Zabou the terrible

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vendredi, novembre 21 2014

Notes d’au-delà des notes

 

Remettre les bulletins, c’est toujours un peu éprouvant : non seulement parce que cela se termine toujours tard, avec des discussions interminables mais surtout parce que ces discussions ne sont jamais tout à fait légères.

 

L’an dernier, la première fois, j’avais fait le trajet retour avec de grosses larmes qui me roulaient sur les joues : j’avais été émue, j’avais été touchée au plus profond, de toucher moi-même du doigt la vraie pauvreté, celle dont on entend si souvent parler et celle qu’on connaît si peu, si mal, si partiellement.

 

Depuis, j’ai appris, un peu… mais ces rencontres sont déstabilisantes car on ne sait jamais ce qui va se passer : mystère de toute rencontre allez-vous me dire, oui, mais il y a aussi la particularité de travailler en milieu populaire et galère quand on vient soi-même d’un autre milieu.

 

J’apprends à me laisser déstabiliser,

En fait, j’apprends à me laisser rencontrer :

Dans la joie ou la détresse… il y a de tout, rien de programmé.

 

L’autre soir, ils étaient là tous les trois,

Il y avait le fiston et les deux parents, ce qui n’est pas si fréquent,

Le p’tit gars sympa aux résultats faiblards : quelques efforts par ici, d’autres par là, mais c’est encore en deçà.

Des sourires de part et d’autre néanmoins et puis cette voix du papa qui s’éleva : « Il faut qu’il comprenne que c’est maintenant que ça se joue… Pas que son métier ! Il peut découvrir plein de choses ici et c’est cela le plus important ! Moi, je n’ai pas essayé à l’époque… comme je regrette ces portes fermées. »

 

C’était un peu défaitiste mais c’était dit avec tant de justesse et d’humanité que j’ai presque eu envie de les prendre dans mes bras tous les trois, prise de compassion,

Je me suis contentée d’acquiescer, de sourire doucement et de prier en les raccompagnant, puis encore le soir.  

Et dire que certains se demandent encore pourquoi on fait un tel métier… !

  

lundi, novembre 17 2014

Des soirs orants

 

Il faudrait savoir apprivoiser le silence,

Ne plus vouloir jamais l’emplir de bruit,

Du brouhaha incessant de nos vies,

De toutes ces choses qui occupent, qui préoccupent, qui « rassurent ».

Pas besoin de bruit mais de l’habiter pleinement,

Surtout à ces heures auxquelles on lui donne plein droit en nos existences,

Comme un espace réservé, peut-être préservé.

 

Il n’est pas un « avoir »,

On peut le détruire facilement, trop facilement ;

Il ne peut être que surface,

Il faudrait le laisser creuser en profondeur,

Se creuser,

Puis nous creuser, surtout.

 

Silence, affaire d’être,

Silence, qualité d’une attention,

Silence, qualité d’une relation.

 

dimanche, novembre 9 2014

Subversif ? Convers-if

 

En semaine, dès que je le peux, je vais à la messe : le matin tôt, en milieu de journée quand un grand trou me le permet, ou encore le soir, fatiguée, après une bonne journée de travail.

 

A chaque fois, je me dis que c’est le moment que je préfère :

Le matin, pour m’éveiller d’une manière particulière avec le Seigneur et offrir par avance la journée qui s’ouvre ;

En milieu de journée comme pour signifier la place centrale qu’a le Seigneur au cœur et au sommet de celle-ci ;

Le soir, comme une offrande finale de tout ce qui s’est vécu en Celui qui a tout porté.

A chaque fois, je préfère ce moment que je vis mais ce n’est jamais une contradiction avec les autres que le dire : c’est juste que ce sont chacun des moments qui me réjouissent, où l’Eucharistie m’émerveille… à chaque fois.

 

Mais aussi, à chaque fois, en semaine, j’ai l’impression d’y aller un peu en clandestinité… Oh pas pendant les vacances mais en période scolaire car c’est un temps aussi fugace que fugitif, que j’ai l’impression de dérober à l’implacable marche du quotidien.

