Zabou the terrible

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samedi, mars 18 2017

La prière comme liturgie de communion

"Ah ! Peut-il exister une grâce de poésie ? J'ai bien cette espérance qui m'aimante, plus tenace parfois que mes démons. Mais en elle s'infiltre aussi la soif de l'Homme, ma plus intime liturgie voudrait être la plus intime de chacun. On doit pouvoir trouver le cri des autres, rien qu'à creuser en soi un appel commun..."

Patrice de la Tour du Pin, Psaumes de tous mes temps, Paris, 1974 

mercredi, mars 15 2017

Le carême en pont de singe

 

Deux semaines de Carême : moment où l’on constate l’écart entre les envies fringantes du point de départ cendré et la réalité plus pesante de notre humanité, ô combien apprentissage d’humilité !

 

Quand les désirs de lenteur se font course,

Quand les désirs de silence se font bruit,

Quand les désirs de « moins » se font « plus »,

Quand les désirs de « plus » se font « moins »…

 

Et pourtant demeure, au-delà de nos entraînements balbutiants, le désir, intact, ce désir de Dieu mis en notre cœur qui nous a fait entreprendre la course. Grâce à lui, nous pouvons offrir :

A Toi ces imprévus !

A Toi ces pas rapides qui ne savent pas assez prendre le temps de s’arrêter,

A Toi ces paroles trop vite échangées, ces écoutes encore trop superficielles,

A Toi ces galères de mes élèves à porter,

A Toi ces silences tout de même pris, goûtés, savourés, parfois comme un peu dérobés,

A Toi ces « efforts », même ahanants, pour mieux Te servir…

 

Le carême, comme un pont de singe de notre désir de Dieu, bien mieux arrimé que tout ce qui semble bancal ;

Le carême, ce temps souvent tout bizarre et qui pourtant nous fait tout de même avancer,

Déjà passage qui nous fait mieux aimer.

 

dimanche, mars 5 2017

Que ma prière devant Toi s'élève comme l'encens

 

« Chacun de nous a en lui son holocauste, et il embrase l’autel de son holocauste pour qu’il brûle toujours. Pour moi, si je renonce à tout ce que je possède, prends ma croix et suis le Christ, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu ; ou si je livre mon corps aux flammes en ayant la charité et obtiens la gloire du martyre, je m’offre en holocauste à l’autel de Dieu. Si j’aime mes frères jusqu’à donner ma vie pour mes frères, si pour la justice et la vérité, je lutte jusqu’à la mort, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu. Si je fais mourir mes membres à toute convoitise de la chair, si le monde est crucifié pour moi et moi pour le monde, j’offre un holocauste à l’autel de Dieu et je deviens moi-même le prêtre de ma victime. »

 

Origène, Homélie sur le Lévitique, IX, 9, SC 287.

 

jeudi, mars 2 2017

Carêmencer #1

Une petite série de Carême ? Pourquoi pas... Sans savoir à l'avance si je m'y tiendrai ou pas. 

Une idée en l'air : peut-être avec quelques mots en C en lien avec le Carême et un titre "Carêmencer" qui ferait rimer Carême et ensemencer. Parce qu'il y a quelque chose de cela dans cette marche de 40 jours : comme des germes de liberté à ancrer plus fermement et plus fertilement en notre vie !  

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Le carême, c'est un tantinet comme le... 

... Correcteur (automatique) de mon iPhone, ou presque ! 

 

Pourquoi ? Je vous explique : tout à l'heure, j'écrivais un bête texto sur une histoire sordide de mon collège. Pour marquer mon embêtement, je l'agrémente d'un :-s smiley montrant mon désarroi face à l'affaire... et voilà que le correcteur automatique de mon iPhone le corrige en :-D me faisant par là-même sourire ! 

Le carême, c'est un peu comme cela : la conversion de nos grises mines en sourires lumineux... Sauf, qu'à la différence de l'iPhone, cela ne fait pas abstraction de notre liberté en corrigeant automatiquement : il faut y engager notre volonté, notre désir et le Seigneur pour que soient convertis nos moments de tristes sires en visages rayonnants de Lui ! 

