Zabou the terrible

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dimanche, novembre 28 2021

Vivement l’Avent ? Vive l’Avent !

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            Je crois que j’ai rarement autant attendu le beau temps de l’Avent dans lequel nous entrons. D’ordinaire, ça se vit un peu rapidement, même si j’aime marquer le changement d’année liturgique par un réveillon priant et, après, j’ai toujours besoin de quelques jours pour prendre mes marques et mettre en place mon calendrier spirituel de l’Avent. 

 

            Cette année, je crois que je n’ai jamais autant désiré l’Avent. Il ne vous aura pas échappé que nous sommes dans une grosse tourmente, ecclésiale et mondiale : les nuages sombres s’accumulent autour de nous, sur nous, auprès de nous… et l’étincelle de l’espérance semble parfois dure à garder. 

 

            Mais je crois, malgré tout, ou parfois même j’ose dire que « ça croit en moi », mieux que moi. Et ma foi m’incite à demander au Seigneur Sa lumière dans les difficultés, les galères et surtout dans les drames. Devant tous les nuages, ma foi m’incite à dire « viens Seigneur Jésus »… n’est-ce pas précisément ce grand désir que nous célébrons durant l’Avent ? Alors c’est maintenant bien le temps favorable ! 

 

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dimanche, octobre 31 2021

Lumière aimante

 

« Écoute, Israël : le Seigneur notre Dieu est l’unique Seigneur.
    Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force.

    Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.
Il n’y a pas de commandement plus grand que ceux-là.
 » 

Tiré de l’évangile de ce 31ème dimanche du TO année B

 

Mais aimer ? Aimer vraiment, cela veut dire quoi ? 

 

Ils avaient été invités dans ma famille il y a quelques jours. Lui souffrant d’une grave maladie neuro-dégénérative dont l’issue est la mort à court terme. Déjà, sa parole n’est plus articulée : on devine parfois, en faisant très attention, un mot et jamais rien de plus. Seule une personne n’a pas besoin qu’il écrive sur une tablette pour le comprendre : sa femme. Quand il s’exprime par borborygmes, elle le regarde dans les yeux et elle comprend tout, et elle traduit tout. 

 

Comme s’il y avait un langage de l’amour au-delà des mots, 

Comme un écho lointain du Verbe fait chair à l’amour plus fort que les mots, capable de se faire cri sur la croix… Amour plus fort que la mort. 

Au cœur de la nuit, j’ai contemplé bien plus qu’un langage de l’amour mais un miracle de l’amour ; 

Au coeur de la nuit, j’ai appris un peu mieux le sens du mot aimer. 

 

samedi, octobre 30 2021

Deux livres pour densifier notre prière

 

            Aujourd’hui, j’aimerais vous parler d’un dominicain et d’un jésuite : c’est vrai que ce serait un bon début de blague ou le commencement d’une féroce disputatio, mais ce n’est pas le cas ici. Je voudrais vous parler en réalité de deux ouvrages lus récemment qui me semblent importants à ouvrir pour faire gagner en épaisseur notre réflexion sur les abus dans l’Église. De plus, ils sont venus densifier certes ma pensée mais également ma prière ces derniers jours car ce sont avant tout deux livres de croyants, nous faisant nous tourner résolument vers l’espérance. 

 

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jeudi, octobre 28 2021

Et de l’écoute, et des victimes (suite et fin du précédent)

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Vous connaissez probablement ce petit aphorisme sans prétention mais juste de Bernard Werber : « Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous avez envie d'entendre, ce que vous entendez, ce que vous comprenez... il y a dix possibilités qu'on ait des difficultés à communiquer. Mais essayons quand même ». 

 

Ce n’est pas si simple mais essayons car il y a tout de même des paroles particulièrement centrales à écouter ces temps-ci : celles des victimes. J’ai l’impression de l’avoir répété à de nombreuses personnes ces derniers jours : je crois que beaucoup de choses changent dans notre relation à ce qui est dit dans le rapport de la CIASE quand on a eu, une fois, ou plus, l’occasion d’entendre une victime. Parce que notre cœur est alors déjà attendri, plus disponible, moins engoncé dans la graisse de sa sécurité tranquille. 

 

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mercredi, octobre 27 2021

Parole, paroles...

