Zabou the terrible

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mercredi, novembre 30 2016

Et si d'Avent(ure) priant(e)

Avent. 

Silence d’attente

Qui affute et apaise le cœur encombré,

Pour qu’il soit vif, aux aguets, tourné vers Toi.

 

Chaleur réconfortante,

De ce temps juste avec Toi :

A prendre pour moi

Comme à prendre pour tous ceux qui, dans le froid, ne le peuvent pas. 

Oraison et intercession. 

 

Silence d’écoute de Ta parole,

Silence qui s’allonge de la lectio,

Pour aimer et pour agir,

Un peu, ou moins mal,

Ici et dehors.

 

Silence de la prière,

A écouter ce silence intérieur et ce qui s’y murmure,

Silence de préparation,

Silence pour être agi(s) par Toi,

Silence de veille : 

Prière simple de l’Avent.

 

Et si les frimas n'étaient qu'une invitation à aller au plus intime de nous-mêmes ? 

Et si le froit de l'hiver s'installant n'était nullement une invitation à un repli mais plutôt à retrouver , après avoir servi nos frères, l'interior intimo meo, bref, Celui qui est plus intime à moi-même que moi-même ? 

Et si l'Avent était bien un moment privilégié où Tu nous glissais au coeur ces "je t'aime, tu sais" dont Tu as le secret ? 

 

mardi, novembre 29 2016

Marie l'attente les braises au coeur

En rentrant ce soir, j'ai installé rapidement les premiers santons de ma crèche : il s'agissait de poser en quelque sorte mon cadre de prière pour l'Avent. 

En attendant Jésus, j'aime bien mettre une petit bougie à Sa place : elle sera remplacée par le santon de Celui qui est Lumière et Vie. 

Petite veilleuse comme une flammèche de joie d'Avent, cette joie toute spéciale, cette joie un peu cachée, qui s'emmitoufle mais qui brûle fort au coeur et qui n'attend que notre disponibilité pour prendre feu ! 

 

Il y a déjà là Marie aussi, comme toute paisible en attendant l'Avènement.

J'aime la regarder, prier par son intercession ces jours-ci : elle est comme une invitation à préparer nos coeurs à accueillir, à prendre feu, à porter le feu hors de ce cadre, pour devenir lumière du monde... 

 

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(Non, ce n'est pas ma crèche !)

samedi, novembre 26 2016

Entrée en Avent 2016

 

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On entend souvent que l’Avent, ce temps de préparation à Noël, est le temps de l’Espérance par excellence. On a envie d’y croire, de se rappeler encore et toujours de la petite fille Espérance de Péguy ou de cette bougie d’Espérance capable de rallumer toutes les autres… Surtout en ces jours où les nuits augmentent tant qu'elles semblent triompher sur le jour.  

 

Quand la nuit pèse encore sur la ville et qu’il est temps de partir travailler, j’ose, justement, espérer la lumière diurne que je vois poindre à l'horizon, comme un encouragement ! 

A toi que je ne connais qu'à peine et que j’ai croisée si triste hier, j’espère ta joie ;

A toi qui trembles de douleur dans ton lit d’hôpital, alité depuis des mois, j’espère ta santé, j’espère ta joie ;  

A toi qui multiplies les c****ries à l’école de plus en plus et qui refuses de les admettre, j’espère la révélation de ce « meilleur » en toi ;

A toi qui trembles devant la participation à un événement que tu ne veux pas voir, j’espère ta venue, j’espère ta joie ;

A toi qui sembles recevoir si durement les coups bas de la vie en ce moment, j'espère des jours meilleurs, j'espère ta joie ; 

A toi qui viens de perdre un proche, j’espère pour lui, j’espère pour toi... 

 

Quand nos nuits et toutes les nuits humaines de la souffrance, malheureusement si innombrables que cette litanie ne saurait les contenir, semblent si présentes, je T’espère Seigneur ! 

J’espère Ta venue comme une audace non triomphale mais fragile,

J’espère..

J'espère comme une simple prière, tendue vers Toi.

 

Dans quelques jours aussi, je m’engagerai pour toujours à la suite du Seigneur et, évidemment, cela marque mon Avent d’une tonalité spécifique.

Est-ce que j’espère ? Qu’est-ce que j’espère ?

Finalement, je ne le sais pas : ou plutôt si, je pressens un bonheur promis, dans l’audace libre d’un « oui » obtenu à l’aune d’un « je t’aime » susurré en mon cœur. Ce bonheur, je le désire, je l’espère !

