Zabou the terrible

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

lundi, mai 18 2020

Poème pré-papal Désert de Judée

Aujourd'hui, Jean-Paul II aurait eu 100 ans. Je vous propose ici en guise d'anniversaire l'un de ses poèmes avant qu'il ne soit pape écrit sur les lieux saints, ici celui intitulé "Le désert de Judée" pour la méditation qu'il propose sur la terre et sur Dieu, que vous pouvez retrouver dans l'édition Poèmes - théâtre - Ecrits sur le théâtre, éd. Cana - Cerf.  

 Le désert de Judée 

Difficile de dire à cette terre : "Tu es belle !",
 les pierres fauves rouillent les coteaux
qui épousent la pente des nuages.
Les autos fendent l'air et la pluie. Pas question
de chercher trace de verdure.
Les hommes sont partis au loin. On ne peut vivre ici.
Ce lieu, la route n'y mène pas. Elle le fuit.
Ici Tu es venu, pourtant,
Non pas pour dire à cette terre : "Tu es belle !"
Le lieu était indifférent. Tu cherches partout les hommes.

Pour les chercher partout, 
il Te fallait t'arrêter en un lieu.
Tu as choisi celui-ci.
Toute la terre vient à cette Terre unique, et par elle
devient terre, de même que toute chose
ne devient ce qu'elle est que par
CELUI QUI EST.

Il n'y eut pas de rencontre entre Celui qui Est et la terre. 
Tout ce qui advint,
nous l'appelons création,
possession en propre, comme on possède une chose,
maintien dans l'existence.
Se rencontrer, cela veut dire
non seulement toucher (car rien ne Te touche)
non seulement être face à face
(y a-t-il rien qui puisse être face à Celui qui est ?)
cela veut dire aussi dépendre
(à quel point ! du début de l'existence au néant,
de l'existence à l'anéantissement)

Ainsi étais-tu dépendante, Terre, 


toi, une entre des terres nombreuses
- ensemble avec toute la terre
avec tout ce qui est -
Ainsi étais-tu dépendante et toujours tu l'es
Terre de rencontre ! Terre unique ! Terre, par qui
toute la terre est devenue terre,
comme toute chose est devenue ce qu'elle est
par Celui qui Est
mais je ne peux te dire : "Tu es belle".

La rencontre peut signifie le début de la séparation. 
Terre, grâce à Toi, nous ne sommes jamais séparés de Celui qui Est, jamais nous ne nous séparerons de Lui, - même si Tu cessais d'être Terre, même si tu Te désagrégeais en résidus de Toi.
Il n'y a pas de séparation après la naissance - "se séparer" - qui peut mettre un terme à tout "se rencontrer" - ne peut mettre un terme à la naissance. La naissance ne connaît pas de terme, elle ne connaît pas la séparation.
Terre, Terre non née ! Terre, où Celui qui Est nous est devenu Père. Tu t'es épuisée à notre naissance. Il n'est resté en toi nulle trace de fraîcheur ni de beauté.
- Mais même jeune, tu n'étais pas attrayante - tu n'avais que de plaisants recoins.

Karol Wojtyla

samedi, mai 16 2020

Fils tendus

http://lartdesscoubidous.com/wp-content/uploads/2014/12/Scoobi2X%20001.JPG 

 

            Je n’avais pas tout à fait prévu cela mais il apparaît que ce temps quelque peu transitoire (encore très confiné pour moi qui ne suis absolument pas certaine de reprendre en présentiel les cours dans un lycée sis en zone rouge) s’écrit beaucoup en temps passé au téléphone. 

 

            Moins de nouvelles directes des réseaux d’amis que lors des premiers temps de confinement – c’est heureux, il y a moins de problèmes de santé – mais de nombreux élèves à appeler : pour prendre des nouvelles récentes pour certains mais surtout, pour d’autres, afin de parler de l’orientation à venir. Exercice délicat du professeur principal déjà dans les rencontres en face à face, que cela soit à la sortie d’un cours ou en rendez-vous plus prolongés avec la famille qui devient épineux par téléphone. Pour certains, évidemment, ça va et il n’y a pas à faire cela ; pour d’autres, il est difficile d’appeler au réalisme alors même que la situation est inattendue. Et les appels s’allongent et s’étirent en durée… parfois avec des résultats, parfois sans avancée probante. 

 

            Mais dans tous les cas, je demeure marquée de ce nouveau rapport qui se crée. Il est sûr que les relations sont un peu différentes du fait de la situation et qu’elles seront à réajuster si le retour en présentiel se fait pour retrouver un juste rapport professeur – élève. Cependant, parlons uniquement de ces moments au téléphone : je suis frappée par la densité de ce qui s’y dit. J’ai des confidences, des bribes d’histoire, des envies, des drames, des réalités qui ne seraient peut-être jamais dites autrement. Je ne dis pas que c’est mieux : certaines choses ne sont pas de mon ressort dans ce qui sort mais comme si la situation, le fait de ne pas se voir en vrai, d’être un peu masqué ( !!!) faisait dire les choses plus en vérité. C’est parfois délicat d’accueillir ces confidences car ce n’est pas un accueil ou un accompagnement spirituel… – même si je les confie après au Boss dans le secret de ma prière ! – mais il se joue là des beaux liens d’humanité. Aussi ces moments au téléphone n’ont-ils jamais autant mérité le nom de « coups de fil » qui se tissent, se retendent, s’approfondissent. 