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            Pour une fois, il m’est arrivé de signer une tribune publique avec les autres initiateurs de la mobilisation #AussiMonEglise #MyChurchToo, tribune à laquelle nous avions convié quelques-uns de nos amis catholiques, divers dans leur sensibilité et dans leurs engagements respectifs. Parce que, comme je l’ai exprimé déjà autrement ici, quoique la situation ne change rien à ma foi ni en Dieu ni en son Église, je suis tristesse et colère et je souhaite que ce drame puisse être saisi pour mieux avancer ensemble. Cette tribune peut se lire par ici sur le site de La Croix : https://www.la-croix.com/Debats/rapport-Ciase-une-commission-independante-suivi-incontournable-2021-10-26-1201182310 

 

            Si je conçois qu’on ne soit pas d’accord avec celle-ci – encore qu’il me semble que nos propositions ne sont globalement que des éléments de bon sens, actant le rapport et proposant de tracer des pistes bien plus que d’en imposer mais bon, soit – je suis surprise de la virulence avec laquelle certains incitent, face à celle-ci et de bien des manières, au silence comme cela avait déjà été le cas face au lancement du hashtag. 

 

            Peut-être cette incitation ouvre-t-elle à une suggestion plus large : et si l’une des clés dans notre situation était de réussir à retrouver un usage plus ajusté de la parole dans notre Église, ne craignant pas de « mal dire » mais bien plutôt de nous taire, a fortiori si c’est quelque chose de lourd que nous portons dans le cœur. Je ne m’en exclus pas : moi aussi, souvent, bien trop souvent, dans l’Église, je me tais et ne dis pas ce qui pourrait être dit. 

 

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mardi, octobre 19 2021

Jésus, Tu sais

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(Le Christ de la cathédrale de Saint-Flour, Photo P.M. sur le site http://www.cantalpatrimoine.fr/

 

Ces temps-ci, aux représentations trop glorieuses du Christ, j’aurais envie d’ajouter quelques balafres sur le visage pour me rappeler davantage qu’il porte en Lui, en et sur son corps, les blessures de toutes les victimes, particulièrement celles révélées par le rapport Sauvé, et toutes les autres que nous ne connaissons pas. 

 

Parce que c’est la contemplation du Crucifié qui, dans cette nuit, nous aide à tenir et à avancer. 

 

Peut-être même que Le représenter défiguré nous aiderait, 

Pas pour entrer dans un dolorisme sanguinolent ; 

Mais pour nous aider à prier en vérité ; 

Mais en conservant son regard, un regard aimant d’amour vrai :

Celui qui s’est doucement posé sur le jeune homme riche ;

Celui qui a cherché la femme hémoroïsse dans la foule ;

Celui qui s’est posé sur Pierre au moment de son reniement ;

Celui qui s’est levé au ciel vers Son Père pour demander « pardon » parce que nous ne savions pas ce que nous faisions… parce qu’encore trop souvent nous n’avons pas su ou voulu savoir ce que nous faisions. 

 

Le vendredi saint, lors de la vénération de la croix, quand on pouvait encore le faire sans contraintes sanitaires, j’aimais embrasser les pieds du Crucifié. 

 

Je crois qu’aujourd’hui, j’aimerais carrément l’enlacer de mes bras et déposer une bise sur Son visage défiguré, comme j’ai envie de le faire avec les victimes, 

Parce que j’ai du mal à trouver des mots qui ne soient pas trop petits ; 

Parce que j’ai du mal à prier en ce moment autrement qu’avec ces simples mots : 

 

Jésus, Tu sais…

 

Pardon.

Merci.

Je T’aime. 

 

 

 

lundi, octobre 11 2021

Tenir ensemble

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L’un des enjeux ordinaires de notre vie chrétienne est de réussir à tenir ensemble la contemplation et l’action : la prière qui est la source de toute action et l’action qui vient en retour nourrir la prière. Cercle vertueux mais surtout cercle fructueux de vie, nourri en Dieu pour aller vers Dieu ! Cependant, il suffit d’un rien et le déséquilibre s’enclenche.