Je ne sais pas non plus si ma vocation, si méconnue chez la plupart des chrétiens, est réellement « espérée », en dehors de mes amis et connaissances. Mais elle est le fruit, par la prière très certainement, de l’inattendu de Dieu qui, j’ose le croire, espérait mon oui, l’espère et l’attend. Il espère ma joie, mais surtout Il m’espère !  

 

C’est le plus beau tout ceci : non pas notre espérance humaine, mais celle de Dieu.

Dieu qui nous espère toujours, même dans et même après nos pires merdouilles, même dans nos pires nuits ;

Dieu qui nous espère toujours comme Il nous voit, comme Il nous aime.

Peut-être que l’Avent, c’est autant le temps d’apprentissage de l’Espérance que le temps d’apprentissage à être espéré :

Parce que, sous ce regard d’espérance, on a envie de grandir,

On a envie d’accueillir le Christ comme notre sauveur ! 

 

Fais paraître Ton jour et le temps de Ta grâce !

 

 

mardi, novembre 22 2016

Cette carte du ciel en nous - A. Gesché

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"En nous se trouve donc une dimension cachée, que j'aimerais appeler une "carte du ciel" comme on dit qu'en ont les oiseaux migrateurs en quête de leur route. L'homme a besoin d'un ciel, il lui faut "la voûte d'une longue phrase au-dessus de l'existence".

Sans doute alors est-il important que nous réapprenions à déchffrer cette carte ou cette phrase, comme notre secret peut-être le plus précieux. Et qui, à notre insu sans doute, nous fait vivre, déposée en nous, telle la tremblante mais indubitable lampe du sanctuaire. Lampe vacillante, mais dont le tramblement dit peut-être justement l'importance ; lampe soumise à tous les risques, mais que nous devons entourer et protéger de nos mains, car elle a été déposée en nous par celui qui a fait de nous une merveille presque insoupçonnable à nos yeux, mais que nous avons le droit de croire et le devoir d'aimer." 

Adolphe Gesché, La Destinée (Dieu pour penser, t.V, chap. I "Topiques de la question du Salut") 

lundi, novembre 21 2016

Femmes croyantes, femmes engagées...

La semaine dernière, j'ai eu l'occasion d'intervenir à côté (géographiquement : dans la paroisse d'à côté ; internetement... sur un blog presque d'à côté aussi !) pour une petite introduction à un chouette temps d'échange et de débat intitulé : 

Femmes croyantes, femmes engagées... une place dans l'Eglise ? 

Ca commence par ici et ça se suit sur plusieurs billets >>

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dimanche, novembre 13 2016

Lumières de vie

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Où j’étais ce soir là ? Je crois que, comme chacun, je m’en souviens. Tout comme ce fut le cas pour le 11 septembre 2001.

Il est des événements si brisants qu’ils restent indélébilement marqués dans notre mémoire, dans notre être.

 

Une soirée jeux entre amis (oui, l’auteur de ce blogue est très branchée jeux de société), avec l’anniversaire de l’un d’entre eux après minuit.

Et peu à peu les premiers messages entraperçus sur les réseaux sociaux : l’heure est grave, nous nous sentons désœuvrés, ne sachant que faire en attendant les nouvelles. Finir un jeu, ne pas réussir à en recommencer un. Sonnés par l’horreur absolue qui se dessine peu à peu… Choc.

 

Après minuit, dire des « joyeux anniversaire quand même », sans que le cœur y soit vraiment. Comment saurions-nous laisser une année joyeuse dans ces circonstances ? C’était dur.

 

Je me souviens de la peur au ventre qui était la mienne en parcourant les deux rues qui me séparaient de chez moi. Et si tout s’enflammait suite à cet attentat ?

 

Je me souviens de mes jambes et de mon esprit flageolants chez moi… Sous le choc. Envie de vomir devant tant d’inhumanité : c’était ma propre humanité qui était remise en cause.

 

Je me souviens de ma prière plus balbutiante que jamais… Vers Dieu, pour les victimes, les familles, les terroristes. Les mots qui ne venaient pas, l’impuissance, la bougie allumée comme petit rempart de rien contre l’obscurité qui nous envahissait plus que jamais.

 

Un an a passé. Le terrorisme a encore grandi.