 :-) 

 

mercredi, mars 1 2017

Parce que tu n'es ni sanglier, ni cendrier mais bien Fils bien aimé

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"Tu es un sanglier, tu es un sanglier" trouve-t-on dans Les douze travaux d'Astérix

Moi, parfois, le mercredi des Cendres, j'ai l'impression qu'on me dit "tu es un cendrier, tu es un cendrier" avant de m'apposer moult dose de cendres sur le haut du crâne. 

Evidemment, ce n'est pas le sens : on me colle des cendres sur la tête pour me rappeler que je finirai un jour aussi poussière que celles-ci car c'est ce que je suis, que ce serait tout de même assez bien, un jour, de me décider à me convertir... C'est bien, c'est exact, mais ce n'est pas tout. Si je m'arrête là, c'est pur volontarisme : c'est "aïe, aïe, aïe, ma finitude ! Hop, je retrousse mes manches et je me convertis ! Allez, vite, un sac, des sandales et quelques sauterelles sans miel et pas trop grillées pour ne pas donner l'impression d'abondance, je vends mes biens et je pars proclamer l'évangile dans les rues !". J'exagère, certes, mais c'est toujours une tentation aussi que celle de se poser plein de résolutions si dures qu'escalader l'Everest en comparaison serait sinécure et des résolutions dans lesquelles nous nous remuons mais en oubliant que le Carême, c'est avant tout grandir dans notre lien de filiation divine. C'est grandir dans le sens profond de cette certitude que "sans moi - sans Lui -, vous ne pouvez rien faire", c'est laisser plus de place à cette relation d'amour filiale pour apprendre à vivre en Fils. 

Si ces cendres délicatement déposées sur mon front étaient certes le rappel de ma finitude, de l'urgence de me convertir mais étaient aussi l'indéfectible souvenir du feu qui les a brûlées ? 

Si ces cendres étaient un appel à ranimer ce feu de l'Esprit Saint déposé au creux de moi, ce feu qui brûle et qui n'attend que ma vie pour l'embraser tout entière ? 

Si ces cendres étaient le signe que tout n'a pas encore brûlé dans ma vie et que je peux apprendre à laisser l'Esprit Saint crier vers le Père "Abba" pour apprendre à aimer comme Lui ? Un peu, au moins ?  

Peut-être que les Cendres qui ouvrent le carême, ce n'est pas un "tu es un cendrier, tu es un cendrier", mais bien  plutôt un appel à apprendre à vivre sous Son regard lumineux, Son regard qui ne nous dit pas que nous serions un bête sanglier cendrier mais un regard qui nous aime et nous modèle si nous Le laissons faire, sans aucune persuasion mais en toute liberté.  

Quarante jours s'ouvrent devant nous pour cela :
Seigneur, vivifie-moi par Ton Esprit Saint : qu'Il brûle tout en moi, surtout les mauvaises herbes ;
Seigneur, apprends-moi à me laisser aimer par Toi
Et redresse ce qui est faussé pour être modelée un peu plus à Ta ressemblance. 

Heureux et fructueux carême à chacun ! 

 

mardi, février 28 2017

Parce que demain n'est pas la veille mais quand même

Pour agrémenter le petit-déjeuner crêpier de Chantal ;-) 

 

Nous ne sommes encore que mardi gras mais je vous propose ce beau billet du président du Centre Sèvres qui donne plusieurs pistes pour nous préparer à ces 40 jours : pour que le feu soit vif sous la cendre ! 

http://www.femininbio.com/sites/femininbio.com/files/styles/panoramique/public/images/2012/11/feu_braise_cendre.jpg?itok=6jzU4YaT

 