 

Dans les temps houleux que nous traversons, le risque de déséquilibre est encore plus fort. Or, je crois que ce « tenir ensemble » s’applique encore plus largement pour qu’aucun pôle ne soit dilué ; pour nous maintenir en tension, inconfortable mais féconde : 

 

Tenir ensemble l’écoute des victimes et l’action concrète ;

Tenir ensemble la vérité et la charité, la compassion et la colère ; 

Tenir ensemble le silence de la sidération et les cris indignés ; 

Tenir ensemble la réalité dramatique des chiffres et l’espérance, malgré tout ; 

Tenir ensemble la réalité du péché et notre appel commun à la sainteté ; 

Tenir ensemble le désir de réparation du passé et l’obligation absolue de sécuriser autrement l’avenir ; 

Tenir ensemble la volonté de se confronter à la vérité en lisant le rapport de la CIASE et l’horreur absolue qu’elle engendre provoquant le dégoût ; 

Tenir ensemble l’urgence de la réception du rapport et la nécessité du temps humain de discernement, de réflexion et de concertation ;

Tenir ensemble l’urgence des réformes à réaliser et le temps long ; 

Tenir ensemble les recommandations de la CIASE et les données de notre ecclésiologie ; 

Tenir ensemble le respect de la charge épiscopale et la nécessité que s’exprime le sensus fidei de chaque fidèle, même – et surtout ? – s’il est poil à gratter ; 

Plus largement tenir ensemble toute l’Église ; 

 

Car « tenir ensemble », 

C’est tout tenir ensemble, 

Mais c'est surtout tenir tous ensemble :

Victimes et complices, clercs, consacrés et laïcs, hommes et femmes, progressistes, mainstream et traditionnalistes… 

 

Tenir tous ensemble, en Église ; 

Tenir tous ensemble, dans le Christ ; 

À la recherche d’une communion vraie, d’une unité qui ne soit pas univocité mais qui s’écrive en symphonie : 

Nous tenir ensemble au pied de la croix, pour tenir ensemble.

 

dimanche, octobre 3 2021

 Ça pleure à l’intérieur

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            Ça pleure à l’intérieur : depuis quelques jours, j’en fais le constat. Je n’ai jamais réussi à trouver de meilleure expression pour désigner des larmes qui ne se voient pas, qui sont tout intérieures et qui me donnent l’impression de ne même pas venir de moi. Cela m’arrive toujours face aux situations de souffrance les plus fortes : je n’arrive plus à pleurer physiquement, ça vient me toucher au plus profond de moi-même et ça pleure plus intensément que l’amertume salée ordinaire de mes larmes. Je me dis, parfois, que c’était cela dont il est question quand il est écrit dans l’évangile que Jésus est saisi aux entrailles, qu’il est bouleversé et pris de compassion tendre : mais, pour lui, Amour incarné, Visage de la miséricorde du Père, c’est cela devant chacune de nos souffrances. 

 

            Ça pleure à l’intérieur : le rapport de la CIASE, si nécessaire pour vivre dans la Vérité qui, seule, nous rendra vraiment libres et ajustés à Dieu, va sortir et tout indique qu’il est cataclysmique. Et les agresseurs comme les agressés sont de ma famille, l’Église, que je le veuille ou non : ces drames ont eu lieu dans ma famille, dans notre famille. Tous nous sommes concernés et il faudra éviter de se défausser trop vite d’une responsabilité. En Église, c’est-à-dire en famille, nous sommes tous dans le même bateau, même s’il semble s’agir en apparence du cousin éloigné bizarre qui a fait de la prison ou de l’oncle à la mode de Bretagne qui donne l’impression de ne faire que pleurnicher ou cracher sur la famille. Toute victime est de ma famille est j’ai à lui demander pardon ; tout agresseur et complice en couverture ou en silence est de ma famille et j’ai à prier pour lui, aussi dur cela soit-il. Il en va de la véracité de notre foi chrétienne qui ne se vit jamais tout seul.

 

            Ça pleure à l’intérieur et je n’ai pas les mots, même si j’en jette de nombreux sur le papier depuis quelques jours pour les supprimer immédiatement après. Ma prière est silence, simple présence, simple regard devant Lui car j’ai peur, aussi, des propos lénifiants ou des explications qui se voudraient trop rapides à ce sujet, dans la société comme dans la prière. Seigneur, Toi, Tu sais… 

 

Ca pleure à l’intérieur, ça me dérange, ça me trouble, ça me fait mal, aussi, mais qu’est-ce que ce petit dérangement de rien ? Cette douleur et ces larmes sont justes, elle ne sont qu’un maigre écho face aux cris de la multitude des victimes et nous avons, je crois, à accepter d’habiter cet inconfort, ce lieu dont on aimerait fuir pour retrouver un cocon plus rassurant de solutions ou d’ennemis communs à désigner comme boucs émissaires seuls responsables. Pourtant c’est la fuite de la réalité qui serait le pire ennemi. Habiter l’inconfort et nous retrouver en famille, un peu perdus, hébétés, sans juger les réactions : certains pleurant, d’autres criant leur colère en renversant certains pans de notre Église, certains même s’éloignant pour un temps parce que c’est trop dur. 