 

            Je fais le même constat avec quelques anciens forcément plus isolés que j’appelle régulièrement, à défaut de pouvoir les serrer dans mes bras d’amitié pour leur dire d’être forts. Parmi eux, je pense à un prêtre âgé de mes amis chers qui s’embête férocement : non que nous nous partagions des banalités ordinairement mais là les échanges s’écrivent en bribes de vie spirituelle confinée et, si la situation n’est pas drôle, il n’en demeure pas moins que c’est très beau. 

 

            Dans les deux cas, j’en sors souvent assez émue comme à chaque fois que notre humanité sonne juste et parle, parfois directement, parfois comme en creux, de Dieu et de son histoire d’amour avec l’humanité. Des coups de fils devenus simplement comme les fils tendus au travers de notre humanité, comme doublant les liens subsistant très réellement quoiqu’invisiblement au cœur de notre humanité. 

 

samedi, mai 9 2020

Un avenir en points d’interrogation

https://st.depositphotos.com/1021974/1535/i/950/depositphotos_15359291-stock-photo-surprise-present.jpg

 

            Tellement d’écrits en tous sens ces dernières semaines ici ou là, des choses intelligentes, d’autres moins, des réactions qui montaient crescendo de partout face à des missives avec lesquelles on consonnait tandis que d’autres hérissaient le poil. 

 

            Et à côté de cela, les nouvelles tourbillonnantes du monde, souvent sombres : celles de la santé de tel ou tel dans un premier temps et, dès maintenant, les horreurs de la crise économique qui commence à poindre et qui balaie les plus pauvres d’un violent revers. 

Et à côté de cela, des réunions en visioconférence qui commençaient à suggérer de plus en plus certainement l’incertitude, partant l’humilité foncière à partir de laquelle uniquement l'on pouvait commencer à bâtir. 

 

            De fait, mon agenda tout entier s’écrit désormais entièrement en points d’interrogation. Ce que je ferai dans deux mois ? Eh bien, pour une rare fois, je n’en sais rien. Chaque matin, mon agenda téléphonique affiche ce que j’aurais dû faire alors que finalement, il n’en sera rien. Les journées sont chargées pourtant, mais elles sont décalées par rapport à ce qui aurait dû être et rien ne s’y déroule comme prévu. Et l’après ? Personnellement, je ne sais pas de quoi l’« après » sera fait, s’il sera changé ou pas, et d’ailleurs je crois qu’il est trop tôt pour qu’on puisse déjà réellement parler « d’après ». 

 

            Pourtant, ce temps différent n’est pas sans enseignement : il nous invite à accueillir chaque jour pleinement comme présent, dans les deux sens du terme ; à nous enraciner chaque matin dans la certitude profonde que ce jour est don de Dieu et que nous avons à Lui y dire oui. 

 

            Je me rappelle de cet excellent bouquin que feu mon premier père spi m’avait fait découvrir, La Grâce de l’instant présent, qui s’appuyait sur ces trois termes : accueillir – consentir – offrir. Accueillir, consentir, offrir : comme trois notes fondamentales de ces temps troublés. 

            Accueillir le jour donné et les incertitudes sur celui-ci d’un « oui » sans réserve.

            Consentir au programme et à ses dérangements imprévus. 

            Offrir au soir tout don reçu vers Celui qui est avec nous. 

 

            S’inscrire dans le présent ouvre à la gratitude, à la louange et à la paix du coeur malgré la tempête actuelle du monde. 

 

Cela va d’ailleurs tout à fait avec le point d’interrogation – qui est comme le signe de ce temps – et l’esquisse de spiritualité que j’aime imaginer en regardant celui-ci : un point qui reste ancré sur terre, une boucle qui veut tendre vers le Ciel en embrassant de son épaisseur tout ce qui est vivant. 

 

dimanche, avril 12 2020

Belle fête de Pâques 2020 !

https://tse2.mm.bing.net/th?id=OIP.zjxdD1DnrKhM0gsEHoMxPwHaKJ&pid=Api

Joyeuse fête de Pâques à chacun ! 
Christ est ressuscité ! 