L’humanité s’est comme endurcie par manque de confiance, par peur…

L’humanité est souvent prise à vouloir bâtir des murs pour se protéger…

Et pourtant ce soir, à voir les bougies allumées à certaines fenêtres ou celles virtuelles de Facebook, un peu de lumière et de chaleur semble s’élever.

Il y a la force du souvenir mais il y a aussi celle si forte de l’envie, du désir de vivre. Posture idéaliste ? Sans doute mais posture vivifiante…

 

Au soir du 13 novembre, égrenons les victimes, leurs familles et les terroristes dans notre prière. Mais portons aussi tout le désir de vie de notre monde dans ses flammèches peu solides, incertaines mais toutefois allumées résolument. Car, notre foi nous le dit, la Vie restera mystérieusement victorieuse sur la mort.

 

vendredi, novembre 11 2016

Tandis que le monde tourne ou ne tourne pas rond, elle demeure

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Stat crux dum volvitur orbis

La croix demeure tandis que le monde tourne

C’est la devise des Chartreux.

 

Parfois, le monde semble devenir fou,

Contrôlé ou suivi, on ne sait, par des médias qui ne savent plus bien où ils vont…

Et nous d’ailleurs ? Croit-on vraiment à nos phrases assassines ou à nos traits d’esprit ?

Mais la croix demeure.

 

Là, des proches souffrent, vraiment,

Ici, des situations de misère à peine dicibles,

Et que faire ?

Mes mains ne le savent…

Mais la croix demeure.

 

Quand mes mains ne peuvent que se joindre en un geste de prière,

Quand mes mains ne peuvent que se tendre en un geste d’offrande,

Quand elles se sentent, comme si souvent, si impuissantes,

Il reste cette croix. Toujours.

 

Le monde tourne, bouge et change,

Le monde parfois semble ne plus tourner rond,

Ou rien n’avoir de sens.

Et pourtant cette croix plantée a dessiné, a ancré un centre de gravité

 

Au cœur des détresses, la croix demeure,

Plantée là, silencieuse et éloquente.

Elle est la clé pour encrer d’amour ce qui ne semble plus aller très rondement,

Elle donne la porte d’entrée d’une prière brute,

Pour le monde, pour chacun,

Où chacun est porté par Celui qui y étendit les bras.

  

mercredi, novembre 9 2016

Aux intranquilles

Toi là, tu n'es pas tranquille ?

Enfin, ta conscience peut-être, je ne prétends pas la connaître, mais peut-être ne tiens-tu pas en place, ou peut-être que tu es du genre à te poser 30000 questions/seconde dont toutes ne sont vraiment pas utiles (cas pas tout à fait étranger à la tenancière de ce blogue), à te prendre la tête d'une manière générale, à ne pas aimer les certitudes figées et automatiques, à douter de tout ou de rien.... Lis ça, tu ne te tiendras toujours pas tranquille mais tu goûteras peut-être et même certainement d'une manière renouvelée au charme de ton intranquilité foncière. Parce qu'elle est liée au flot de la vie elle-même. 

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"La vie, puissante, majestueuse, tranchante. La vie sans concession et sans demi-mesure. Aucun de nous n'aura fait l'expérience de naître à moitié. Aucun de nous ne fera l'expérience de mourir à moitié. De bout en bout, la vie, entière et exclusive. On apprendra à mettre de l'eau dans son vie, mais la vie, elle, restera tout ou rien. On en prendra plein la vue, plein les poumons, plein le coeur. Car quelque chose nous saisit qui s'appelle exister - sortir de soi, être expulsé, séparé. 

On nous regarde, on nous dit tu, et il nous faudra une vie pour répondre je. Une vie pour admettre qu'on avance à découvert, qu'il n'y a pas d'autre peau que la sienne entre soi et le monde." 

Marion Muller-Colard, L'Intranquillité

 

lundi, novembre 7 2016

Regarder pousser...

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Grandis. 

C'est le mot qui m'est venu en tête en les voyant vendredi soir. 

Je l'avoue, je suis venue en traînant un peu les pieds : c'était quoi encore cette invention de cérémonie de remise des diplômes du brevet alors qu'on a une cérémonie en interne fin juin/début juillet pour tous les niveaux, récompensant nos élèves les plus méritants. 

Et puis, je les ai vus, mes pieds se sont allégés et j'ai changé d'avis. 

Les revoir ces anciens 3èmes, quelle joie ! Les revoir grandis, changés et pourtant encore tellement "eux", heureux, joyeux de leurs découvertes en lycée. Certains trouvant cela plus facile, d'autres plus difficile. 