 

Ça pleure à l’intérieur et il est de notre devoir de garder ce temps sans mots articulés afin d’être capables de reconnaître, en vérité, comme certains après la deuxième guerre mondiale avec effarement « et dire que nous sommes capables de telles choses » ! Il faudra aussi probablement du temps pour retrouver la saveur de la légèreté d’une vie en Église sans dissonance. 

 

Mais, en attendant ce moment qui semble encore bien lointain, il y a un centre de gravité qui me semble à recevoir et à vivre. Ce centre de gravité pourra être de regarder, simplement, fraternellement, amicalement et pauvrement le Christ en croix, étant chargés du nom des victimes. J’ai en tête les mots du théologien Jean-Baptiste Metz devant la Passion : « Son cri en croix est celui de tous ceux que Dieu a abandonnés, mais qui pour leur part n’ont jamais abandonné Dieu. Face à la divinité de Dieu, Jésus tient bon. Dans l’abandon à Dieu sur la croix, il affirme un Dieu qui est autre et autre part que l’écho de nos souhaits, si ardents soient-ils ; un Dieu qui est plus et autre qu’une réponse à nos questions, quelques rudes et passionnées qu’elles puissent être. » (Memoria Passionis, Cerf, 2009, p. 30) 

 

            C’est de cette contemplation en vérité que pourront jaillir nos actions et probablement rejaillir une foi, une espérance et une charité véritables, passées au crible et au tamis de la souffrance et du péché des hommes. 

 

dimanche, septembre 26 2021

Comme une invitation ouverte et urgente à la prière

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            Ce dimanche, nous entendions dans l’évangile du jour : 

«  Celui qui est un scandale, une occasion de chute, pour un seul de ces petits qui croient en moi, mieux vaudrait pour lui qu’on lui attache au cou une de ces meules que tournent les ânes, et qu’on le jette à la mer. » 

 

            Difficile, si l’on suit l’actualité de l’Église, de ne pas penser au fameux rapport de la CIASE sur les abus sexuels dans l'Eglise qui sera rendu public le 5 octobre prochain… et de ne pas se rappeler également que l’évangile de dimanche dernier invitait lui pour sa part : 

 

«    Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit :
    « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » » 

 

            Des horreurs seront révélées qui, peut-être, nous feront avoir la tentation de détourner les yeux ou de nous faire dire qu’on parle trop de cela. Il est probable que la honte ou la peur nous tenaillent alors et que nous préférions nous occuper d’autres sujets, plus calmes, plus doux. 

 

Mais Jésus nous invite à mettre le « petit » au centre, qu’il soit enfant ou victime, pas à le renvoyer aux périphéries dont il vient, pas à hurler seulement, pas à le cacher sous un aspect plus riant, pas à lever simplement les yeux au ciel. Avec le Christ, nous avons à nous faire proches, même si cela nous écorche dur en retour : oui, il va falloir accueillir ces révélations et les garder au cœur de notre vie d’Église et, aussi, de notre vie de foi. 

 

            Parce qu’il faut que nous ayons ce courage, le twitto O’Brother op a lancé une chaîne de prière, un peu sur le type neuvaine mais en vrai, on fait comme on veut et comme on peut pour la réception de ce rapport en Église jusqu’au 5 octobre. 

 

Je m’y joins et, si le cœur vous en dit, je vous invite à faire de même. Rdv dans l'union de prière ? 