Bientôt va commencer le temps du Carême. Que faire pour que ces semaines ne soient pas comme les autres, (pour nous qui fréquentons le Centre Sèvres) ? Nous savons bien que le Carême n’est pas ce temps où il faudrait s’acquitter d’un certain nombre de privations et se tenir dans l’austérité pour être en règle avec la loi. Il est le moment où nous nous pouvons prendre conscience de notre finitude, de notre incapacité à aimer par nous mêmes, et de la nécessité vitale de nous tourner vers un autre que nous. Et cela peut être vrai aussi dans le travail de l’intelligence… Nous avons besoin de tels moments pour donner sens aux temps qu’on appelle ordinaires.
Qu’allons-nous vivre durant ces jours ? Quels moyens simples pour réveiller ce qui dort en nous ? A chacun de repérer ce dont il a le plus besoin pour aller vers l’essentiel. Peut-être s’agit-il de retrouver un peu de liberté face à ce qui, dans le quotidien de nos jours, nous tient captifs, nous inquiète et nous referme sur nous-mêmes. Il n’est pas difficile de trouver là où nous avons besoin de gagner en respiration intérieure, nous rendre disponible pour autre chose, pour un Autre, pour les autres. Pas besoin de chercher très loin quel ascétisme pratiquer ; il suffit, pour être décentré, d’être attentif aux appels du quotidien.


Mettons encore une fois notre cœur, notre intelligence et notre corps en éveil, pour entendre tout ce que Dieu veut nous dire. A chacun selon son histoire, il murmurera que nous préparons Pâques dans nos vies et dans ce monde chaque fois que le partage est plus fort que la possession, le désir de fidélité plus grand que celui de tout essayer ou de tout vouloir, la liberté de conscience plus importante que l’embrigadement idéologique, l’écoute intérieure plus insistante que la cacophonie ambiante, la solidarité plus contagieuse que la solitude, la parole plus influente que l’indifférence, le pardon et le respect de la vie plus forts que la haine et la mort.


Seul, nous n’y parviendrons pas. Mais le Christ nous redit en ce début de Carême qu’il s’embarque avec nous pour nous conduire sur les rives pascales.

 

François Boëdec, président du Centre Sèvres

Original par ici >>

dimanche, février 26 2017

Tu as couvert ma honte (A. Lécu)

 

« Si la nature profonde de Dieu est la miséricorde, cela signifie qu’il ‘ferme les yeux’ sur ce qui nous éloigne de lui. Il recouvre d’un voile, d’un manteau, d’une tunique ce qu’il vaut mieux oublier. Et lui-même oublie. Le péché n’intéresse pas Dieu. Son souci, le saisissement de ses entrailles, vient de ce que nous nous préoccupons plus du péché (le nôtre et celui de notre voisin) que de lui, Dieu, et de ce qui en nous est habité, habillé par lui. » (p. 10)

 

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            J’ai profité de mon temps de retraite pour lire le splendide petit livre de Sr Anne Lécu, Tu as couvert ma honte, véritable quête, voire enquête policière, dans la Bible de toutes les pelures qui couvrent ou découvrent les personnages, comme autant de moyens d’arriver à la Révélation.

 

            On savoure l’originalité de la démarche à travers vêtements, voiles et dévoilements – qui ne sont pas polémiques ! – et l’on se sent souvent pris au cœur de la justesse des remarques : car il ne s’agit pas d’un cours méthodique du style « les peaux et vêtements dans la Bible : Jésus, premier engagé contre la fourrure animale » mais bien à l’origine d’une retraite… C’est dire si tout est porté par la prière pour porter ensuite à la prière. De nos voiles à nos nudités, il s’agit bien de se reconnaître toujours plus enfants bien-aimés du Père et c’est toujours aussi bouleversant.

 

« Après Jean le Baptiste, après l’immersion de jésus, plus personne n’aura besoin de se vêtir de peau de bête. Le cuir protégeait. Devant le Christ, nous sommes sans protection. Il est notre protection. Le temple désormais, c’est la chair de l’homme. Oui, ami lecteur, toi, moi, sommes le fils bien-aimé du Père. Définitivement ».

