre la valeur de cette « part de pain », de cette part de pain vivant qu’est l’Eucharistie quand je peux y participer. Elle est force et nourriture sur la route ! 

 

Et, en même temps, j’ai bien conscience que cette part du pain dont il est question est aussi très concrètement celle de chaque jour, celui qui peut constituer notre repas et cela me rappelle la récente lettre du pape François au peuple de Dieu : « En même temps, la pénitence et la prière nous aideront à sensibiliser nos yeux et notre cœur à la souffrance de l’autre et à vaincre l’appétit de domination et de possession, très souvent à l’origine de ces maux. Que le jeûne et la prière ouvrent nos oreilles à la douleur silencieuse des enfants, des jeunes et des personnes handicapées. Que le jeûne nous donne faim et soif de justice et nous pousse à marcher dans la vérité en soutenant toutes les médiations judiciaires qui sont nécessaires. Un jeûne qui nous secoue et nous fasse nous engager dans la vérité et dans la charité envers tous les hommes de bonne volonté et envers la société en général, afin de lutter contre tout type d’abus sexuel, d’abus de pouvoir et de conscience. » 

 

J’y pensais en lisant la suite de ce chapitre des Proverbes : « Car, dans l’abondance, je pourrais te renier en disant : « Le Seigneur, qui est-ce ? ». N’est-ce pas ce qui nous arrive quand nous vivons une routine confortable de notre vie chrétienne, n’est-ce pas ce qui nous est arrivé quand nous sommes dans l’opulence, dans l’insouciance, oubliant le Seigneur à force d’oublier d’écouter le plus petit, le plus faible, le blessé ? 

 

Et si jeûner, et si se contenter, certains repas, d’un peu de pain, dans la discrétion, était aussi ouverture à une communion plus grande mais aussi d’un retour à l’Essentiel, pour mieux savoir reconnaître Celui qui nourrit toutes nos vies et Celui qui guérit toute vie ? 

 

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samedi, septembre 22 2018

Silence, je vous prie ?

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Georges Rouault


Et venir, encore et toujours, soir après soir, jour après jour, 

Prendre ce temps avec Toi, silencieusement, à écouter Ta Parole : 

J’ai plein de trucs à Te dire, sans doute à récriminer un peu aussi 

(Tu avoueras qu’il y a de quoi, non ?) 

 mais je ne sais même pas trop par quoi commencer, 

Alors, je me tais, devant ce coin prière où j’aime non pas passer du temps mais bien prendre du temps, surtout quand je ne l’ai pas et que j’y viens en fin de semaine, un peu harassée. 

 

Tu sais, le long de la semaine, j’aimerais vraiment bien être comme les deux belles icônes qui l’ornent : 

J’aimerais être comme st Jean-Baptiste pour Te désigner en toute chose et T’annoncer même quand le désert semble l’emporter comme aujourd’hui ; 

J’aimerais être comme st Pierre et st Paul, ces colonnes de l’Église, capables de porter Ta parole à chacun, solidement et amoureusement, même dans les communautés où règne le scandale ou, parfois, le paganisme indifférent à Dieu. 

 

J’aimerais tant savoir quoi dire en toutes les circonstances compliquées du jour : celles de l’Église et les galères plus personnelles que je vois autour de moi et j’ai l’impression de ne pas du tout y arriver ; 

J’aimerais tant, Tu sais, jeûner et prier, non pas un peu, mais à fond comme le pape François nous y invite, nous tous, peuple de Dieu, et je vois bien que mes actions sont minimes ;  

J’aimerais tant réussir à ne pas stresser intérieurement à chaque problème rencontré, et je sais bien que la confiance en Toi n’est pas encore une compétence suffisamment acquise, n’irriguant pas suffisamment les profondeurs de mon être ; 

J’aimerais tant savoir aimer même mes élèves les plus compliqués et, comme chaque année, je vois bien à quel point ce n’est jamais franchement gagné cette conjugaison sans faute du verbe « aimer »… 

La liste est longue mais Tu la connais par cœur et, sur le premier point, je crois que nous, catholiques, arrivons décidément à peu de choses, autrement qu’à en rester choqués, partant cois. 

 

J’aimerais… mais j’aime aussi simplement être là, avec Toi. 

Ce soir, j’ai écouté Ta Parole et laissé poser et reposer le silence,

Silence à peine troublé par les bruits de la vie alentour qui s’endormait, 

Ce silence par lequel Tu veux aussi toucher mon cœur, 

Ce silence qui sait régner entre ceux qui se connaissent suffisamment bien pour demeurer ensemble ainsi, en silence, 

Car l’amour s’y dit aussi, différemment mais très profondément, 

Et peut-être d’ailleurs que c’est cet apprentissage du silence d’écoute, fraternel et aimant, 

En nous taisant au lieu de parler à tort et à travers, à l’écoute du bruit d’un fin silence

Que Tu veux nous apprendre à vivre avec Toi,

Pour apprendre à le vivre avec tous. 