 

 

Voici le lien pour retrouver tout son texte d'intention de prière : https://pastebin.com/pser1vi7

samedi, septembre 25 2021

Maux d’espérance

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            Ceux qui m’ont connue du temps de mes études littéraires ou avec qui j’ai discuté littérature un peu sérieusement connaissent mon goût pour le xixe s. et, parmi les auteurs de ce siècle, pour ceux que l’on regroupe commodément sous l’étiquette des « antimodernes » : pas pour leur propos mais pour leur style inimitable (Baudelaire, Huysmans, Barbey d’Aurevilly et Bloy demeurent mes insurpassables favoris). Alors quand, au gré d’un parcours d’accompagnement à Baudelaire et aux Fleurs du Mal, je peux me faire un peu plaisir dans le choix des textes, j’aime bien faire découvrir aux élèves le poème « Aux modernes » de Leconte de Lisle, critique virulente de la modernité mais tellement belle ! 

 

Vous vivez lâchement, sans rêve, sans dessein,
Plus vieux, plus décrépits que la terre inféconde,
Châtrés dès le berceau par le siècle assassin 
De toute passion vigoureuse et profonde.

 

Lire tout le poème par ici >>

 

Ca « clashe » fort comme aiment le dire les élèves. J’aime bien le proposer en « devoir maison », moyen pour moi de vérifier en début d’année si les élèves ont bien compris d’une part les révisions sur la versification, d’autre part de vérifier par quelques questions comment ils réagissent face à un texte inconnu.

 

Ma dernière question est la suivante « ce texte est-il actuel selon vous ? » les invitant à un regard personnel et argumenté sur le texte. Si j’avais déjà eu des parallèles sur l’importance forte de l’argent aujourd’hui, c’est la première fois que j’ai tant de réponses portant sur l’actualité du texte quant à la crise écologique, faisant référence à la 3ème strophe du poème : 

 

Hommes, tueurs de Dieux, les temps ne sont pas loin
Où, sur un grand tas d'or vautrés dans quelque coin,
Ayant rongé le sol nourricier jusqu'aux roches,

 

            Mais ce n’était pas seulement « c’est pareil, m’dame » : beaucoup m’ont écrit que la mort qui régnait dans ce poème était celle qui rôdait dans notre monde, dans une crise climatique pouvant aller jusqu’à l’extinction de l’homme et qu’ils en étaient inquiets. 

 

            C’est la première fois de ma vie de prof, je crois, que je lis des textes aussi désespérés et apeurés face à l’avenir. L’angoisse qui les étreint ne m’est pas étrangère mais, comme chrétienne, j’ai choisi et tente de choisir au quotidien l’espérance, cette vertu théologale qui est don de Dieu, celle qui nous fait rester dans la nuit et croire que Dieu, malgré tout, est bien là. 

 

            Quid en contexte de laïcité, en dehors de rester là, malgré tout à son tour ? Je n’ai pas de réponse sinon, bien évidemment, de les inviter à l’action si urgente mais pour le reste ? Je pense qu’un travail de l’année pourra être, en plus de la préparation du bac de français, une invitation non pas à chausser des lunettes roses bisounours devant un monde qui va réellement mal mais peut-être d’oser initier leur regard à voir les graines minuscules d’espérance, les petits actes lumineux qui restent dans le monde et nous aident à voir clair, en contraste, et à élargir les petits cercles où une lumière vacillante se diffuse et se répand, et cela même si c'est de nuit.  

 

lundi, septembre 20 2021

Au café de Sèvres, le mystère de la Trinité

20 min pour mieux entrer dans le mystère de la Trinité ! Bonne écoute ! 

mercredi, septembre 15 2021

De l'accueil

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            Chaque année, je me demande « comment vais-je les accueillir ? ». Car il y a toujours une part de tentation à plaquer ce que l’on sait déjà, à reproduire des comportements, à assimiler des élèves nouveaux à des élèves anciens – a fortiori quand on a déjà eu le même élève ou, peut-être pire, le grand frère ou la grande sœur –, à des « types » prédéfinis dont on saurait déjà comment ils fonctionnent… Une tentation même inconsciente, alors qu’il faudrait réussir cet accueil inconditionnel, toujours apte à laisser surgir la nouveauté d’un être neuf ou, simplement, grandi. 

 

            Pour cela, il convient de préparer nos cœurs et, pour un prof chrétien, cela passe certainement par la prière, notre attitude générale contre ce qui nous agace rapidement – mais si ce comportement précis-là que vous ne supportez pas et que les élèves utilisent pour vous faire tourner en bourrique –, notre forme physique aussi puisqu’il est plus difficile d’accepter l’autre quand nous nous retrouvons fatigués et d’humeur ronchon. 