 

 

mercredi, février 22 2017

Ce qui demeure aujourd’hui

 

            Difficile d’oser écrire dans une telle floraison de publications et de réactions diverses… alors même que la plupart de celles-ci me mettent mal à l’aise. C’est que je demeure profondément gênée par ce qui prend le devant de la scène : la « question » du célibat (si, d’ailleurs, il s’agit vraiment de quelque chose de l’ordre d’une « question » ce qui n’est pas certain). D’un côté, les habituelles critiques faciles du célibat consacré, trop souvent ras-de-ceinture et, de l’autre, une exaltation de celui-ci qui ne me semble pas plus saine. Que l’on ne fasse pas de moi trop vite une relativiste : le célibat auquel je me suis engagée récemment pour toujours, je l’aime et j’espère de tout cœur, avec la grâce de Dieu, y être fidèle toute ma vie. Loin d’être un engagement éthéré comme beaucoup l’imaginent, il est une manière d’aimer en nous engageant avec tout notre être, notre corps comme notre cœur, d’une manière différente mais complémentaire de celle dont les époux s’aiment. Mais en même temps, il n’est qu’un moyen, un moyen d’aimer Dieu et donc chacun. Et qui suis-je pour prétendre y être fidèle toute ma vie par avance ? Qui serais-je pour ne pas trembler un peu en l’évoquant ? Quel est l’être qui n’a pas éprouvé un peu de vertige devant son « oui, je le veux » du mariage ou du célibat ? Bref, le célibat n’est pas une cuirasse, c’est une partie intégrante de mon histoire d’amour et comme tout amour vrai, il est aussi un lieu de vulnérabilité. Je pourrais en parler longtemps mais je crois justement que ce n’est pas le sujet.

 

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mardi, février 14 2017

L'oeil était dans le couloir du métro

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Ils étaient trois dans ce recoin bien en coin des couloirs de métro. Près d'eux, la foule passait, distraite, nez sur son téléphone, pressée ou en train de parler à son voisin. Eux trois, ils cachaient un truc... et ils avaient l'air complètement "défoncés" par une substance très illicite. Pas besoin de m'approcher davantage : ils étaient jeunes et avaient l'air vieux et malades ; la vie était devant eux et ils auront très certainement prochainement des soucis avec la police et, plus grave encore, avec leur santé, si ce n'est déjà le cas. Trois êtres aux vies cabossées. 

Je crois que je les ai regardés au passage avec une compassion malheureusement trop condescendante, qui m'a semblé peu chrétienne. 

Hier, à la messe, la première lecture venait de la Genèse avec l'épisode du meurtre fratricide d'Abel par Caïn et le prêtre cita dans son homélie le fameux vers de Victor Hugo : "L'oeil était dans la tombe et regardait Caïn". Que fait cet oeil, celui du Seigneur ? Bien sûr, une conception trop étroite pourrait nous faire nous mettre le doigt dans l'oeil en y voyant le regard sans merci d'un juge inquisiteur. Et si ce Dieu qui nous regardait, c'était pour nous dire qu'Il était toujours avec nous, et qu'Il nous regarde, simplement, tels que nous sommes, y compris jusqu'à "nos reins et nos coeurs" ? Parfois, Il doit avoir quelque peu une conjonctivite à supporter de voir tous nos péchés... mais je suis sûre que tout brûle dans le brasier de Son amour, dans l'incandescence amoureuse de Son regard. 

Savoir que Dieu nous regarde, sans cesse, où qu'on aille se cacher ou, au contraire, où qu'on aille vivre au plein jour, cela change tout : 
C'est tout mettre dans la Lumière de Son amour ;
C'est voir, ou plutôt regarder, vraiment car Il est la vraie Lumière qui donne relief aux actes et aux êtres...
Comme un appel à regarder comme Lui, à aimer sans condescendance, sans jugement a priori ni a posteriori,
A regarder, simplement avec la justesse d'un coeur ému aux entrailles qui fait s'élever une humble prière vers Son Seigneur. 

 

dimanche, février 12 2017

En guise de non-transition

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"Qu'importe l'occupation en laquelle Il me veut ? Puisqu'Il est toujours avec moi, l'oraison, le coeur à coeur, ne doit jamais finir." 

Ste Elisabeth de la Trinité

dimanche, février 5 2017

Quelques jours de pause

En retraite... 