 

jeudi, septembre 20 2018

Mieux qu'un capitaine à bord, un évêque sur sa cathèdre !

 

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« Faire la fête en Eglise en ces circonstances ecclésiales difficiles ? Célébrer une ordination épiscopale ? » … Eh bien, oui, malgré tout, parce que l’Église demeure et qu’elle continue à nous donner le Christ et qu’il n’y a tout de même pas mieux possible que cela ! Ce fut dimanche à Nanterre et cela restera gravé en ma mémoire : non seulement parce que c’était la première que je voyais, avec ses rites magnifiques si signifiants, en chair et en os, et non pas d’un œil distrait sur mon ordinateur, mais aussi parce qu’il s’agissait d’un évêque que je recevais comme tel pour mon diocèse, comme diocésaine et, encore plus spécifiquement, comme vierge consacrée dépendant directement de lui. Accueil tout spécial de celui qui aura la charge de nous conduire, nous ses brebis, sur les verts pâturages du Seigneur, tel le Bon Pasteur : Dieu sait – c’est le cas de le dire – si la charge est lourde et peu aisée ! 

 

« Avoir un nouvel évêque, c’est avoir un nouveau patron seulement ? Pas super original, c’est juste une occasion de faire la fête ». Certes mais, pour nous les chrétiens (qui aimons, de fait, faire la fête), un évêque, ce n’est pas le patron, ce n’est pas le boss : c’est avant tout un Serviteur (« Serviteur des serviteurs de Dieu » se fait appeler le pape, autrement dit l’évêque de Rome), un serviteur du seul « Boss » qui, Lui-même s’est fait tout petit, homme, et obéissant jusqu’à la croix. Pas de quoi parader mais, peut-être de quoi frémir pour lui tant, par son ordination épiscopale, il est désormais configuré au Christ en plénitude et entre dans cette grande succession apostolique ininterrompue depuis les premiers siècles. J’ai aimé voir mon nouvel évêque ému durant cette célébration : je ne suis pas dans son cœur mais j’imagine qu’en recevant cette charge, on se sent tout petit, tout simple instrument, et qu’on perçoit combien Dieu est grand ! 

 

            Et, à l’instar de la messe chrismale, l’ordination et l’installation d’un nouvel évêque, c’est une fête de la grande famille que constitue un diocèse en toutes ses composantes : on en accueille un nouveau membre, dans une spécificité toute particulière, car sans cet être qui nous manquait jusque-là, nous serions foncièrement dé-peuplés, moins « peuple de Dieu en marche »

 

Ainsi donc, les évêques ont reçu, pour l’exercer avec l’aide des prêtres et des diacres, le ministère de la communauté. Ils président à la place de Dieu le troupeau, dont ils sont les pasteurs, par le magistère doctrinal, le sacerdoce du culte sacré, le ministère du gouvernement. De même que la charge confiée personnellement par le Seigneur à Pierre, le premier des Apôtres, et destinée à être transmise à ses successeurs, constitue une charge permanente, permanente est également la charge confiée aux Apôtres d’être les pasteurs de l’Église, charge à exercer sans interruption par l’ordre sacré des évêques (Lumen Gentium, §20)

 

Alors, c’est une joie immense et combien elle se ressentait sur les visages et se reflétait à la sortie de la cathédrale ! 

 

            D’ailleurs, ce n’est pas un « programme d’action » que nous a donné notre nouvel évêque à la fin de la célébration mais bien des intentions de prière comme un signe du seul grand axe profond de son épiscopat, celui de la prière, de la relation à Dieu, où et en Qui tout trouve source. Et peu importe les réflexions entendues ici ou là à la sortie, les paris sur l’avenir : « il va être comme ceci ou comme cela », qu’importe s’il nous mène mieux à Dieu ! Et il est là pour cela, a fortiori dans les circonstances actuelles tragiques où le bon cap semble parfois difficile à distinguer. 

 

              A nous d’être de bons « Simon de Cyrène » pour l’épauler comme nous pouvons et, avant tout, par notre humble mais fidèle prière. 

vendredi, septembre 14 2018

François, l’homme touché et touchant

 

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            Annoncé depuis des mois, voici enfin en salle depuis ce mercredi 12 le film de Wim Wenders consacré au pape François. S’il me semblait indispensable d’aller le voir, je craignais d’assister à une pieuse et pontifiante (c’est le cas de le dire) hagiographie, peu porteuse, qui eût été rater l’Essentiel et encenser un homme.  

 

            Alors, certes, certains moments m’ont agacée sur ce plan précis, notamment une comparaison malheureuse de François avec ses prédécesseurs lors d’un moment de narration de la voix off mais ils sont bien peu de choses par rapport à tout ce que j’ai aimé dans ce film, permettant une remarquable mise en perspective du pontificat du pape François sous l’angle assumé de son premier geste prophétique : le choix de son nom. 