Et tous, anciens bons élèves ou élèves plus difficiles, de nous raconter leurs premières semaines dans un autre monde comme autant de pépiements joyeux... 

Ce n'est pas tous les jours qu'on a la joie de voir des petites pousses de graines semées, parfois par météo capricieuse :
à les voir ainsi, ils ouvrent le coeur à la beauté du professorat et encore plus profondément à l'action de grâce ;
à les voir ainsi, on a envie de continuer à les porter de loin par la prière, pour qu'ils réussissent la vie sous la forme qu'ils auront choisie. 

 

mardi, novembre 1 2016

Oui, et l'EPJ justement alors ?

Et l'école de prière, justement, tu en rapportes quoi ? 

Plein de souvenirs... plein de moments forts, comme toujours. 7ème école de prière jeunes, 3 comme animatrice et ma 4ème comme bergère : chacune m'ont fait grandir... alors que j'étais censée aider les jeunes à grandir dans leur foi ! Mais, comme toujours, en voulant évangéliser, on se laisse évangéliser. En parlant de Jésus, on apprend à mieux en vivre. 

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Peut-être que je reviendrai plus tard sur tel ou tel moment mais, s'il y en a un qui a été très fort alors que tout à fait anodin, ce sont sans doute ces deux grands moments de silence, de désert, que nous avons tous faits, enfants comme tous les adultes, exactement au même moment, les deux derniers jours. 

Imaginez tout un bâtiment dans lequel se trouvent 52 enfants et 16 adultes plongé dans le silence pendant 20 min ! (Je n'oserais proposer cela dans mon collège !). 

Imaginez un silence dense, parlant, priant... Imaginez des enfants jouant le jeu, s'éloignant pour éviter de se parler. 

Imaginez alors durant ce temps une pauvre typesse de Zabou assise à l'oratoire, entourée de petits gnomes sympathiques venus passer là leur temps de désert, tous plongés dans leur prière. Imaginez-la en train de les regarder doucement comme aides à sa propre prière... 

Je ne sais pas ce qu'ils racontaient à Jésus dans le secret de leur coeur.

Mais ce que je sais ou plutôt dont je suis certaine à voir leurs calmes sourires ensuite, c'est qu'il y en a eu des murmures amoureux de coeur à coeur dans ces moments-là... Alors, comment ne pas se sentir entraînés dans sa propre prière par celle des enfants ? Comment ne pas avoir envie de soigner la qualité de nos propres temps d'oraison ?

Alors, on rapporte de l'EPJ comme des brins de silence qu'on a envie de lier toujours plus pour affermir la qualité de notre relation personnelle avec le Seigneur.  

lundi, octobre 31 2016

Zachette ?

Pour les besoins de l'école de prière jeunes du diocèse de Nanterre dont je reviens, j'ai incarné le premier jour Zachette, lointaine descendante de Zachée narrant l'histoire de son aïeul alors qu'elle se refusait à plonger dans l'océan de la Miséricorde ! Puisque j'ai mis ce petit conte d'évangile par écrit et que c'était l'évangile d'hier dimanche, je vous le partage. Il ne s'agit que du récit lui-même... d'un autre point de vue ! 

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Ils sont gentils là, ces deux copains qui m'invitent à plonger dans l'océan de la Miséricorde mais ils ne me connaissent pas ! Ca a toujours été comme ça dans ma famille d'ailleurs : une sorte de mélange entre l'envie de se bouger et de faire le bien et... un terrible manque de confiance. 

Je m'appelle Zachette. On s'est toujours moqué de moi à cause de drôle de prénom... Vous imaginez ? Là, disons que je me décide à y aller dans cet océan de la miséricorde et que je n'arrive pas à plonger, que je reste à flotter ? Vous ferez un mauvais jeu de mots et vous direz encore une fois que je suis une Zachette de thé, je suis sûre ! 

En vrai, je m'appelle comme ça à cause d'un de mes ancêtres. Lui et moi, on se ressemble beaucoup. Il s'appelait Zachée. Il était tout petit et lui, les gens ne se moquaient pas de lui à cause de son prénom mais bien parce qu'il était collecteur d'impôts. A l'époque des Juifs, les collecteurs d'impôts, c'étaient des vrais voleurs ! Oh, je ne crois pas que mon ancêtre faisait vraiment le mal pour le mal mais il avait peur. Peur de manquer. Alors, il volait dans les caisses et, de vol en vol, il était devenu riche. Très riche. Mais personne ne prenait au sérieux un type pareil ! 