 

Et puis, la messe, et encore plus la messe de semaine, ça sonne un peu à l’oreille comme une vaste subversion du système quand on passe ses journée dans l’enseignement public… D’autant plus que je pense qu’il n’existe pas grand chose de plus subversif qu’une messe : tout y est toujours retourné par rapport à nos habituelles valeurs humaines et avant tout nous-même : l’ordre qui s’y dit est celui du don, de l’amour fou renversant tout.

C’est bon de se le dire, de se le redire quand, parfois, nous laissons l’automatisme s’installer : la messe, c’est subversif. On pourrait dire subversion, on pourrait dire révolution également.

 

Mais tout cela n’est juste que s’il y a conversion avant tous ces mots : la messe, je la reçois avant tout comme l’instrument de ma propre conversion où unissant nos vies à l’offrande de la Sienne, nous Le recevons pour apprendre à nous tourner mieux vers Lui.

Et, c’est peut-être en cela que c’est le plus subversif la messe, par la conversion même infime qu’elle provoque : je crois que ça rejaillit sur tout le reste de la journée… à chaque fois.

 

 

Avec ces chaussures, tu augmentes le degré de potentielle convers-ion au premier pas que tu poses en direction de l'église… ou pas.

(Photo ? Les chaussures de l’aumônier et de la bergère à l’école de prière le jour du Pardon… cela ne s’invente pas !)

 

vendredi, novembre 7 2014

Donne-moi la présence à la Tienne

 

« Mon Dieu, daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi et en même temps cet amour craintif qu’on éprouve en présence de ce qu’on aime passionnément et qui fait qu’on se tient devant la personne aimée sans pouvoir détacher d’elle les yeux, avec un grand désir et une volonté de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour elle, et une grande crainte de faire, dire ou penser quelque chose qui lui déplaise ou lui fasse mal. »

 

Bx Charles de Foucauld, Notes de spiritualité (1888-1916)


mardi, novembre 4 2014

Table poétique de conjugaison

Sur mon bureau, un délicieux mélange de genres qui se mêlent et s'additionnent... 

Mais peut-être cela revient-il, finalement, à conjuguer de concert les verbes vivre et aimer ? 

... ut in omnibus glorificetur Deus ! :) ... 

Des vierges phosphorescentes et de l’oraison

 

Je discutais récemment avec un ami de ce qui est à mon sens un des objets les plus kitsch sur terre : les petites représentations phosphorescentes de la Vierge Marie qu’on peut acheter à Lourdes par exemple. J’en ai une de Fatima pour ma part – ne me demandez pas pourquoi elle est restée chez ma mère lors de mon emménagement !

 

 

 

J’y repensais en constatant combien les changements de rythme (type boulot <-> vacances… ou l’inverse) sont propices à laisser se réduire le temps l’oraison, ce temps silencieux de cœur à cœur avec le Seigneur que je considère être, non, plutôt, que je sais être, vital.

 

J’y pensais parce que ces bouts de plastique de pseudo-représentations, mine de rien, rapprochés d’une bonne grosse source lumineuse, ils rayonnent…

Tandis que, quand on omet de les présenter à la lumière, ils deviennent ternes et peu lumineux.

A l’inverse, l’objet phosphorescent bien chargé en lumière rayonne de telle façon qu’il devient moins moche, vraiment plus chouette : on remarque plus la lumière qu’il diffuse qu'autre chose.

 

Peu importe le contenant, c’est le contenu qui compte :

Alors, en prenant le temps de s’approcher du Seigneur, qu’est-ce que cela pourrait être, qu’on soit fait de bouts de plastique glauques ou raffinés !

Devenir non pas des lumières mais rayonner Sa lumière….

N’importe qui peut devenir rayonnant car, si tous les matériaux ne sont pas photosensibles, nous sommes tous Deo-sensibles : 

Il suffit de s’exposer à Lui ! 