 

            C’est vrai et je n’y pense pas assez personnellement : quels sont les choix que pose le pape François et qui peuvent être reliés au grand saint d’Assise ? Ils sont en réalité nombreux et permettent de comprendre mieux que jamais la cohérence de son pontificat (bon, certes, la grande cohérence restant le Seigneur !). 

 

           Alors, en regardant ce film, peut-on dire Le pape François, un homme de parole comme l’annonce son titre ? Je n’en suis pas certaine. J’aurais plutôt précisé, en admirant les beaux plans du film et surtout les gestes posés, décidés, assumés, accompagnés certes de paroles fortes : « François, un homme touché et touchant », dans tous les sens que l’on peut donner à ces deux termes. Un homme qui écoute – il y invite clairement dans le film – à fond, qui se laisse toucher par Dieu et par la misère du monde, jusqu’à celle de la terre et touchant, touchant parce qu’il est à la fois une personnalité et pas grand-chose et touchant parce qu’il a cette incroyable aptitude au contact, à toucher les malades et à toucher les cœurs, parfois même ceux des plus puissants. 

 

          Et je l’avoue, j’ai plusieurs fois été émue, en me disant : « ce qu’il a raison ! » ou devant les situations qui te tordent les entrailles si tu as une once d’humanité et de compassion. De plus, le bonhomme laisse comme toujours transparaître une belle simplicité ou plutôt une authenticité qui permet d’y croire, de le croire. Cet homme n’est pas parfait, on le sait tous, il est humain, comme nous, alors parfois on a envie de dire, quand la narration se fait trop élogieuse, « la ferme » car ce n’est pas rendre service au film qui montre si bien cette lourde charge de diriger la barque de Pierre au milieu du monde. Mais on perçoit bien combien ce pape cherche à nous tracer un chemin, à travers les cahots de la vie, vers plus de vie et vers la Vie justement : alors merci pape François et merci à Wim Wenders pour cette belle œuvre ! 

 

 

jeudi, septembre 13 2018

Dites 33

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            Avant-hier, comme certains l’ont vu ou su ici ou là, j’ai eu 33 ans. Cette date d’anniversaire, finalement peu importante, a tout de même quelque chose d’un sympathique rituel de rentrée, permettant de retrouver quelques amis proches pour l’occasion après la relative séparation estivale. Cette année, toutefois, j’ai 33 ans, l’âge qu’on associe généralement au Christ, point anecdotique que je trouve très chouette.   

 

            Vrai ou faux cet âge du Christ au moment de sa mort et de sa résurrection ? Peu m’importe. J’ai désormais le même âge que le Bien Aimé, que Celui avec lequel j’ai décidé d’unir ma vie d’une manière toute particulière. En même temps, vous me direz qu’Il est éternel ? Certes mais, tout de même, Il s’est incarné, ce qui est extrêmement loin d’être dénué d’importance pour un chrétien ! 

 

            Je me dis que c’est un appel tout particulier à laisser résonner Sa vie en moi cette année où nous avons en quelque sorte le même âge – du coup, j’ai décidé de développer ma lectio divina de cette année tout entière autour d’un évangile (St Luc en l’occurrence, année C arrivant oblige). Mais, en même temps, je ne peux pas m’empêcher de me dire : « wouah ! Jésus, à 33 ans, Il a sauvé le monde ! Trop la classe ! J’ai franchement le meilleur époux qui soit ! » et… moi ? Ben, hum, pas pareil, c’est franchement pas gagné. 

 

            Mais pourtant, moi, je n’ai pas à sauver le monde, à 33 ans ni plus tard. Oh, parfois, a fortiori quand on a un tempérament quelque peu fonceur comme le mien, on a envie de se laisser prendre au jeu du sauveur de nos frères mais, sincèrement… c’est déjà fait ! Et c’est cela qui importe ! 

 

            Dieu ne me demande pas de sauver le monde, Il me demande de lui être, parfois, cette « humanité de surcroît » pour Le porter à mes frères. En fait, à 33 ans, comme avant, comme après, comme jusqu’au dernier jour de ma vie, Il me demande, humblement, de Le suivre toujours plus intimement, pas à pas, comme je peux, même en trébuchant, même en me ramassant bien une bonne gamelle, mais toujours avec Lui. 

 

            Alors, à 33 ans, je ne ferai pas d’action grandiose, je me contenterai du pas à pas émerveillé à la suite du Christ, dans Son compagnonnage si amoureux et si joyeux qu’Il nous pousse à chercher à l’imiter. Cette marche, toute simple, c’est ma plus grande joie et, comme programme d’année… ce sera bien assez pour moi ! 

 

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