Il habitait à Jéricho, une ville célèbre pour ses murailles, ses trompes et trompettes. Et on raconte qu'un jour c'est en grande pompe que Jésus, le célèbre Jésus a traversé cette ville ! Ca a été de la folie ! Tout le monde voulait le voir ! Ce n'est pas que c'était une star, c'était bien plus fort... C'était qu'il disait des paroles qui touchaient les coeurs au plus profond. Et qu'il guérissait des malades. C'est simple : certains allaient jusqu'à dire qu'il était le Messie, l'Envoyé de Dieu ! Alors tout le monde voulait le voir, l'entendre, le toucher, lui présenter des malades... Personne n'avait jamais vu une telle cohue à Jéricho ! 

Et mon ancêtre Zachée, il était bien embêté. Il avait tellement envie de voir Jésus ! Mais il était si petit... Et il était tellement considéré comme un sale type que personne ne le laisserait passer ! 

Alors, vous savez ce qu'il a fait ? Moi, j'hésite à plonger là, eh bien, lui, son "plongeon de confiance", ça a été l'inverse : de grimper dans un arbre ! Je l'imagine en train de monter sur cet arbre si touffu qu'est le sycomore... Mais le plus incroyable, c'est ce qui est arrivé quand Jésus est passé : non seulement il l'a vu mais surtout, il l'a appelé par son nom ! "Zachée, descends vite : aujourd'hui, il faut que j'aille demeurer chez toi !". 

Ce Jésus, c'était bien Dieu : il connaît le nom de chacun. Il connaît ton nom, il connaît mon nom. Alors comment ne pas ouvrir son coeur à la confiance après cela ? Quand on est connu, aimé, appelé, désiré ? 

Oh, les autres ont râlé, c'est clair... Mais mon ancêtre, il a été changé. A jamais. Il a tout de suite dit qu'il allait donner la moitié de sa fortune et rétablir dans leur bon droit tous ceux à qui il avait fait du mal... C'était se mettre en danger : ça a été son deuxième plongeon de confiance mais un plongeon à vie. Le seigneur Jésus lui a bien dit qu'Il lui offrait le Salut, Sa miséricorde... Alors, comment ne pas plonger ? Comment ne pas faire confiance ? 

lundi, octobre 10 2016

Quand le curé fait sa crise d'ado

Recension initialement parue dans le bulletin paroissial par là >>

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Jean Mercier, Monsieur le curé fait sa crise, éd. Quasar, 176 p.

 

            Des fidèles qui s’écharpent entre eux, des querelles de sacristies et de clochers à foison, des paroissiens qui en ont assez de leur curé, ce dernier qui le leur rend bien et qui en plus est excédé par ses confères : oh, mais cela se passe ailleurs… évidemment !

 

            Sujet facile ? Oh, certes, le trait peut paraître outrancier mais il fait sourire : que celui qui ne reconnaît pas ne serait-ce que l’ombre d’un détail lève la main ! Alors, n-ième remontrance pour nous dire « aimez-vous à la fin, garnements ! » ? Non plus ! Dans ce livre, il ne s’agit pas de minimiser nos agacements ecclésiaux, parfois très légitimes : il s’agit de nous laisser recentrer sur l’Essentiel.

 

            Dans ce récit, le curé a fugué… Vous en dire plus sur l’intrigue ? Certainement pas ! Depuis la disparition initiale, chacun va avoir à vivre des conversions. Rappelons-nous avec le proverbe anglais que « là où Dieu a son Église, le diable a sa chapelle » : il s’agit de prendre conscience de ces chapelles où nous laissons régner le diable, diviseur, pour entrer dans une démarche de réconciliation, réelle et grandissante.

 

Alors, si nous lisions ce livre comme une invitation à notre propre conversion, jamais terminée ? Ça vaut le coup et se lit d’une traite : prenons le risque de laisser la grâce du Seigneur irradier dans et à partir de nos faiblesses !

 

dimanche, octobre 2 2016

Comme un sanctuaire

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Un grand immeuble, planté dans cette banlieue dortoir.

Des étages et des étages, un immense parking,

Une forme et un environnement insipides,

Et pourtant vivent provisoirement là des milliers d’humains.

 

Des tourbillons des sirènes aux discussions sérieuses,

Des noms scientifiques aux râles inarticulés,

Des milliers de vies se croisent ici, chaque jour.