Que la lumière de cette fête vienne vous éclairer, même à l'intérieur de ce confinement qui, pour certains, est, je le sais, sombre de nuit ; 

Qu'elle irradie à travers toutes ces étincelles du quotidien, même quelque peu cachées, qu'elle vous aide à les repérer ; 

qu'elle resplendisse pour chacun parmi vous, pour ceux qui croient au ciel comme pour ceux qui n'y croient pas ! 

vendredi, avril 10 2020

La croix, une histoire de chair

https://ecriture-icones.fr/wp-content/uploads/2014/07/Christ-Taize-27.jpg

 

Corps du Christ qui touche le corps des disciples en leurs pieds, 

Contact entre la chair de Celui qui sauve mais s’abaisse tel un esclave et celle de pauvres pécheurs, entraînés à « faire de même » : mais oseront-ils, oserons-nous, aller jusque-là, jusqu’au bout comme Il l’a fait ? 

 

Chair tirée, emmenée de force, du Christ lors de Son arrestation malgré sa douceur, 

Chair emprisonnée, 

Chair moquée, 

Chair frappée, 

Chair flagellée, 

Chair humiliée, 

Chair trop faible pour porter le fardeau, 

Chair assoiffée, 

Chair crucifiée, 

Chair sanglante, 

Chair asphyxiée,

Chair morte, 

Chair au tombeau 

 

Tellement de liens avec aujourd’hui…

Et un appel à contempler le corps du Christ en croix pour notre monde et notre temps : 

Il est là dans toutes les nuits de l’homme ; 

Il vient là dans nos souffrances ;

Il vient là, jusque dans la béance absurde de la mort. 

 

jeudi, avril 9 2020

De la foule à la relation personnelle

https://static.blog4ever.com/2008/05/212502/artfichier_212502_706082_201204010335719.gif

            Depuis la célébration des Rameaux, nous sommes donc entrés dans cette grande semaine entre toutes. Lors de la messe de dimanche, nous avons comme un condensé de ce que nous vivons pas à pas à la suite du Christ le reste de la semaine. 

 

            Ce qui m’a frappée, c’est le rôle de la foule à côté de celui des personnes individuelles. On connaît la versatilité si féroce de la première, passant en un rien de temps de l’Hosanna triomphal au si cruel « crucifie-le ! » mais, aux moment-clés, celle-ci disparaît et l’Evangile nous narre autant de réactions différentes de personnages singuliers. Une foule hurle, un personnage parle, murmure, trahit, questionne, se tait, s’endort. 

 

            Autant d’histoires personnelles avec le Seigneur qui se trouvent impactées par ce qu’Il vit et il est simple de nous retrouver parfois dans un tel, parfois dans tel autre. Mais il y en a qui sont là jusqu’au bout : ceux qui restent auprès de Lui sont ceux qui ont noué une relation personnelle avec Lui, profondément aimante, qui n’a même plus forcément besoin de mots. Il ne s’agit pas seulement d’être prêt à tout pour Lui car, même là, on pourrait le trahir d’une annonce sans suite, d’un retournement de notre part ou d’un sommeil profond. « Serait-ce moi ? ». Cette question est terrible, elle nous concerne tous, avec notre poids de péché… mais nous savons avant tout, qu’avec Lui, à Son école, comme st Jean et les saintes femmes, il s’agit, sans doute plus que d’annonces et de grands mots, d’être là, de se taire et d’aimer. 

 

            Cette intimité aimante a sans doute à se faire plus grande encore en ce temps de confinement – où la foule disparaît pour faire place à notre cercle familial proche ou à la solitude : pas de rassemblement pour nous porter, nous emporter ou au contraire nous détourner ! – de la part de ceux qui le peuvent pour ceux qui ne le peuvent pas et pour présenter devant Lui, avec Amour, les plaies de nos frères qui sont aussi les Siens, les hommes. 

samedi, avril 4 2020

Semaine Sainte de denuément

https://scontent-cdg2-1.xx.fbcdn.net/v/t1.0-0/p320x320/92157607_1725387430937719_2656536662414196736_o.jpg?_nc_cat=111&_nc_sid=8024bb&_nc_ohc=WhTdi16Ogf4AX9NtFCU&_nc_ht=scontent-cdg2-1.xx&_nc_tp=6&oh=6fd536be3f66ef03b895c5d6f6403f7f&oe=5EADACE8

Si les circonstances mondiales font que tout est différent, il faut bien dire que liturgiquement, tout semble également l’être et qu’il est bien étrange d’entrer ainsi dans la Semaine Sainte. 

 

            Ayant grandi en servant la messe durant de nombreuses années, j’ai acquis une sensibilité forte à la liturgie de cette Semaine que j’aime entre toutes : les jours et les célébrations qui se succèdent ont eu pour moi une réelle valeur pédagogique ajoutée au spirituel. Et que dire de cette nuit d’ivresse liturgique qu’est la Vigile Pascale, où chaque temps se laisse savourer pour entrer par tous nos sens dans la joie de la Résurrection ? 

