Zabou the terrible

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mardi, février 9 2010

En retraite



Silence !

Retraite

 

Avec Dieu,

Avec vous tous.


dimanche, février 7 2010

Chanson de geste

Je n’ai jamais été une grande « tactile »[1].

 

Quand certains aiment se promener sans cesse aux bras les uns des autres, se prendre dans les bras à tout va, pleurer dans le giron d’un tiers, peu expressive, je marque généralement une certaine distance. Pudeur du geste… peut-être trop grande ?



[1] Et le premier qui me répond « iphone » sort immédiatement.

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Mauvais esprit grand tout vert

Journée portes ouvertes dans mon université bien-aimée. Au prestige de son nom, les lycéens futurs étudiants affluent, se questionnant sur leur avenir : et si, par hasard, c’était ici ?

 

Et, bien qu’étant passée de l’autre côté, je ne puis m’empêcher de sourire en pensant particulièrement à Éliette lorsque je m’installe au stand de littérature.

 

Tuteurs, professeurs et administratifs : drôle de mélange…  mais ce qui importe seulement aujourd’hui, ce sont ces lycéens, venus découvrir et questionner.

 

Des timides aux assurés, de ceux qui savent à ceux qui n’ont aucune idée, des solitaires à ceux venus avec papa-maman, il s’agit d’être là pour chacun, d’écouter ce qui se dit, écouter au-delà de la question elle-même le plus souvent. Présenter la brochure. Dire notre expérience ! Répondre le plus adroitement possible (« ce n’est pas simple de choisir ! Vous êtes tous motivés par votre matière ! » « Ben, c’est que nous sommes passionnés. Un peu fous aussi, peut-être… »), expliquer 30 fois la différence entre LM et LMA, et sourire.

 

Puis donner, quand aucune triste oreille cherchant à faire du chiffre ne traîne alentour, mon conseil préféré : « Ne le répétez pas mais l’essentiel, c’est de faire ce qui vous plaît vraiment : ici ou ailleurs. »

Mais chut n'est-ce pas... 

 

jeudi, février 4 2010

Au milieu de la grisaille, comme une lumineuse douceur


           « La douceur laisse être ce devant quoi (ou celui devant qui) elle se trouve, et pour cela prend du temps. Ce temps, elle ne le prend pas à autrui, mais à soi et sur soi, et par là le donne à autrui. Pourrait-il y avoir une douceur de la parole qui ne fût précédée de la patience de l’écoute ? Et pourrait-on être doux si l’on n’était d’abord attentif ?


             La douceur d’un regard, par exemple, ne consiste pas à faire les « yeux doux » […], mais à faire de notre présence un lieu d’accueil et d’hospitalité – laisser, sans hâte ni prévention, quelqu’un se manifester. […] « Doucement » veut dire « lentement », attention et précaution. C’est la force de la douceur que d’avoir comme une amoureuse divination de la fragilité des gens, des choses et des questions. »


J.-L. Chrétien, « Douceur », Pour reprendre et perdre haleine – Dix brèves méditations.

mardi, février 2 2010

Lumière de nos vies

 

            Le 2 février, c’est la fête de la Présentation de Jésus au temple : grande, belle fête où l’on ne fait pas que manger des crêpes (malgré les apparences, je sais) mais où Syméon et Anne nous sont donnés comme modèles de l’attente pleine d’espoir du Christ, vraie lumière du monde. À notre tour, nous allumons des cierges qui sont bénis : invitation à l’espérance, invitation à la joie, invitation à être à notre tour lumières du monde. Car, comme le dit l’Évangile, l’on n’allume pas une lampe pour la mettre sous le boisseau ! Invitation à laisser transparaître  la lumière du Christ dans nos vies pour en rayonner plus loin, toujours plus loin. Je la trouve vraiment belle cette fête… et bien au-delà des crêpes.

 

            Le 2 février, c’est aussi la fête de la vie consacrée, notre fête à chacun puisque Dieu nous a tous choisis, individuellement, et consacrés lors de notre baptême. Mais aussi et surtout la fête de tous ceux qui ont consacré toute leur vie au Seigneur d’une manière toute particulière, le choisissant comme leur Tout.