Quelques jours de silence, 

Quelques jours d'écoute, 

Quelques jours d'action de grâce :

Pour que la suite se vive chaque jour davantage selon le Souffle de l'Esprit ! 

 

vendredi, février 3 2017

Ma première journée de la vie consacrée… de la loose ? 

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Aujourd’hui, 2 février, fête de la Présentation de Jésus au Temple, c’était la fête de la vie consacrée, ainsi que l’a instituée le pape Jean-Paul II il y a vingt ans. 

 

C’était la première fois que c’était vraiment « ma » fête et j’aurais bien marqué cela d’une manière ou d’une autre… 

En réalité ? Ce fut une grosse journée de travail où je n’ai même pas eu la messe - pour la seule fois de la semaine : pile le mauvais jour ! -, ni la possibilité de prier un office avec quelqu’un ou plusieurs autre(s). Les Laudes seule au réveil, les Vêpres seule tard, les Complies dans quelques instants, seule… La loose quoi pour un jour de fête ! 

 

Et puis, j’admets que, depuis quelques années, j’invitais les rares amis au courant de mon chemin à festoyer autour de quelques crêpes (d’ailleurs, lors de ma pendaison de crémaillère, on m’avait offert un appareil à crêpes : coïncidence ?)… parce que, pour tout vous dire, les amis et les crêpes, j’aime bien ça ! Là, ce soir, c’était remise de bulletins donc une fin bien trop tardive pour préparer de la pâte à crêpes et inviter des amis… la loose je vous dis ! 

 

Il faut dire que je faisais cours, dans cet état d’excitation si particulier qui précède les vacances. 

Quand la dite prof est consacrée, elle admet aimer s’échapper parfois, le temps d’une messe comme dérobée au quotidien pour savourer tout le reste. Mais là, c’était la journée paresseuse d’une prof comme l’opinion publique l’imagine si souvent : 8h30-20h30. 

Il faut dire que, ce soit, c’était remise de bulletins… jusqu’à pas d’heure. 

 

Et la remise de bulletins, ce n’est pas vraiment de tout repos. 

 

Seigneur, Tu sais, je les aime bien mes élèves mais leurs parents, ce n’est pas toujours si simple. 

Certains, la plupart même, ça va mais Tu sais bien qu’il y a aussi ces gros relous… Ces gros relous-là qui vont me prendre plein de temps par rapport à celui que je leur ai alloué et me mettre en retard, ceux-là qui vont m’accabler sous un moulin à paroles que mon tempérament sensible peine à supporter sans me sentir très mal à l’aise, ceux-là qui critiqueront tout et tout le monde et n’aideront pas leur enfant à grandir en regardant la réalité en face. 

Enfin, non, Tu ne sais pas : ce sont des gros relous mais pour moi, selon moi… pas selon Toi. 

Car Toi, Tu ne les vois pas ainsi : Toi, Tu es même le gars, enfin, Dieu capable de faire l’éloge de l’ami importun ! 

Toi, Tu aimes et Tu sais aimer : je suis mauvaise élève mais j’aime me mettre à Ton école.  

Et puis, il faut dire qu’il y aura surtout ceux-là que je sais que Tu aimes avec cette tendresse si particulière : ceux-là qui sont pauvres… pour de vrai. 

Ceux-là qui me briseront un peu plus le coeur comme à chaque fois, 

Ceux-là même qui me font prier en les écoutant. 

 

Tu sais, je ne sors jamais tout à fait indemne de ces remises de bulletins… 

 

Alors, là, pour la fête de la vie consacrée ? 

Ce n’est pas la fête que j’aurais espérée pour cette première fois où je la vis en étant tout à Toi. Je l’aurais aimée super priante, super amicale, super festive. Mais je crois qu’elle était réussie cette première fête de la vie consacrée d’une jeune consacrée : je crois que j’étais là où Tu me demandais d’être, Seigneur ; 

parce que, Toi, quand Tu rencontres les autres, c’est toujours la fête ; 

Et surtout, je suis certaine que j’y étais avec Toi et que Tu y étais avec moi. 

mardi, janvier 31 2017

Quand je change et changerai ponctuellement de crémerie

... Ça se passera par là 

journal d'une jeune consacrée

sur jeunes cathos blog 

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lundi, janvier 30 2017

Comme une pauvre tache...