 

Et là, cette année, ce sera une Semaine Sainte dépouillée de tous nos oripeaux, même chargés de sens et de foi ; 

Ce sera une Semaine Sainte où le faste n’aura pas d’éclat extérieur mais devra revêtir le plus profond de nos cœurs ; 

Ce sera une Semaine Sainte pauvre en apparence, dont les célébrations se réduiront à l’essentiel, simplement ; 

Essentiel auquel nous aurons à nous attacher de manière plus rugueuse mais pourtant bien vraie.

Comme un appel à entrer dans l’Essentiel d’un Mystère qui se vit, 

Comme un appel à entrer dans le Mystère d’un Dieu qui se donne pour nous donner la Vie. 

 

Belle entrée dans la Semaine Sainte à chacun, vers Pâques ! 

Du Carême imaginaire au carême réel, vers la Semaine Sainte

http://www.savigny-viry-catholique.fr/wp-content/uploads/2017/03/careme27.gif

 

            Je vois encore tous ces chrétiens, le mercredi des Cendres, sur les starting-blocks, prêts à prendre le départ du Carême. Certains avec des grands objectifs, d’autres avec des plus modestes mais tous disposés à saisir ce temps opportun pour se rapprocher, un peu mieux, du Seigneur, même au sein des cahots de la vie. 

 

Comme chaque année, le temps vient éprouver les décisions du premier jour mais, ce qui compte, c’est de vivre tout de même cette fidélité, non pas tant dans une rigidité à faire mal, mais bien dans celle de ce mouvement de conversion qui nous pousse à avancer, chaque jour un peu mieux. 

 

            Et puis est venu ce drame de notre humanité : une pandémie mondiale. De l’incertitude, de l’angoisse suivies d’un confinement, et tout s’est trouvé brouillé soudain : plus les mêmes repères du quotidien. Comment poursuivre le Carême dans ces conditions ? 

 

            Il y a ce malade, professionnel habituellement suractif, qui s’est retrouvé à vivre un Carême qu’il n’avait pas choisi, souffrant, alité : ne pouvant plus être actif, même guéri, simplement malade confiné, devant consentir à cette forme de passivité. 

            Il y a cette famille vivant dans un espace trop resserré, devant se découvrir autrement, inventer une manière d’être ensemble tout en cherchant un semblant d’intimité, en apprenant à se dire encore plus « pardon ». 

            Il y a cette famille débordée par le télétravail, l’école des enfants… plus un moment à soi. La prière devient comme un instant dérobé aux flots tempétueux du quotidien. 

            Il y a ces familles éprouvées par l’hospitalisation ou le décès d’un proche, qui souffrent de ne pouvoir l’accompagner, qui vivent l’angoisse et la souffrance, sans avoir le réconfort de la partager autrement que par des écrans, et encore.

            Il y a ces personnes âgées isolées qui crèvent de leur solitude, sans personne pour les serrer dans leurs bras, pour leur dire combien ils sont précieux et aimés, malgré leur grand âge. 

            Il y a chacun de nous, vivant tant bien que mal ce temps, même dans une recherche de garder le rythme le plus ordinaire qui soit… mais cela ne saurait faire illusion. Tout a changé. 

 

Tous, nous avons vécu un carême différent et il est sans doute temps de mesurer l’écart entre notre carême décidé et résolu, devenu imaginaire, et notre carême accueilli et consenti devenu le réel, celui  du quotidien. 

Il n’est pas certain que cela soit au détriment de notre relation à Dieu, bien au contraire : sans doute celle-ci s’ajuste-t-elle différemment, au gré de jours que nous n’avons pas choisi de vivre. 

 

Mais tous, nous allons désormais entrer dans la belle et grande Semaine Sainte avec tout cela : pour exposer toute notre vie, ce qui la constitue de grand et de misères à l’amour sans limite de notre Seigneur. 

 

lundi, mars 30 2020

Invitation à Le chercher

 

Autour de lui, des accusations fusaient de toutes part, 

On peut imaginer les cris de ceux qui vitupéraient : « coupable ! » « Terrible personne ! » 

Prompts à accuser, moins rapides à se regarder en vérité.  

« Mais Jésus s’était baissé et, du doigt, il écrivait sur la terre. » 

 

J’imagine Jésus ainsi dans les accusations stériles qui fleurissent en ce temps de crise,

Jésus écrivant sur la terre, le Verbe de Dieu parcourant la terre : 

Invitation à Le chercher dans les jours qui sont les nôtres, 

Dans ces signes ténus, cachés dans l’épaisseur des jours, qui disent Sa présence. 

 

Sur l’évangile du lundi V-A de Carême (la femme adultère)

 

dimanche, mars 29 2020

Incarnation

http://www.robert-moser-atelier.at/sources/aktuelles/ausstellungen_aktuelle/2010_09_03_et_homo_factus_est/et_homo_factus_est_2010_09_03-Dateien/slide0180_image009.jpg

Robert Moser, Et Homo factus est

 

 

Ce temps vient décidément travailler notre incarnation, en profondeur : 

Dans sa vulnérabilité, 

Dans l’interdépendance de celle-ci avec celle des autres, 

Dans ses besoins, 

Dans ses failles et ses forces. 