 

            Souvent peu visibles, souvent peu audibles, fondus dans la masse, dans un recoin d’une paroisse ou cachés dans la profondeur d’un monastère, les oublier serait facile, trop facile... Mais mon billet de ce jour est aussi pour eux, pour rendre grâce de ce qu’ils sont, eux tous, multitude de visages connus et inconnus, multitude de priants, les pieds sur terre, le visage au ciel dans leur incroyable et admirable diversité. Et pour rendre grâce plus particulièrement pour tous ceux que je connais, de ce qu’ils ont éclairé pour moi, par leur vie, un aspect de la vie du Christ et, si souvent, un aspect de la mienne. Rayonnement d’un regard, fulgurance d’une parole, témoignage d’une vie…

 

Qui regarde vers Dieu resplendira

Sans ombre ni trouble au visage


lundi, février 1 2010

Les sacristains, les prêtres, tout ça et le reste

Au-delà d’un jeu de mots bien senti (n’est-ce pas David ?), l’on oppose souvent les curés rouges âgés d’un certain âge aux tout jeunes qui ont tendance à ressortir le noir. Entre les deux, il y a pourtant un espace, une place pour une liane marquant le balancier d’une réflexion sur quelque chose qui ressemblerait bien à un point d’attache commun (on ne dira pas lequel, c'est trop dur à deviner là, de suite). Et ça, j’aime bien et encore plus dans une année sacerdotale qui exacerbe parfois les tensions : sérieux, la souplesse, l'élasticité du balancement méditatif, c'est mieux !

 

Bien sûr, c’est sur sacristains.fr  que ça se passe et donc par ici !

 

Dialogue dominical


Une responsable d'un groupe de servants avant une messe : "Père, il y a quelque chose de particulier aujourd'hui ?" 

Un vicaire conceptuel : "Ben, il y a Christ qui est ressuscité..."


Ah ouais, ça fait déjà pas mal.

samedi, janvier 30 2010

Une page pas tout à fait comme les autres.

                   Le 20 octobre 1917 se termine le Journal de Léon Bloy et le dernier tome de celui-ci, intitulé La Porte des humbles. Sa femme Jeanne le clôt en narrant en une page la mort de cet écrivain si peu ordinaire. Page que je retranscris ici, en forme d’hommage à un écrivain qui m’est cher, en guise de remerciement pour ce journal dont la lecture de longue haleine – que je viens d’achever – est si fécondante pour la pensée, sous son apparente violence, ce qui est, je crois, le propre des Grands. Merci.

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vendredi, janvier 29 2010

Comment dire ?

 

Voilà quelques jours que j’ai installé un outil de statistiques sur ce blogue. J’ai longtemps résisté, pensant que cela pourrait me donner trop goût à un certain « succès », à me pousser à faire du chiffre, ce qui n’a jamais été le but de ce lieu. Ou, pire, à me regarder le nombril (wouah, comme il est joli, vous ne trouvez pas ? Photo dédicacée pour le 1000ème lecteur de ce billet !). D’ailleurs, j’aimerais citer le chouette édito de la semaine du JdS-web-TV par un non moins chouette dominicain qui fixe, ce me semble, une bonne ligne directrice à nos « blogues cathos » :

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mercredi, janvier 27 2010

Et c'est ainsi qu'il est grand...

 

Instants rares où tout se fait silence :

Prosternation, adoration,

Hommes et anges à genoux.

 

Tout respire l’humilité,

Tout semble vraie liberté,

Genoux pliés, tête inclinée.

 

Il n’y a rien ici sinon la nudité d’une croix.

Mais peut-être y a-t-il finalement tout,

Dans un silence d’en bas qui est concert d’en-haut,

Dans la discrétion d’un silence, si plein qu'il révèle la profondeur d’un amour.

 

lundi, janvier 25 2010

Au soir, flambée furtive dans nos coeurs


Reste avec nous Seigneur Jésus

Toi le pèlerin d’Emmaüs ;

Présence intime dans la nuit,

Ressuscité, Tu nous conduis.