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Ce moment de pause qu'est la messe du soir, après une journée bien chargée. 
Communion, ce moment où je regarde mes mains : ouille, pleines d'encre. 
C'est sûr que recevoir le Seigneur dans ces conditions, c'est pas top... Et pourtant...
Pourtant, cette encre, c'est celle de mon stylo qui fuyait tout au long de cette journée où j'ai fait passer des oraux ; 
Pourtant, cette encre, c'était juste le signe humble de mon travail, rien d'autre. 
Alors présenter ce travail au Seigneur pour Le recevoir ? 
Ce n'était pas "sale" cette tache de ma tâche, c'était comme un signe très concret qu'Il vient nous rejoindre dans ce que nous faisons, dans ce que nous sommes : 
Pour qu'Il soit, au-delà des marques disgracieuses, la seule véritable encre de mon existence, afin qu'elle s'écrive selon Lui. 

lundi, janvier 23 2017

De la prière coup de pied aux fesses

 

A l'occasion de ma consécration, j'ai notamment reçu en cadeau une très belle "vraie" icône de saint Jean-Baptiste (mon saint préféré !) qui est posée un peu rapidement dans mon coin prière en attente de sa très prochaine bénédiction. 

Hier soir, soudain, lors de mon temps d'oraison, j'ai pris conscience d'un truc en regardant mieux ce mini-oratoire encore habité d'une crèche pour quelques jours... 

Il faut que Lui grandisse.... 

"Il faut que Lui grandisse et que moi je diminue"

Ouch... Y a tout particulièrement du boulot chez moi ! :-) 

 

samedi, janvier 14 2017

Un larsen en plein sermon ou une délicieuse lecture

 

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             Comme animateurs de l’équipe des grands de l’école de prière jeunes – alias la « Swag team du Seigneur » cette année-là, formidable équipe ayant fait un remake de Bambino sur l'histoire de st François d'Assise en guise de jingle d’équipe (!!!) – nous étions trois, tous petits rigolos en notre style.

 

            De nous trois, Victor, l’auteur du volume ci-dessus c’est le seul qui n’a trop pas mal tourné – dans les deux autres, il y a un diacre en vue du sacerdoce et une consacrée… autant dire qu’ils sont restés des « petits rigolos » – et, lui, il est plutôt devenu un grand rigolo. J’ai aimé l’applaudir il y a quelques années dans un sympathique one-man-show où mes zygomatiques n’en pouvaient plus de travailler !

 

            C’est dire que j’ai aussi aimé découvrir ce savoureux livre intitulé Un larsen en plein sermon et autres moments délicieusement catholiques tant il ne peut que parler au vaste peuple catholique qui reconnaîtra dans les diverses chroniques les innombrables moments (cath-)incongrus auxquels il a déjà participé : du larsen invincible en plein sermon à l’interrogation de la quête, en passant par la pluie des Rameaux ou la file de communion. Que ferme l’ouvrage celui qui ne s’y reconnaîtra pas !

 

            L’observation est fine, le trait juste – parfois avec un peu de mordant – et les mots délicatement choisis. C’est que Victor est un amoureux des bons mots et sait se servir avec un amusement virtuose de la sapidité de la langue française. Si j'admets ne pas consonner avec quelques rares passages de son ouvrage, tel le chapitre consacré à la litanie des saints, ce que j’aime partout, outre les sourires provoqués et la constante bienveillance, c’est ce qui transparaît : bien souvent, au gré d’une phrase ou de la chute, c’est un autre Amour qui apparaît en filigrane car, dans le fond, c’est toujours de Lui qu’il est question. Il est clairement là, à habiter en nos sourires…

 

Bref, c’est aux éditions Mame et cela se déguste au fil des pages avec la finesse d’une discussion entre gens de bonne compagnie ;-)

 

dimanche, janvier 8 2017

Laisser se faire la lumière pour découvrir, pour aimer

 

Celui-là est mon élève depuis l’année dernière : fieffé garnement, à la lisière du conseil de discipline bien souvent, trop souvent…

Et, à côté de cela, des histoires familiales bien trop lourdes à porter pour un tout jeune collégien, qui serrent le cœur quand on les apprend.