 

Même sans être malade, nous ressentons en confinement, comme plus profondément, nos peurs viscérales qui viennent parfois saisir le spirituel de la nuit de notre monde, 

A tester les vidéos pour nous faire bouger comme on peut dans nos appartements, nous éprouvons notre simple désir de bouger au grand air ; 

A chercher sempiternellement quel jour nous sommes, nous vivons un temps qui s’écoule autrement, où les heures s’écrivent aussi différemment ; 

A multiplier les webapero et autres temps conviviaux, à avoir des cours en visioconférence, à partager spirituellement par téléphone, nous nous réjouissons car c’est tellement précieux de nous entendre et de nous voir grâce aux écrans – le confinement ne devant pas devenir isolement – , et, dans le même temps, nous constatons bien, chaque jour plus, comme ce ne sont que des pis-aller de la présence en chair et en os. 

 

Je ne suis pas très « tactile » mais je n’ai jamais désiré aussi fort prendre mes amis dans mes bras et leur dire combien je les aime. 

Moi la marcheuse, je n’ai jamais autant désiré mettre mon sac à dos et partir marcher, même sans but, même droit devant en ville. 

Et je suis sûre que pour vous, ce sont d’autres désirs, selon vos personnalités, qui viennent vous travailler au corps, de manière inattendue. 

 

Comme si l’espace restreint venait rappeler plus fortement à tout notre être la dimension incarnée de notre existence : grande et fragile, unique et reliée. 

 

« Il a pris chair de la vierge Marie et s’est fait homme » résonne dans ma prière, avec foi : 

J’aime me rappeler par-là que le Seigneur est venu partager cette dimension incarnée, 

Qu’Il est venu la prendre pleinement en toutes choses excepté le péché, 

Qu’Il en a souffert, bavé, été fouetté et crucifié. 

Sans doute est-ce dans cette incarnation blessée que nous pouvons, avec Lui, nous tenir en prière, parfois, fréquemment même sans mots devant la terreur des maux, mais avec Lui :

Pour nos vies mais aussi plus largement pour celles de nos frères malades ou mourants. 

Pleurant les morts, 

Souffrant avec les souffrants, 

Le Seigneur est là, avec eux, avec nous. 

 

jeudi, mars 26 2020

Signe de(s) croix

https://tse3.mm.bing.net/th?id=OIP.igsJUWk94w8gexgxXrM9cAHaGc&pid=Api

C’est la première chose que je fais le matin, 

Et ce sont toujours les mêmes gestes, lents et posés : en haut, en bas, à gauche et à droite. 

La priorité matinale qui m’englobe physiquement de cette présence du Christ : 

Le temps et l’espace, aussi, que je trace sur ma vie et sur le monde. 

Si un signe de croix est toujours acte de foi, il prend une gravité particulière dans le contexte qui est le nôtre : il me rappelle tous mes frères et sœurs qui vivent actuellement des croix, chaque jour plus nombreux. 

Alors, chaque matin, je pose encore plus résolument ce geste ténu, en apparence si anodin, pour affirmer que j’ai confiance en une chose : derrière cette croix, la résurrection viendra. 

 

 

mardi, mars 24 2020

Il y avait là un homme

 

« Il y avait là un homme… »

Un homme blessé, un homme handicapé, qui n’avait pas vraiment d’espoir à vue humaine de s’en sortir tant il était seul. Mais il était là, présent : la posture de l’espérance, envers et contre tout. 

 

Il y avait là un homme, 

Un homme seul, il était dans le noir d’un monde trop préoccupé pour penser à lui, un monde bouillonnant comme la piscine, se cherchant lui-même, 

Il espérait, envers et contre tout. 

 

Il y avait là un homme malade, 

Il était dans la foule des malades, comme ceux qui emplissent jour après jour, de plus en plus nos hôpitaux, perdu dans la multitude, 

Il était là, simplement, tenant bon dans l’espérance, 

Et Jésus a pris pitié de lui, comme il regarde chacun, avec intensité, de manière infiniment aimante, de manière infiniment personnelle. 

 

Il y avait là un homme malade, 

Il y avait là une humanité malade, comme aujourd’hui : 

Les actions possibles sont nécessaires mais dérisoires, au diamètre d’action de notre brancard à nous, notre demeure de confinement : hors de cela, nous ne pouvons rien faire. 

Mais nous pouvons nous tenir comme cet homme, à proximité des lieux de soin par notre prière, 

Mais nous pouvons nous tenir comme cet homme envers et malgré tout dans l’espérance, 

Car Dieu, malgré tout, passe bien là, se frayant un chemin dans la nuit, 

Hors de Lui, nous ne pouvons rien faire. 