 

dimanche, novembre 2 2014

Gaminerie de rentrée


Spotted : les sacristains de la cathédrale de Barcelone jouent au puissance 4 grandeur nature. 


Nan mais ils croyaient vraiment qu'on n'allait pas repérer leur petit manège ? ;) 


samedi, novembre 1 2014

En marchant du 1 au 2

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

Il est trop facile d'expliquer en caricaturant « fête des vivants puis fête des morts » ;

Qui sait ?

Je ne sais… mais j’ose les espérer tous vivants auprès de Dieu, ceux que j’ai aimés ou pas assez ;

Et j’ose croire au révolutionnaire appel au bonheur des béatitudes ;

Et j’ose croire à notre commun et fol appel à la sainteté…

En fait, cet appel, j’ai toujours eu le désir d’y répondre : il me fait rêver, il me fait prier pour qu’Il m’en donne Sa grâce et que je sache la et en vivre.

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

 

En quatre mots, je crois :

commémoration, 

prière, 

appel, 

universel. 

 

Avec eux tous qui nous ont précédés,

Contempler Sa mort pour entrer en Sa vie ;

Contempler Sa vie pour entrer en Sa mort ;

Sa mort qui, seule, ouvre à la Vie,

Pour vraiment vivre et Vivre vraiment.

 


(Tableau d'Arcabas)


Ô mon Dieu, comment saurais-je Te louer ?

 

Ce matin, prière de l’office avec un prêtre de ma paroisse. Vu l’hymne proposée – Qui donc est Dieu - s’ouvre une mini-querelle : « j’aime cette hymne ! » versus, de mon côté, je l’avoue « ah nan, pour moi, c’est le summum du pire de la détestation de tout le bréviaire ! » (Certes, j’ai l’hyperbole facile). D’un commun accord, nous avons choisi une autre hymne qui nous plaisait à tous les deux et avons pris le temps de nous dire après avoir prié pourquoi nous aimions ou détestions cette hymne. Cela s’est conclu par un « eh bien, tu n’as qu’à la réécrire avec tes mots et à ta façon ! ».

 

Dont acte… même si l’exercice en conservant les thèmes n’est pas si facile, et cela même sans chercher à respecter les contraintes rythmiques ! 

 

 

 

 

Ô mon Dieu, qui donc es-Tu pour pousser Ton abaissement jusqu’à T’offrir entre nos mains incertaines ?

Ô mon Dieu, qui donc es-Tu pour pleurer sur nos fautes avec cette infinie tendresse ?

 

R/ Comment saurais-je Te louer, Seigneur, quand Ton Amour excède mes mots ?

 

Ô mon Dieu, comment Te dire, Toi dont la mort nous ouvre la vie ?

Ô mon Dieu, comment Te dire, Toi qui nous accueilles toujours avec joie tel le père du fils prodigue et nous offres tout ?

 

Ô mon Dieu, par quels mots Te prier, Toi qui nous offres Ton Fils ?

Ô mon Dieu, par quels mots Te prier, Toi qui veux aussi nous donner comme mère celle que Tu choisis pour Ton fils ?

 

Ô mon Dieu, quelle folie d’être Pain de vie offert à chaque eucharistie !

Ô mon Dieu, quelle folie que d’appeler nos corps en Ta gloire !

 

Ô mon Dieu... même ce dernier mot ne suffit pas :

Comment Te dire ? Comment Te prier ? Comment Te louer ? Donne-moi de Te connaître chaque jour davantage…

Donne-moi d’être Ton enfant, Toi qui as voulu faire de moi un fils à Ton image.

 

vendredi, octobre 31 2014

A laisser traîner n'importe où

    Après la pub éhontée et évidemment véridique faite par l'ami David, je me devais de lire le fameux fourbi et orbi (oui, oui, je sais, ce n'est pas le vrai titre, l'auteur l'a perdu à une partie de chifoumi selon la légende urbaine) du gars Edmond. 