Puis, en même temps, de vrais efforts et progrès depuis la rentrée, appréciables et appréciés.

 

Pourtant, il n’en demeure pas moins que, cet élève-là, il m’agace bien souvent tant il sait ce qu’il faut faire pour titiller… A moins qu’il ne le cherche même pas, c’est possible aussi.

Avec lui, j’apprends bien plus qu’avec d’autres la patience tant j’ai parfois envie de lui crier dans les oreilles !

 

Cet élève, comment va-t-il grandir ? Réussira-t-on à l’aider ?

Ce matin, à la messe, j’ai pensé à lui : quelle est l’étoile à laquelle il accrochera sa vie ?

Alors, j’ai prié pour lui.

 

Ca m’a fait penser à une scène récente.

Il faut préciser que, souvent, on me demande ce qu’il y a de changé dans ma vie maintenant que je suis consacrée : comme le lendemain, j’aurais du mal à répondre autre chose que « tout et rien ».

Mais au quotidien, dans mon travail de prof, il y a une chose qui change, foncièrement, et j’en ai pris conscience grâce à lui :

Alors que je reprenais cet élève pour la 3ème ou 4ème fois du cours, qu’il n’avait pas écouté les consignes que je venais de donner, que je commençais à sentir monter en moi un début d’énervement et que je priais quelque peu en ces termes : « Esprit Saint, viens à mon aide pour que ce ne soit pas la moutarde qui commence à me monter au nez qui réponde », j’ai été prise soudain d’une grande vague de compassion :

« Si tu pouvais savoir à quel point Dieu t’aime, toi aussi… » 

Intérieurement, je me suis mise à sourire et je crois qu’il l’a perçu :

« Et ma vie, elle est donnée pour toi, aussi » ai-je continué à penser, « peut-être même encore plus spécialement »

Je l’ai pensé, je l’ai prié : ça a redonné, à tout, la juste tonalité.

Et si la sequela Christi – la suite du Christ – à laquelle je me suis engagée, elle passait spécialement par là pour l’enseignante que je suis ? 

Don caché de soi aux élèves ; 

Apprentissage patient de l’amour, dans le cœur du Christ.

 

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Lumière, Kim En Joong

 

vendredi, janvier 6 2017

Et toi, tu intercèdes ?

 

Toujours ces moments où les intentions arrivent en pagaille, par différents biais mais toujours jusqu’au cœur ;

Toujours ces moments où tu te sens si démunie…

 

Tu portes ceux-ci par la prière des heures, avec l’Église ;

Tu portes ceux-là par ta pauvre prière de demande, toujours maladroitement.

D’ailleurs, dans le fond, parfois, tu ne sais même pas trop humainement quoi demander pour eux :

Alors, prenant tes mains, ton cœur et ton temps, tu te poses devant Lui et les déposes humblement un peu plus dans la lumière et dans le cœur de Dieu où ils se trouvent déjà.

 

Tu ne sais pas ce qu’il adviendra : mais tu sais que tu seras entendue.

Tu tenteras donc d’accorder ton âme au diapason de Sa miséricorde pour apprendre non à râler mais à intercéder : pli d’âme à prendre.

Intercéder : pour les porter, toujours plus, en Son amour.

 

« Intercéder, demander en faveur d’un autre, est, depuis Abraham, le propre d’un cœur accordé à la miséricorde de Dieu. Dans le temps de l’Église, l’intercession chrétienne participe à celle du Christ : elle est l’expression de la communion des saints. Dans l’intercession, celui qui prie « ne recherche pas ses propres intérêts, mais songe plutôt à ceux des autres » (Ph 2, 4), jusqu’à prier pour ceux qui lui font du mal » (CEC §2635)

 

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mardi, janvier 3 2017

Geneviève comme une ant(i)enne

Dans le diocèse de Nanterre, c'est fête le jour de la sainte Geneviève ! Elle est notre sainte patronne ! 