 

Variation sur l’évangile du jour – mardi IV de Carême

samedi, mars 21 2020

Mots d’espérance même si c’est de nuit

http://farm6.staticflickr.com/5134/5445613926_85169104aa_z.jpg

 

            Je ne sais pas vous, mais moi j’aime bien prier la nuit : plutôt le soir – n’étant pas du matin ! – ou même l’hiver, les laudes, quand le jour peine à se lever. La prière nocturne a une saveur d’intimité, une profondeur de réalité : quand tout est sombre, il s’agit de tourner notre cœur vers Celui qui est le soleil levant. 

 

            J’aime alors le silence qui règne et, parfois, je murmure les mots que je dis à Dieu : mots doux ou mots rugueux des intentions parfois lourdes, le tout à déposer devant Lui, dans la foi, l’espérance et la charité. 

 

            Ce murmure priant, intime, c’est celui qui se généralise aujourd’hui en temps de confinement : le silence règne et la nuit est là même de jour pour nombre de nos frères et sœurs, la nuit est là pour l’humanité. 

 

            Chacune de nos prières devient alors murmure d’espérance. Comme dans l’évangile du jour, un simple murmure de Celui qui se sait se reconnaît pécheur mais qui veut porter le monde dans une prière d’espérance, pauvre attendant tout du Seigneur, même si c’est de nuit. 

 

 

jeudi, mars 19 2020

Du côté de ma paroisse, du côté de mon diocèse, du côté de mon pays

En ces temps de confinement, la vie spirituelle est appelée à croître différemment tandis que la vie communautaire propre à nos paroisses n'a pas à se dessécher mais à se réorganiser. Mais, comme on le dit souvent, "un chrétien isolé est un chrétien en danger" alors ne restez pas vraiment seuls dans votre confinement ! 

Voici quelques idées plus ou moins locales auxquelles vous pouvez vous joindre : 

 

Enfin, une belle proposition qui ne concerne pas que les catholiques, faite par les évêques de France pour l'Annonciation le 25 mars : 

 

mercredi, mars 18 2020

Affaire d'équilibre

https://static.pix-geeks.com/2017/01/le-rock-balancing-lart-tenir-pierres-equilibre-82169-650x433.jpg

Premier jour de confinement officiel, on se dit que ça va et, en même temps, qu'il faudra tenir tout cela dans la durée. Convient-il d'avoir un horaire rituélique peut-être de l'ordre d'une routine ou au contraire de laisser les heures s'étirer selon l'envie ? Entre rigidité extrême sans respiration et laisser-aller baba cool, il y a de la place pour nombre de nuances mais aussi pour nombre de déséquilibres.  

Aussi me suis-je fait un petit document façon journal avec un tableau et les 8 catégories qu'il me semblait important d'honorer au fil d'un confinement:  

Vie spirituelle - nourriture intellectuelle - Bien-être physique - lien à l'autre - travail ordinaire - tâche d'intérieur - émerveillement - divertissement

Il ne s'agit pas de cases à cocher au quotidien, ce qui n'aurait aucun intérêt sinon de s'auto-flageller si on ne coche pas tout, mais plutôt de préciser dans la case comment j'ai vécu - ou pas - cette dimension. Le cas échéant, si une colonne reste vide plusieurs jours de suite, elle sera peut-être à réinvestir davantage. 

Peut-être ce document pourra-t-il être utile à d'autres, aussi je vous le partage par ici >> "Pour un confinement épanoui" 

 

mardi, mars 17 2020

Direction Pâques

http://www.cannes.com/_contents-images/ametys-internal%253Asites/mairiecannes/ametys-internal%253Acontents/covid-19-commerces-et-entreprises-article/_metadata/content/_data/coronavirus_entreprise.jpg_268x560

C’est surprenant comme, parfois, on part tambour battant en carême avec nos efforts bien sentis : avec ça, direction Pâques, ça va dépoter, je vous le promets ! Et la vie nous rappelle à ses exigences : avant tous nos désirs de perfection, il faut accueillir le réel car c’est bien là que se situe le chemin de la sainteté. 

 

Et là, ce carême... quelle claque ! Rien ne se passe comme prévu ! Alors, certes, cela fait plusieurs années que je ne choisis pas tant « l’effort » qu’une révision de ma vie avant le carême façon contrôle technique devant le Seigneur afin de discerner les lieux poussiéreux ou ceux dont l’équilibre n’est guère assuré. Ce sont ces moyens de rééquilibrage qui viennent constituer mon « effort », le cœur d’un moteur qu’on décrasse un peu afin de cheminer mieux vers Pâques. 

 

Nous voici donc à ce Carême... Tout est chamboulé dans nos vies personnelles, certes, mais surtout le monde, ce vaste monde du plus lointain jusqu’à mon prochain, est souffrant. « Ils n’en mouraient pas tous, mais tous étaient touchés ». Et tous, nous nous retrouvons dans une situation non choisie, inconfortable au possible, souvent bien loin de nos efforts de carême... et pourtant, c’est toujours le carême, c’est toujours ce temps favorable vers Pâques. 