 

Il y a ceux en blanc, ceux en vert, ceux en rose ou bleu,

Les tenues spéciales pour cas spéciaux,

Et puis nous, ces presque profanes, habillés ordinairement,

Pour venir voir ces autres-là, souvent dévêtus.

 

Dans l’ascenseur, un silence quasi-religieux :

Chaque étage scande une pathologie,

Les visiteurs se saluent avec la gravité respectueuse de ceux qui savent,

De ceux qui savent ce que venir là signifie.

 

Et puis, il y a ceux qu’on croise toujours dans ce même service…

Et puis, ce proche que l’on vient voir,

Toujours le cœur un peu en vrac.

 

On vient pour lui et puis, au fur et à mesure des jours, on se rend compte aussi que l’hôpital a quelque chose d’un vaste sanctuaire de l’humanité :

 

De tes lents progrès à toi aux soucis de tel autre,

C’est l’humanité souffrante qui se déploie dans toute sa variété,

Au gré des étages ou à la cafétéria des cafés partagés.

De ce professeur distant à cette infirmière expansive et chaleureuse,

C’est l’humanité soignante qui se décline également en sa diversité.

De toi à moi, à nous,

C’est l’humanité dans ses liens de sang qui se révèle, bien plus que tout ce que nous pourrions dire.

 

Dans tous ces visages croisés, heureux comme souffrants, croisés au long de ce service, je vois le visage de l’homme,

Les visages de ceux pour qui le Christ est venu,

Et mon cœur s’emplit de compassion,

Et j’ai envie de prier, face à ceux qui sont le temple de l’Esprit Saint,

Et qui, souvent, ont perdu les voiles qui Le cachaient…

Dieu affleure.

 

En passant le sas, j’ai de plus en plus envie de faire mon signe de croix ;

Enlever mes chaussures ? Ce n’est pas dans ma culture.

Mais chaque jour qui passe me dit un peu plus combien cette terre d’un hôpital est sacrée,

Car Dieu y est présent,

Et vient nous visiter en nos frères souffrants.

 

jeudi, septembre 22 2016

Saint Matthieu ou la sequela du publicain quotidien

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« Suis-moi » : pas de conditions…

La parole, brute :  

La Parole, si douce, invitant à la vie avec Lui.

 

Suis-moi…

Au milieu de tes occupations quotidiennes,

Même les plus sordides, les moins avouables,

Je suis avec toi, alors viens !

 

Suis-moi…

Aux nuits d’angoisse,

Aux jours sombres des blessures,

Des drames de la vie humaine.

 

Suis-moi…

Dans le tableau du Caravage, la surprise,

La lumière d’un doigt qui désigne,

Et un regard plein de tendresse.

 

Suis-moi…

Si souvent, je me dis que je ne suis pas digne,

Que ma vie est pleine d’assombrissements,

Mais Toi, tu choisis « en miséricordiant » comme dirait le pape,

Alors, dans la lumière de Ton regard, Tu chasses les ténèbres,

Et deviens Lumière intérieure pour nous permettre de marcher à Ta suite, par tous les temps.

 

lundi, septembre 19 2016

Est-ce que j'ose y croire pour moi ?

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En allant te voir, cette phrase me revenait, lancinante : "est-ce que j'ose y croire pour moi ?".

Cette phrase, je ne l'évoque jamais sans émotion : elle était de feu mon premier père spirituel, un vieux moine plein de sagesse, à quelques mois de sa mort, atteint par la maladie aggravée par l'âge de manière irrémédiable... Lui qui avait donné toute sa vie au Christ, qui portait en sa prière tant de personnes et de cas difficiles, il se reposait cette question face à sa propre mort. Comme s'il voulait me dire dans ses ultimes conseils cette importance extrême de la croissance de la foi, tout au long de notre vie : toujours des "oui" à dire, jamais à s'endormir. Et même, et surtout justement, face à ce moment crucial qu'est notre mort. 

Quand certains non-croyants me disent d'un air supérieur que la foi est une béquille, dans le fond, j'ai également envie de leur rendre leur sourire quelque peu narquois... Comme si la foi était une boite de caramels douçâtres qui suffisait à bercer le coeur du croyant d'illusions ! Comme si elle suffisait pour avancer dans la vie en boitillant un peu mieux ! 