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Il y a même un propre pour les offices... Alors je me suis dit que vous partager les antiennes de ceux-ci (moins les premières vêpres) était une bonne idée car elles reflètent bien la vie de sainte Geneviève : 

 

Dès l'aube, Geneviève faisait monter sa prière vers le Seigneur. 

Saints et humbles de coeur, bénissez le Seigneur. 

Le Seigneur aime son peuple. Par Geneviève, il l'a secouru dans la détresse. 

Tenant en mains sa lampe allumée, Geneviève cheminait joyeuse à la rencontre du Seigneur. 

Fidèle servante du Seigneur, Geneviève marcha courageusement dans la voie qu'il lui avait tracée. 

Elle priait le Seigneur Dieu de la conduire à la délivrance de son peuple. 

Voici venir les noces de l'Agneau : son Epouse pour lui s'est faite belle.  

 

Et, comme un feu d'artifice résumant tout, les antiennes des cantiques évangéliques : 

 

Antienne du Benedictus : Le Seigneur a fait de Geneviève une messagère d'espérance pour tous ceux qui l'invoquent.  

Antienne du Magnificat : Etrangère au monde, aimée du peuple, consacrée tout entière au Christ, telle vécut Geneviève. Aussi le Seigneur l'a-t-il reçue au festin de son royaume.  

 

Ce qui est assez beau, c'est qu'on peut (on doit ?) se sentir concerné car, malgré sa vie qui se déroula au Vème s., Geneviève est un exemple pour notre temps troublé : femme de prière et femme d'action, elle montre que c'est tout un. Que l'une ne va pas sans l'autre. 

Alors, certes, je suis heureuse qu'elle soit désormais, par similitude de vocation, tout spécialement un exemple pour moi parce que je crois que c'était une sacrée bonne femme mais il me semble que cela marche pour chacun : le don de soi dans sa vocation propre, la prière, la foi en la puissance de celle-ci, l'attention suffisamment grande à l'autre pour percevoir les besoins et l'action, bref, la charité en actes. 

Re-bref, il s'agit de devenir, pour chacun de nous, des messagers d'Espérance de la part du Seigneur... Un voeu tout spécial pour 2017 ? :-) 

 

N.B. : Pour ceux qui ne sont pas familiers de la prière des Heures, les antiennes sont les courtes phrases qui se prient avant et après chaque psaume. 

 

mercredi, décembre 28 2016

Et je m'entête à louer ta création

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Comme une pensée d'Etty Hillesum pour temps troublés, ou pour les Saints Innocents... bref, qui semble consonner tout à fait aujourd'hui : 

 

"On a parfois le plus grand mal à concevoir et à admettre, mon Dieu, tout ce que tes créatures terrestres s'infligent les unes aux autres en ces temps déchaînés. Mais je ne m'enferme pas pour autant dans ma chambre, mon Dieu, je continue à tout regarder en face, je ne me sauve devant rien, je cherche à comprendre et à disséquer les pires exactions, j'essaie toujours de retrouver la trace de l'homme dans sa nudité, sa fragilité, de cet homme bien souvent introubable. Enseveli parmi les ruines monstrueuses de ses actes absurdes.

Je ne reste pas ici, dans une chambre paisible et fleurie, à me gaver de poètes et de penseurs à louer Dieu, je n'y aurais pas grand mérite, et je ne crois pas non plus être aussi étrangère au monde que mes bons amis se plaisent à le répéter d'un air attendri. Tout être humain a sa réalité propre, je le sais, mais je ne suis ni une illuminée, ni une rêveuse, mon Dieu, ni une "belle âme" attardée dans une interminable puberté. Je regarde ton monde au fond des yeux, mon Dieu, je ne fuis pas la réalité pour me réfugier dans de beaux rêves - je veux dire qu'il y a place pour de beaux rêves à côté de la plus cruelle réalité - et je m'entête à louer ta création, mon Dieu, en dépit de tout !" 

Etty Hillesum, Une vie bouleversée (extrait de son journal du 26 mai 1942) 

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