 

Et je crois qu’il n’y a pas de temps plus favorable pour consentir au réel, dans toutes ses dimensions : de celle spatiale du confinement à celle de nos tristesses, de nos peurs, de nos égoïsmes dans cette situation tendue. Si c’est toujours la confrontation au réel qui est vrai chemin de sainteté, loin de nos rêves éthérés, peut-il y a-t-il là, dans cette terrible adversité, une occasion à saisir ? Pour continuer notre chemin de carême, confinés, nous aurons à redécouvrir, à rechoisir, ce qui est le cœur de notre vie ; nous aurons sans doute à éprouver dans le manque et à redécouvrir ensuite combien nos relations humaines sont belles, riches, précieuses et uniques ; nous aurons à rebâtir nos vies sans accessoires, en choisissant les règles de vie simples qui permettent de tenir, malgré tout, une expérience debout, sans laisser tout aller à vau-l’eau. Enfin, s’il s’agit vraiment de retrouver l’Essentiel de nos vies, il s’agira de laisser Dieu creuser son sillon dans ces jours qui sont, tout autant que les autres, Siens et où Il marchera avec nous, main dans la main, dans le noir des nuits jusqu’à la lueur éclatante d’un matin de Pâques.

dimanche, mars 8 2020

Up and down de la transfiguration

http://3.bp.blogspot.com/-pyHv6Yck_vk/URhbGWuTE0I/AAAAAAAAAt8/ig5blC4gbYQ/s1600/transfiguration.jpg

 

« Écoutez-le ! » 

Trop souvent, Seigneur, 

Je ne suis pas assez à l’écoute de Ta Parole, 

Ou tout au moins, est-ce que j’ai envie, 

Toujours, de venir à Ta parole comme une source ? 

De lire et d’écouter Ta Parole comme un lieu où, vraiment, Te rencontrer ? 

 

« Il est bon que nous soyons ici ! » 

Trop souvent, Seigneur, 

Quand je suis avec Toi et que ça fait des papillons dans mon cœur – entendons-nous bien, c’est loin d’être toujours le cas – 

Bref, quand je prie avec bonheur, avec amour ou même simplement dans une aride mais, je le crois, féconde fidélité, 

J’ai envie de demeurer là, 

Dans ma bulle, loin des tracas du monde. 

 

« En descendant de la montagne », 

Trop souvent, Seigneur, 

Je ne suis pas assez prompte à témoigner de Toi, 

Ou peut-être bien rêvassant de cet ailleurs où Tu te trouverais, plus, mieux, pleinement ? 

Dans un ailleurs de hauteur où Tu surplomberais nos misères, 

Alors que c’est aussi dans la plaine que je peux Te rencontrer, 

Alors que c’est vers la plaine que Tu marches avec moi, 

Alors que c’est vers toutes les misères, tous les drames du monde que Tu te trouves et que Tu veux marcher, aussi, à travers moi. 

 

Tout le mouvement de notre vie chrétienne est dans ce va-et-vient permanent entre la montée de la montagne vers la Rencontre et la descente de celle-ci, aussi vers la Rencontre sous une autre modalité. 

Car Tu es présent, je le crois, aux sommets lumineux, 

Comme dans les vallées parfois moins éclairées quand surgit un nuage, 

Comme dans tous ces creux de nos vies qui sont parfois des gouffres sombres et noirs où, souvent, nous osons moins rapidement descendre ; 

Seigneur, donne-moi de savoir vivre toujours selon cette double dynamique : vers Toi, pour me ressourcer ; vers mes frères pour témoigner de Toi, avec mes frères pour vivre de Toi ; 

Cette simple dynamique du chrétien qui marche vers la Rencontre où le pousse l’Esprit. 

 

Evangile du jour

vendredi, mars 6 2020

Petite présentation du livre

J'en parlais précédemment ici même... voici en interview quelques éléments contenus dans ce livre sur La Réconciliation - chemin d'initiation et de croissance ecclésiales ! Sortie officielle un peu partout le 12 mars ! 
 

lundi, mars 2 2020

Et si le pire germe n'était pas celui du virus ?

http://www.hygiene-securite-alimentaire.fr/wp-content/uploads/2012/12/gel-hydroalcoolique.jpg

 

            Sans aller jusqu’aux noms d’oiseaux, on ne peut pas dire que le coronavirus laisse la cathosphère en paix : des règles d’hygiène aux complotismes les plus fous, il y a de quoi s’instruire, de quoi sourire mais aussi de quoi être largement agacé. 