Mais ce titre il conviendrait bien car, plus que des antisèches qui viseraient à répondre à un quizz (sauf si vous souhaitez participer à celui de KTO... et je sais de quoi je parle pour les antisèches, je suis prof !), ce livre est un vaste fatras ou, au choix, une vraie caverne d'Ali baba relookée avec nos diverses bondieuseries souriantes accumulées au fil des siècles.

Si on n'apprend pas forcément tout quand on aime déjà depuis longtemps parcourir l'Église l'oreille aux aguets et le sourire en bandoulière, on en apprend tout de même de belles ! Et les anecdotes sont toujours tournées de manière à solidement faire fonctionner nos zygomatiques (en ce sens, je soupçonne un sponsoring par mangerbouger.truc, on ne pense jamais assez combien nos muscles travaillent quand nous rions). Du coup, tout cela fonctionne bien et vous essaierez même de convaincre vos amis anti McDo de revenir à l'occaz puisque l'un de leurs burger est catholique ! 

Bref, un livre pas forcément à lire d'une traite comme je l'ai fait mais plutôt un livre de choix pour musarder, pour flâner, pour vous amuser, ou encore à laisser traîner dans vos toilettes pour que vos visiteurs vous lancent sur les sujets catholiques les plus graves et les plus importants en sortant de là ! ;-) 

P.S. : L'illustration est prise sur le site de la procure... Où vous pouvez contempler l'ancien sous-titre de l'ouvrage ! ;-) 
P.S. 2 : on peut notamment commander le livre par ici.  

mercredi, octobre 29 2014

Back from the school

L'école de prière, c'est toujours un peu pareil, et toujours un peu différent.

Les thèmes reviennent, systématiques : confiance, Marie, pardon, eucharistie, croix, résurrection et mission. 

C'est un peu comme un chemin de notre vie chrétienne, c'est un peu comme une Semaine Sainte en miniature. 

Tu ne sais jamais ce qui portera du fruit, tu ne sais jamais ce qui n'en portera pas. 

Alors, comme "berger", tu suis toi aussi cet itinéraire, 

Et "l'école de prière jeunes" devient école de prière pour toi aussi, où tu apprends à te mettre à l'école de Sa Parole, où tu sens bien au fond de toi que les moments où tu cafouilles sont ceux qui ne furent suffisamment non pas préparés — parce que, dans le fond, tu te prépares à la semaine depuis un an, depuis la fin de l'EPJ précédente en fait — mais priés. 

Tu ne sais jamais ce qui atteindra le cœur des jeunes, comme tu ne sais jamais à l'avance ce qui atteindra celui de ta super équipe d'animateur, ni le tien. 

L'EPJ sonne donc simplement comme une puissante invitation à se mettre à l'écoute et à se convertir assez pour ne jamais faire écran à la grâce de Dieu dans les cœurs : 

Et durant toute une semaine, tu as prié, tu as regardé et tu as écouté ; 

Et, au retour, posant à nouveau dans la prière les sourires des enfants, leurs phrases, leurs beaux actes d'amour tu t'aperçois combien cela fut grand, 

Combien cela fut bon, 

Et ton cœur reste dans une paisible action de grâce. 

 

vendredi, octobre 17 2014

Le 10/10 divin

 

Lisant, relisant, méditant ce passage de Luc 17 où dix lépreux crient vers le Seigneur, je m’aperçois que, plus je marche sur mon chemin, plus je découvre le Pardon et pourtant plus j’ai de mal à en parler.

 

Pourtant… Pourtant comment ne pas admirer cette dive proportion qui est disproportion ? 10/10 de pardonnés, 10/10 totale réussite : mes élèves rêveraient de cela !

 

Il n’y a pourtant qu’un acte de confiance, un tout petit acte de confiance à faire, à oser, à exercer, à réviser sans cesse : crier vers Lui, s’ouvrir à Lui. Et cela suffit : 10/10. La classe totale, la classe divine je dirais.