La foi, c'est tout le contraire. La foi te donne un élan dans ta vie, un sens et une profondeur... mais la foi n'est pas une consolation-doudou. La foi est dans le même temps un don, complètement gratuit, et une force... mais une force qui nécessite de l'entraînement. Une force rude et douce à la fois. 

L'entraînement de cette foi, c'est comme une succession de petits sauts, toujours plus dans le vide. Où la raison ne peut plus guère intervenir, mais où Espérance, Foi et Charité se trouvent souvent curieusement mêlées. 

Tu sais, c'est avec douleur que je me dis que je ne sais pas quelle sera l'issue du terrible combat que tu mènes auquel j'assiste, impuissante. Mais je sais que j'ai aussi à poser, pour toi et avec toi, un acte de foi :
La foi, est-ce que j'ose y croire pour toi ?
La foi, est-ce que j'ose y croire pour moi ? 

 

mercredi, septembre 14 2016

La grâce, cette poésie de Dieu dans la vie

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"Avant d'agir politiquement, la foi agit poétiquement, crée le regard neuf, chante le Magnificat, c'est-à-dire abat la puissance, relève ce qui est à terre, non par envie, à cause d'une perception spontanée des choses, hors de l'aveuglement. Elle voit la force dans la faiblesse, la gloire dans la dérision. L'énorme absurdité de la Croix brise ce qu'on nomme réalité." 

 

In Jean Sulivan, Matinales

vendredi, septembre 9 2016

Ce qu'il y a de Croissance

Pour la session d'été de l'association CdEP (Chrétiens dans l'Enseignement public : http://www.cdep-asso.org), j'ai été invitée à écrire un témoignage sur l'estime de soi. Il m'a semblé couler de source que ce témoignage devait être la suite d'un précédent billet, intitulé "Ce qu'il y a d'Espérance" car ce que je narre ici en a été la toute simple mais aussi la très belle suite. 

 

Car il y eut une suite, inattendue pour cette élève qui, quelques mois plus tôt, s'était effondrée en larmes à l'issue d'une heure de vie de classe, pleine de doutes... 

 
L'année se déroula, plutôt bien pour cette élève puisqu'elle obtint un de nos diplômes d'élève méritante à la fin de l'année ! J'étais heureuse de la voir si heureuse. 

Le soir de cette remise de diplômes, il est d'usage de poursuivre la soirée par un petit apéritif avec ces élèves et leurs parents. Souvent, les 3èmes accaparent un peu leurs professeurs, partagés entre joie d'aller enfin au lycée et une certaine mélancolie à nous quitter... 

Du coin de l'œil, alors que je plaisantais avec ces grands-là qui allaient nous quitter, je voyais cette élève tourner autour de moi, sans savoir visiblement trop comment m'aborder. Cette élève-là, pourtant alors si joyeuse, hésitait à venir me parler comme elle avait déjà hésité – mais c'est le propre de la plupart des élèves – à me faire la bise lors de la remise du diplôme. Pour l'aider, je me tournai vers elle : "Alors, tu es heureuse ?". 
– Oui ! Mais surtout je voulais vous dire... Merci ! Merci de vos encouragements et puis, surtout... Merci d'avoir cru en moi !" 
Nous y voilà, elle revenait sur ce jour où elle ne croyait plus en elle... 
– Tu sais, l'important, c'est que tu croies en toi ! Tu es une fille super, une battante, continue comme ça !" 

Je n'avais pas besoin de ce merci mais j'étais heureuse qu'il vienne me dire les progrès que cette fille, seule de sa famille pour l'instant à avoir envie de faire des études dans une famille immigrée, avait réalisé dans l'estime d'elle-même. Pas d'orgueil mais comme des petits pas pour avancer dans une meilleure découverte d'elle même, avec plus de justesse : de ses richesses, bien présentes.  
C'était beau et bon, je crois. 

Et, comme chrétienne, je l'ai encore replacée sous le regard de Dieu, dans la prière, cette fois le cœur plein d'action de grâce.

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mercredi, septembre 7 2016

Le(s) prochain(s) d'une PP

 

Je ne pensais pas éprouver autant de joie à les retrouver... Oh, c'est sûr, mon coeur leur était acquis d'avance : à cette majorité de classe que j'avais eue il y a deux ans et que je retrouvais mais cette fois tous grandis et comme moi étant désormais leur prof principale, ainsi qu'à ces quelques-uns ajoutés au noyau de base que j'allais pouvoir découvrir. 

En nous retrouvant lors de l'accueil des classes, les sourires étaient sur les lèvres.