 

            Il y a tout cela qui est essentiel et puis il y a la part de matériel qui n’est pas uniquement de l’accessoire. Cette année, dans mon lycée, les effectifs ont très sensiblement augmenté mais les salles sont restées de la même taille et aucune table, ni chaise, n’a pour l’instant été ajoutée. Aussi, à chaque début d’heure, y compris le jour de la pré-rentrée, il faut aller jouer aux voleurs chez les profs voisins qui, souvent, souffrent du même problème tandis que les profs qui ont un demi-groupe se trouvent dévalisés. On perd du temps sur le programme, certes, mais ce qui me semble encore plus grave, c’est bien le message implicite : tu es de trop, tu n’as pas ta place. Je trouve cela terrifiant.  

 

            Dans les lycées de banlieue, déjà, trop souvent, les locaux sont laids, mal entretenus, trop étroits et l’on y crie, et l’on s’y bouscule, et l’on a tendance à dégrader davantage ce qui l’est. Et l’on ne peut avoir de salle propre à une classe ou à un prof tant nous sommes nombreux : tout le monde bouge tout le temps. Le dynamisme ainsi créée pourrait être bénéfique mais il contribue aussi à ce que personne ne se sente vraiment habitant et responsable des lieux qu’il ne fait que traverser : tu es de trop, dans un lieu où ta présence semble si peu importer. Alors, comment accueillir ? 

 

La règle de St Benoît demande à ce que chaque hôte soit accueilli comme le Christ. Pour nous, profs, si nous voulons accueillir dans cette même perspective avec les moyens qui sont les nôtres, il ne reste que nos regards bienveillants, que nos mots pour encourager et que nos mains vides qui font du mieux qu’elles peuvent, même si c’est de bric et de broc. Comme un appel à tendre les mains vides vers Lui pour, à défaut d’offrir une hospitalité digne du Christ, dire avec vérité et charité ce qui doit être fait et apprendre à connaître et à espérer en chacun, pour un bout de chemin. 

 

 

 

mardi, septembre 14 2021

Dans une semaine, au Café de Sèvres

"Eh oui, c'est la reprise !" De nombreuses choses à vous partager sur la rentrée mais en attendant, pour ce soir, voici le lien annonçant la reprise du podcast "Café de Sèvres" pour sa saison 2, le podcast du Centre Sèvres - facultés jésuites de Paris pour le lundi 20 septembre prochain. 

J'aurai le plaisir de vous y retrouver une semaine sur deux, en alternance avec ma collègue Claire en charge de la philo autour d'un enseignant et d'un de ses enseignements de ce très beau lieu d'études. Bref, un podcast de 20 min par semaine pour nourrir votre foi, votre intelligence et votre coeur ça ne se rate pas ! 

Abonnez-vous pour ne rater aucun épisode et rdv lundi prochain pour parler du "mystère de la Trinité" : je vous promets que ça vaudra le détour ! :-) 

 

 

 

mardi, août 31 2021

Neutre malgré tout, croyante malgré tout

 

En cette veille de rentrée, j’aurais beaucoup à écrire, tout comme sur ces dernières semaines d’ailleurs, où bien souvent le Seigneur est venu me rejoindre là où je ne L’attendais pas.

 

Mais, puisqu’une rediffusion sur twitter m’en donne l’occasion, Le Monde a publié le 15 août dernier, dans sa rubrique « le monde des religions », un reportage sur les vierges consacrées https://www.lemonde.fr/le-monde-des-religions/article/2021/08/15/catholicisme-qui-sont-les-vierges-consacrees-epouses-mystiques-du-christ-sans-etre-religieuses_6091472_6038514.html Si les réactions côté catholiques furent plutôt bonnes, les commentaires de la page Facebook ou les commentaires de la page online du journal furent assez négatifs et moqueurs.

 

Dans ceux-là, évidemment, il y avait les moqueries à caractère sexuel sur le nom de notre vocation (hilarantes… comme si personne ne les avait jamais faites), ceux qui n’avaient pas lu l’article et commentaient à partir de quelques mots, et, évidemment, un certain nombre qui, en voyant « catholicisme », se sentaient tellement supérieurs qu’il fallait absolument critiquer l’article. Pour ces trois derniers cas, il me semble que la réponse rationnelle ne s’impose pas.