 

Prenant le pain, Tu l’as rompu,

Alors nos yeux t’ont reconnu,

Flambée furtive dans nos cœurs,

D’un feu de joie, du vrai bonheur.

 

Le temps est court, nos jours s’en vont,

Mais Tu prépares la maison.

Tu donnes un sens à nos désirs,

À nos labeurs, un avenir.

 

Toi le premier des pèlerins,

L’étoile du dernier matin ;

Réveille en nous par ton Amour,

L’immense espoir de ton retour.

 

CFC (f. Pierre-Yves)

 

dimanche, janvier 24 2010

Fille d'Ève ?




samedi, janvier 23 2010

Décapant Décapage

                Connaissez-vous l’excellent blogue du non moins excellentissime Pierre Jourde ? Outre le fait qu’il soit un grand écrivain, un critique littéraire féroce (Ah La Littérature sans estomac !) et un universitaire aux centres d’intérêt plaisants – dont les travaux huysmansiens ont d’ailleurs grandement inspiré une partie de mon mémoire de l’an passé – ce monsieur [de la] littérature a la charmante idée d’être le tenancier d’un blogue intitulé « Confitures de culture ». Comme la confiture, l’on s’en délecte volontiers malgré des saveurs parfois originales qui peuvent surprendre nos papilles habituées au soporifique ronronnement des médias classiques : c’est avec grand plaisir que j’y fais régulièrement un tour.

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vendredi, janvier 22 2010

Pour eux.




Quelques jours avant, l’on se passait la nouvelle.

Mercredi soir ? Mercredi soir.

 

C’est que la terre avait tremblé avec fracas loin, bien loin, de chez nous. Mais pas si loin que cela, du côté humain : elle avait frappé comme un coup de tonnerre, à deux pas.

 

La catastrophe surgit brusquement, même estompée par l'absence de télé, et nous laisse désemparés.

Pris entre le désir d’aider, de partir au loin, et cette certitude indéfectible que notre place est ici, bien là, vraiment à deux pas… Que faire ? Choisir entre résignation et douloureuse impuissance ?

 

Il faut alors inventer… Et pourquoi pas ce chemin d’une humanité orante vers et pour l’humanité souffrante ?

Ad Te, Domine...

 

Pauvres en prière rejoignant par leur cœur les pauvres en… tout, exceptées leurs vies, miraculeusement sauvées mais si endommagées : meurtries en leur corps et plus souvent encore en leur cœur.

 

Mercredi soir.  

Aumônerie et paroisse, ensemble.

Dans l’union des cœurs aimants et aimés, rejoindre ceux de là-bas.

Ne pas comprendre, mais se tenir là, face à Celui qui peut tout.

Ne pas pouvoir faire grand-chose de nos dix doigts, mais simplement les joindre et aimer ;

Aimer avec impuissance, aimer avec force, et le leur dire.


mardi, janvier 19 2010

Invictus - My head is bloody, but unbow'd.




Il serait tellement facile de tomber dans des facilités niaiseuses sur un tel sujet…

« Le racisme, c’est mal » ; « on est tous frères et aimons-nous les uns les autres, put*** de b... de m… et bottage de fesses ! » Hum, rien

 

Et l’on craint au début : des images d’archives avec Nelson Mandela, des visages, des textes...

 

Puis l’on se laisse prendre, captivés par ce film sur lequel je ne dirais rien d’autre qu’il est beau, et surtout splendidement, merveilleusement, pleinement, humain.

 

« It matters not how strait the gate,
    How charged with punishments the scroll,
I am the master of my fate:
    I am the captain of my soul.

 

Aussi étroit soit le chemin,
Bien qu'on m'accuse et qu'on me blâme
Je suis le maître de mon destin,
Le capitaine de mon âme. »


À voir.


lundi, janvier 18 2010

Tu mets dans mon coeur plus de joie

Encore deux drôles de journées qui viennent de s’écouler.

Des journées où la satisfaction du faire a dû trouver accord avec la tonalité de l’être pour résonner avec justesse.