Je ne me fais pas d'illusion : ils ne sont pas meilleurs que d'autres élèves, je sais les lourds dossiers pesant sur certains d'entre eux... Même si je veux pas les y enfermer par avance. Et puis, cela vaut aussi pour moi, ils n'ont probablement pas d'illusion : je ne suis pas meilleure que d'autres profs. Mais, ça y est, l'année était lancée : un an à passer ensemble, tant en français que dans cet accompagnement tout spécifique qu'est celui du professeur principal vis-à-vis de sa classe. Un lien très spécifique, fort, éducatif, lourd parfois, mais toujours très humain. 

Déjà une semaine s'est écoulée avec les premiers cours et la joie d'avancer ensemble ne s'est pas démentie. 

L'autre fois, alors que je passais dans les rangs durant un petit travail d'écriture en autonomie, je me suis soudain rappelée la question qui avait guidé notre marche d'été sur le chemin d'Assise : "Qui est mon prochain ?". 

Une immense compassion m'a alors saisie et j'ai encore plus largement souri, provoquant aussi par contrecoup leur propre sourire...  

Les prochains qui m'étaient donnés pour cette année : y avait-il vraiment à les chercher ailleurs que dans cette classe ? :-) 

 

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Illustration tirée d'une proposition du site idees-caté.com 

mardi, septembre 6 2016

Mon petit Arabe du coin

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Tête-en-l'air comme je suis, il est fréquent que je recoure aux services du petit magasin en bas de chez moi, mon voisin du dessous, un "Arabe du coin". Qui me connaît mal tique à cette appellation, qui me connaît bien en sourit tant il s'agit d'une appellation générique, presque d'une "marque", que d'un clin d'oeil à Monsieur Ibrahim et les fleurs du Coran. 

En fait, mon petit "Arabe du coin", bien plus qu'une marque ou une appellation, c'est surtout pour moi une personne, en chair et en os, ou plutôt une famille qui se relaie pour le tenir, même. Je les aime bien. 

Avant-hier, j'ai particulièrement souri : il y avait une affiche d'inscription au catéchisme sur la porte ! 

Avec mon Arabe du coin, que cela soit clair, on ne se parle pas directement religion : il est évident qu'on ne serait pas d'accord et que ce ne serait pas très intéressant de se bombarder à coups de dogmes ! Il est musulman, je suis catholique. Et c'est clair pour l'un comme pour l'autre. 

Mais nous avons appris depuis 2 ans 1/2 à faire connaissance, un peu, à chaque fois... Touche après touche, avec délicatesse. 

On ne se connaît pas très bien, non, mais nous connaissons bien nos sourires respectifs, qui existent même quand on se salue de loin de la main. Et dans ces quelques mots que nous échangeons à chaque fois affleure toujours beaucoup d'humanité. 

 Je savais quand ils faisaient le Ramadan ; 
Eux, ils savaient que j'allais aux JMJ et m'ont demandé des explications sur ce que c'était. 

Avec eux, que je vienne en mode "fonctionnaire laïc" ou en mode "catho à la croix ostensible au tee-shirt portant un message biblique", peu importe... même si je les suspecte d'ailleurs de préférer quand je porte une croix visible. 

Chez mon Arabe du coin, quand j'achète ma boîte d'oeufs que zut, j'ai oubliée en faisant mes grosses courses, on partage surtout quelques mots simples sur les petites beautés de la vie ;
Je ne voudrais pas m'avancer mais je soupçonne sérieusement le Bon Dieu d'aimer se glisser dans les sourires que nous échangeons. 

 

lundi, septembre 5 2016

Parce que Victor Hugo a dû être prof en collège

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Dieu fait les questions pour que l'enfant réponde.

"Les deux bêtes les plus gracieuses du monde,
Le chat et la souris, se haïssent. Pourquoi ?
Explique-moi cela, Jeanne." Non sans effroi
Devant l'énormité de l'ombre et du mystère,
Jeanne se mit à rire. "Eh bien ? - Petit grand-père,
je ne sais pas. jouons." Et Jeanne repartit :
"Vois-tu, le chat c'est gros, la souris c'est petit.
- Eh bien ?" Et Jeanne alors, en se grattant la tête,
Reprit : "Si la souris était la grosse bête,
À moins que le bon Dieu là-haut ne se fâchât,
Ce serait la souris qui mangerait le chat."

V. Hugo, textes complémentaires de La Légende des siècles

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