 

Si l’on compare à la proportion humaine, cela devient disproportionné : 1/10 revient rendre grâce ; 9/10 poursuivent leur chemin, pourtant guéris. Cela pourrait sembler doigt accusateur mais n’y a-t-il pas du vrai dans cette proportion bien humaine ?

 

1/10 : le temps où je rends grâce par rapport au temps où je m’occupe de mon nombril et de mes plaintes ?

1/10 : ces moments où je m’ouvre vraiment à l’Amour du Seigneur plutôt que de me cantonner dans mon indifférence ?

1/10 : comme une myopie sévère où je ne sais voir l’Autre…

 

J’aime quand même bien cette idée que Dieu, malgré nos sales notes à nous, reste toujours très mauvais en maths et ne connaisse autre chose que la totalité, le « à fond », le don total… à donner envie d’être aussi nul(le) – à moins que ce ne soit excellent(e) ? – que Lui !

 

 

mardi, octobre 14 2014

Dans le brouhaha des réseaux sociaux synodaux

 

 

 

Parce que, quand tu lis ce qui suit, tu ne peux t’empêcher de sourire en pensant à tous les documents qui fleurissent ici ou là à propos du synode sur la famille.

 

« Ainsi tous pourront comprendre l’ordre et la voie que le Concile suivra, après avoir établi le fondement de la confession de la foi, ainsi que les témoignages et les appuis plus particuliers qu’il utilisera pour confirmer les dogmes et restaurer les mœurs. »

 

Concile de Trente, décret Sacrosancta

 

Certes, c’est un synode et non un concile qui est actuellement en cours au Vatican… mais si on changeait le mot « concile » par « synode », est-ce qu’on ne pourrait pas se calmer un peu ? Et continuer à écouter et à prier paisiblement ? Même le si vieux concile de Trente nous invitait déjà à la confiance ! :-)

 

dimanche, octobre 12 2014

Pour qu’Il nous taille un costard

 

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Revêts mon cœur du vêtement de mon baptême,

Revêts mon cœur pour qu’il n’oublie jamais d’en vivre.

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Pour qu’il soit toujours en joie avec, pour et en Toi,

Et pour que ma joie dise Ta joie au monde.

 

Revêts mon cœur du vêtement de noces, Seigneur,

Pour qu’il dise Ton amour au monde,

Qui s’écrit en universel et en particulier.

 

Revêts surtout mon cœur de Toi, Seigneur,

Non pour qu’il se prenne pour Toi,

Mais pour qu’Il se convertisse, dans l’humilité,

Et, que, tourné vers Toi,

Il apprenne à aimer ainsi que Toi.

 

 

  

mercredi, octobre 8 2014

Présent à ton p'tit coeur

 

Pour les besoins d’un cours d’Ancien Testament, j’ai ressorti ma bonne vieille TOB que j’avoue délaisser pour ma fidèle B.J. côté lectio, pour la traduction liturgique côté prière pour qu’à ma bouche soient les mots de la prière commune du peuple du Dieu.

 

Il s’agissait de travailler le célèbre passage du Dt 6, 4-13, c’est-à-dire le fameux shema : « Écoute Israël, notre Dieu est l’unique. Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force »… Passage si connu des Juifs, passage bien connu par ceux qui prient la liturgie des heures puisqu’il s’agit du texte des Complies du samedi soir. 

 

Changer de traduction, c’est toujours se laisser surprendre, surtout sur un texte connu. Et cela fait du bien. Et là a résonné tout particulièrement cette phrase : 

 

« Les paroles des commandements que je te donne aujourd’hui seront présentes à ton cœur »

 

« Présentes à ton cœur »… Belle et si juste idée !

Ce n’est pas les avoir juste au bord des lèvres ;

Ce n’est pas les garder enfouies quelque part dans un coin du cerveau, entre une dissertation universitaire et une toile d’araignée, non ;

Mais présentes au cœur parce que c’est là, et seulement là, qu’elles ont à ensemencer toutes nos actions.