 

            Plus qu’un nouveau virus, il semble que le Diviseur a largement versé ses ferments les plus puissants :

Comme s’il était impossible d’être pour les mesures sanitaires et pour le respect de l’eucharistie (et comme si cela dépendait vraiment d’une posture ou de l’autre) ;

Comme s’il était impossible d’être pour garder les églises ouvertes tout en reconnaissant qu’il faut prendre le maximum de précautions ;

Comme s'il était impossible d'être pour nos frères et soeurs les plus fragiles et d'être pour nous tourner vers Dieu ; 

Comme s’il était impossible d’être pour prier tout en étant pour appliquer les règles fixées par l’État (tout en sachant reconnaître l’absurdité de certaines concernant tel cas et pas tel autre : les églises ne sont évidemment pas plus dangereuses qu’un match de foot ou qu’un ciné ! Il faut le dire, dans la vérité ! D’ailleurs, nous, on purifie tout à l’encens et zou !) parce que nous, chrétiens, sommes aussi des citoyens.  

 

            Je suis fille de dentistes, j’ai grandi dans un univers à connotation médicale où, pourtant, nous n’allions chez le médecin que quand il fallait vraiment mais où la médecine et ses précautions n’ont jamais été mal vues mais au contraire, ont toujours été considérées comme un bon moyen. Alors, je suis inquiète de l’angélisme de certains de mes frères et sœurs chrétiens : pourquoi ne pas prendre ces moyens que le Seigneur nous donne ? Il me semble qu’il y a presque là quelque chose de l’ordre d’une tentation : « Seigneur, montre-nous que Tu es Dieu, dussions-nous mourir ». 

 

Mais, surtout, encore plus que tout cela, il y a urgence à arrêter de nous opposer entre ceux qui seraient purs et durs et ceux qui seraient faibles et mous ; il y a à commencer à nous tenir dans une même prière que ce soit, ou non, dans le même lieu et dans une même unité : sans peur mais en confiant au Seigneur tous les souffrants, tous les soignants et aussi toute la peur réelle autour d’une épidémie qui pourrait dépasser non sans doute la mortalité mais bien toucher les plus fragiles tout en débordant les possibles de nos hôpitaux déjà impossiblement bondés. 

 

Car il faut tenir, je crois, l’un et l’autre, la dimension verticale et la dimension horizontale ensemble, ce qui est somme toute assez logique dans une religion dont la croix est l’un des symboles. Je me rappelle d’une expression qui m’avait marquée d’une des dernières homélies de messe chrismale de Mgr Daucourt sur le fait que les chrétiens sont « des réalistes donnant le primat à la grâce ». Il me semble que là est la clef et que le discernement des attitudes à tenir se trouve à ce point crucial, justement, entre primat de la grâce et réalisme de nos vies et de notre pays. 

 

 

dimanche, mars 1 2020

1er dimanche de carême... pas si debout ?

https://www.photo.rmn.fr/CorexDoc/RMN/Media/TR1/GIOZ4U/07-506153.jpg

 

 

            Méditer en carême sur le fait d’être debout… alors que, si souvent, il faut bien l’avouer, nous sommes chancelants, voire à terre, si fragiles dans notre humanité. 

 

            D’ailleurs, il me semble même, à lire les textes du jour un peu en recul, que la première lecture du livre de la Genèse et l’évangile de ce dimanche sur les tentations de Jésus au désert nous invitent à ne pas nous laisser prendre au piège de croire que nous sommes toujours debout mais que nous sommes invités aussi à mieux regarder notre propre humanité. 

 

            Il est une tentation qui serait de croire que nous sommes rassasiés, que nous n’avons plus faim, repus, possédant tout… sans aucune place pour laisser croître le désir de Dieu. 

            Il est une tentation qui chercherait à faire croire aux autres que nous ne sommes jamais blessés, que nous sommes des solides, des sans faille… sans aucune place pour nous laisser toucher, pour rejoindre l’autre dans notre commune vulnérabilité. 

            Il est une tentation qui nous laisserait fanfaronner, debout, accaparés par la vision des idoles que nous nous forgeons dans nos vies, à essayer de nous hisser à leur hauteur illusoire au lieu de regarder à notre hauteur d’homme et de femme, humblement, pieds à terre, vers Celui dont nous attendons tout qui, Lui, vient toujours nous rejoindre là où nous en sommes. 

 

            Quand le Christ, Lui, n’a pas besoin d’en ajouter pour dire qui Il est parce qu’Il est justement Celui qui est, le carême est probablement, de notre côté, un temps pour croître dans la vérité de notre humanité. La tentation, du côté du Seigneur comme du nôtre, serait de ne pas être ce que nous sommes. Alors, si nous sommes bien effectivement appelés à être debout, soyons vrais, appelons-Le et laissons-nous relever de nos gamelles ! 

 

            La gloire de Dieu, c’est l’homme vivant, écrivait st Irénée, l’homme debout mais je crois que la gloire de Dieu c'est surtout l’homme qui se laisse relever, à chaque fois, par Son Sauveur. 

 

(Textes du 1er dim. de Carême année A)

 

- page 1 de 96