 

Journées de service, journées d’organisations, journées remplies jusqu’à plus soif. Mais aussi journées d’écoute, journées d’accueil…

 

Accueil de tout :

accueil de ces petits mots en particulier, apartés joyeux ou si tristes, touchants ou blessants ;

accueil bien sûr de ces petits qui sont les miens (et surtout les Siens) en s’efforçant de laisser surgir à chaque instant l’émerveillement là où l’habitude pourrait gagner ;

accueil, enfin, de ces insupportables conseils des bien-pensants répétés sur tous les tons, de ces « tu devrais », « tu pourrais faire », « à ta place… », de tous ces « moi je… », par ces gens qui, parfois, sembleraient ne savoir que parler sans agir.

 

Écouter, quand même. Accueillir, quand même. Sourire, quand même.

 

Parce que je crois et veux croire qu’au fond d’eux il y a cette part d’éclat qui tente de me dire quelque chose, malgré tout. Alors j’écoute, cœur ouvert ; et je consens à cette bienveillance un peu naïve ; et j’offre cette fatigue qui m’étreint le cœur à l’écoute de ceux qui parlent… beaucoup. Même si, au soir, malgré un ciné amical pour clôturer avec douceur la fin de semaine, je ne puis cacher ma fatigue.

 

Mais j’aime à croire que cette fatigue-là, celle du guerrier, n’est point usure mais polissage dans la main d’un plus Grand, aiguisage qui donne à la lame déjà utilisée tout son tranchant, pour mieux servir.

 

Et c’est alors paisiblement, moi aussi, que je puis me coucher et dormir « car Tu me donnes d’habiter, Seigneur, seul, dans la confiance ».

 

jeudi, janvier 14 2010

D'un regard placé sous Son regard.



Dans un coin reculé de la Sorbonne, un portrait.

Dans un local de la Sorbonne profonde, siège d’une certaine Société, un chapelet, sans doute le dernier à s’exposer ainsi  librement au regard de qui passe dans ce sanctuaire.

 

Et, en écho, un texte, un poème qui ne brille pas par ses qualités littéraires mais qui éclaire, un peu, ce qui fait de cet écrivain préféré un être si particulier.

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mardi, janvier 12 2010

Huhuhu

A ma chère collègue Maggy, bien sûr !

dimanche, janvier 10 2010

Splendeur et misère de la parole

Je demeure fascinée par l’étonnant espace ouvert par une parole, une simple parole.


Parole bredouillante, parole hésitante mais parole dite.

Parole d’un rien, parole d’un chemin, parole de toute une vie… 

Doucement tissés les uns aux autres, ces mots dansent, grandissent et mûrissent dans notre cœur et, un jour, partent à l’aventure devant eux, ne sachant ce qu’ils trouveront en chemin mais prononcés… enfin.

 

Et si ces mots viennent d’un cœur profond pour s’en aller vers la profondeur d’un autre, paroles vraies, données et reçues dans l’inattendu du jour, une lumière s’allume. Lumière qui ne saurait s’éteindre malgré les incertitudes encore latentes. Ces mots simplement prononcés deviennent alors autant d’Évangiles humains, où l’espace ouvert est celui d’une Rencontre qui ne nous appartient pas…

Belle, Grande et Bonne Nouvelle !

vendredi, janvier 8 2010

Allons enfants de la patrie...




            La patrie, c’est le lieu où se trouvent nos pères. Mais où sont-ils ? Au cimetière, dans une terre que leur présence rend comme sacrée, ou bien dans l’éternelle vie de la Jérusalem céleste ? Penser notre cheminement dans le temps comme peregrinatio, c’est le penser comme un voyage dont la destination ne sera jamais atteinte dans le temps lui-même, où jusqu’à notre dernier souffle nous serons en route, et dont le moteur est l’espérance – l’éternité se donnant aux être temporels que nous sommes comme à venir. Cela interdit de s’arrêter et de se fixer, comme si nous pouvions être arrivés au terme. Cheminer prend alors un sens radical. […]

 

            Nous passons sur le chemin, mais le chemin lui-même ne passe pas, car il fonde perpétuellement le sens de ce à quoi il conduit.

 

 

Jean-Louis Chrétien, Pour reprendre et perdre haleine, « Chemin ».


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