Il y a du boulot, il y a de la conversion, surtout, mais ce n’est que si on les laisse entrer jusque là qu’elles pourront agir.

 

Apprendre à lire Ta parole toujours plus avec mon cœur ;

Apprendre à prier Ta parole toujours plus en T’ouvrant mon cœur ;

Apprendre à T’y laisser présent, pour que Tu agisses en moi,

Vivante et efficace Parole !

 

lundi, octobre 6 2014

Minibug d’esprit catholique en territoire public

 

- Madame, vous pouvez retirer la croix ? » me demanda soudain cette petite 6ème à la fin d’un cours.

 

Bug soudain en mon esprit… Zut ! Que s’est-il passé ? J’ai mis une croix quelque part ? Une bêtise façon atteinte à la laïcité m’aurait-elle échappée ?

 

Je palpe ce qui pend autour de mon cou sous ma chemise… Non, je ne me suis pas trompée en m'habillant ce matin, c’est bien celle-ci,  

 

Cette croix que je porte quand j’enseigne et sous mes vêtements… Elle n’a tout de même pas pu deviner que cette colombe cachait une croix !

 

- Écoute, je ne comprends pas bien : que veux-tu ?

- Mais si, vous savez ! La croix que vous avez mise sur mon carnet de correspondance parce que je n’avais pas fait signer mon contrôle !

- Aaaaaaah, celle-ci ? Ah non, désolée ! »

Hum, hum, hum… ;-) 

 

 

samedi, octobre 4 2014

Comme une fête de feu, comme un feu de fête

 

Certains soirs, certaines dates, certains jours sonnent curieusement dans notre cœur ;

Ou plutôt, non, ils résonnent comme une analepse[1] pas du tout insidieuse :

Ils n’ont pas non plus la saveur d’une madeleine de Proust car ils sont bien plus forts que tout cela ;

Ils conservent au fil des ans le caractère indélébile d’une brûlure.

 

C’était un jour de pluie cette année-là ;

Il y avait eu une confession et une absolution,

Il y avait eu une parole posée,  

Il y avait eu des larmes,

Il y avait eu une joie sans pareille.

 

Quand des paroles font entendre la Parole ;

Puis quand la Parole prend feu ;

Tu te trouves soudain un peu comme Moïse face au buisson ardent : imbécile ne sachant que faire, surpris et tellement pas à la hauteur que tu as envie d’enlever tes sandales avant même qu’on ne te le demande ;

Tu te trouves soudain follement aimé : et les mots que tu avais entendus pourtant depuis des années, que tu connais par cœur, ne sont plus les mêmes ;

Tu es aimé et c’est Sa voix que Tu entends dans s/c/Ses mots ;

Ce ne sont plus des paroles vagues et impersonnelles :

Tu sais que ta vie de foi est devenue infiniment personnelle et, surtout, infiniment relation.

Il y a des jours où, plus que d’autres où Il t’échappe (en apparence !), eh bien, même si cela fait pompeux de dire cela, tu sais que Tu as rencontré Dieu.

 

Ce jour sonne un peu différemment pour moi cette année maintenant que celui qui m’avait alors donné le pardon du Seigneur est reparti vers Lui, justement ;   

Mais ce qu’il m’avait transmis ce jours-là, c’étaient en quelque sorte les lettres de Son Nom, lettre(s) d’Amour entre toutes, qui sont restées gravées sur mon cœur et dans ma mémoire depuis ;  

Mais la route continue, et tout spécialement demain,

Car « un jour de plus se lève, Jésus en moi veut le vivre ». (Madeleine Delbrêl)

 

 



[1] Un flash-back si vous préférez mais le terme est moins élégant. 

Bande de violettes et de pâquerettes !

 

« [Jésus] a voulu créer les grands saints qui peuvent être comparés aux lys et aux roses ; mais il en a créé aussi de plus petits et ceux-ci doivent se contenter d’être des pâquerettes ou des violettes destinées à réjouir les regards du bon Dieu lorsqu’Il les abaisse à ses pieds. La perfection consiste à faire Sa volonté, à être ce qu’Il veut que nous soyons…

 

J’ai compris encore que l’amour de Notre Seigneur se révèle aussi bien dans l’âme la plus simple qui ne résiste en rien à Sa grâce que dans l’âme la plus sublime. »

 

Ste Thérèse de l’Enfant Jésus

 

 

mardi, septembre 30 2014

Temps court, temps favorable

 

Un mois de plongée dans un projet pédagogique expérimental ;

Un mois peut-être plus que d’habitude au service des élèves ;

Un mois de tâtonnements, de recherches, un peu de galère quand même ;

Un mois de fatigue, il est vrai, malgré les belles joies qu’il a pu offrir ;

Un mois et encore deux semaines d’un rythme soutenu (non pas jusqu’aux vacances mais jusqu’à la fin d’une de nos nouvelles « périodes ») ;

Un mois et une très proche inspection en prévision ;

Un mois à courir, sans peu de temps pour regarder le chemin doucement et y souffler le long…

 

Mais Toi, Tu me redis toujours que c’est maintenant le « moment favorable »,

Que c’est hic et nunc que Tu me veux, que Tu viens me rencontrer,

Et cela change tout.

 

mercredi, septembre 24 2014

Les aimer ? En vérité : une réalité ?

– Madame, est-ce que vous aimez la classe dont vous êtes professeur principal ? 

– Madame, est-ce que vous nous aimez ?" 

Les 6èmes, ces champions haut comme trois pommes du plan affectif à tout va... 

Ce n'est pas si facile en réalité. 

Certains répondent qu'ils ne sont pas là pour les aimer - c'est vrai, d'ailleurs - d'autres répondent "Ben oui" risquant par là même ce que j'appellerais le "chantage affectif à la choupitude" quand il faut les punir. Plus tard, il y aura forcément des "madame, vous n'm'aimez pas !!!" lors d'heures de retenue : comme si, aimer, c'était cela, c'était être injuste et tout passer ! 

Bien sûr, je leur ai répondu "oui, j'aime toutes mes classes" devant leurs yeux épatés. Parce que, même si je ne suis pas là avant tout pour cela, c'est vrai que je les aime mais cela me renvoie toujours à cette question : que veut dire aimer ? 

Je ne pense pas qu'ils en aient vraiment conscience : sans doute que moi non plus, d'ailleurs. Et en plus, il serait plus juste d'ajouter que je ne sais pas les aimer : je m'efforce de les aimer, j'ai le désir de les aimer. 

Et cela n'enlève pas l'envie qui te prend parfois de leur coller une baffe bien appliquée, 

Et que cela n'enlève pas cette affinité qui te pousse vers l'un et moins facilement vers l'autre ; 

Et que cela n'enlève pas que le 4ème ado "de base" apparaîtra toujours plus comme un relou face au gnome naïf de 6eme ; 

Et que parfois, tu seras tellement énervée d'un comportement, qui viendra en plus s'ajouter à une journée exténuante que tu auras du mal à te dire "mais lui, il est aussi aimé de Dieu !" et encore plus à le vivre ; 

Et qu'aimer pour un être humain, cela ne veut pas forcément dire "réussir à aimer". 

Aimer, ce n'est pas enlever le poids de ton humanité et de ses inhérentes opacités ; 

Aimer, c'est Lui demander de le faire pour nous quand on en devient incapable, et, surtout, de le faire par nous, à travers nous ; 

Peut-être qu'alors, et seulement une fois l'année passée, on pourra vraiment leur dire avec un certaine réalisme et une relative justesse : "oui je vous aime" en ajoutant en esprit "mais je galérais tellement que j'ai pris le joker Dieu vous aime." 

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