 

En revanche, un nombre non-négligeable de fois, des commentateurs plutôt « anti » se sont émus du fait que j’enseignais et ce dans le public. Comment peut-on donc lui permettre d’enseigner ! Comment confie-t-on encore des enfants à cette illuminée ! Outre le fait que j’espère bien devenir toujours davantage une « illuminée » de l’intérieur pour diffuser par ma vie la lumière du Seigneur, il y avait une question plus profonde, m’interdisant dans le fond d’enseigner de manière « neutre » à des élèves.

 

C’est, tout d’abord, comme dans de nombreux autres débats sur les « profs », dénier le droit à l’enseignant d’être formé, et dans sa matière initialement, et en ayant passé un concours qui valide - certes imparfaitement mais tout de même - son aptitude à enseigner.

 

Pour le reste, c’est la question de la neutralité qui est en jeu. Pourquoi un professeur croyant et pratiquant sa foi serait-il moins apte à la neutralité qu’un autre ? Pourquoi faut-il davantage nous soupçonner ? Quand on m’interroge à ce sujet, j’aime dire qu’on pourrait avoir mis un micro dans ma classe tout au long de ces années d’enseignement sans m’entendre pencher d’un côté ou de l’autre, restant la plus neutre possible quand nous travaillions avec les élèves des extraits de textes religieux et, encore davantage, en étant infiniment respectueuse des croyances ou non-croyances de mes élèves. Et je crois qu’ils m’en savent gré.

 

Je ne mets jamais ma foi en veille… c’est d’ailleurs plutôt elle qui veille sur moi ! Bien plus encore, à chaque entrée de classe, je puise dans celle-ci mes attitudes pour qu’elles soient toujours plus justes mais jamais je n’y emploie un discours sur la foi qui n’a pas sa place dans un établissement public. Il serait temps de se dire que les religions, y compris le catholicisme qui semble ne jamais épuiser son « passif » dans notre pays » peuvent heureusement contribuer pour leur part à un vivre-ensemble apaisé, dans une neutralité de paroles et un approfondissement, chacun, de ce que notre foi nous invite à vivre au service des autres.

 

C’est une des nombreuses choses que je nous souhaite, à tous, en cette rentrée !

 

lundi, août 9 2021

Ste TB de la Croix

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            Hier soir, en regardant s’il y avait une fête le lendemain, je me suis rappelée que le 9 août, nous célébrions sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix ou Édith Stein au civil, co-patronne de l’Europe, une philosophe carmélite victime du nazisme. 

 

            Distraction de prof, j’ai pensé que son nom de religion s’abrégeait en T.B., abréviation professorale courante pour dire « très bien » qu’on se prend finalement à utiliser n’importe quand à l’écrit – c’est devenu un de mes SMS habituels avec « ok » et « super » ! Je me suis dit en outre que cela collait très bien avec la suite de son nom « de la croix » : qu’y a-t-il de « très bien » sinon la croix ? Mystère d’amour qu’on ne cesse de contempler mais aussi sombre profondeur de l’iniquité humaine qui conduit à cela : abysse du mal auquel répond le sommet de l’amour qui s’offre. Aussi, c’est vraiment face à cette croix que nous pouvons glisser toutes les horreurs de notre monde : elle est le TB ultime de toutes nos vies et appel à notre conversion. 

 

            Cette simple remarque vient de prendre une épaisseur supplémentaire à l’annonce de l’assassinat d’un prêtre ce matin et à la lecture des premières réactions sur les réseaux sociaux. Si la justice doit faire son œuvre de clarté et de recherche de responsabilités et de culpabilités, nous chrétiens, outre la prière pour l’agressé mais aussi pour l’agresseur, n’avons pas à laisser la colère nous habiter mais à contempler l'amour qui s'offre inconditionnellement. Car, avant tout, ce religieux a vécu l’accueil et le don de lui-même jusqu’au bout : exemple, à la suite d’un certain homme en croix, un homme nommé Jésus qui l'avait fasciné au point qu'il choisisse de Lui donner toute sa vie. 

 

            Sainte Thérèse-Bénédicte de la croix, justement, l’écrivait ainsi, en ce qui sonne comme un vigoureux rappel : 

 

« Pour le chrétien, il n’y a pas d’étranger ; le prochain est toujours celui qui se trouve devant nous et qui a le plus besoin de nous – qu’il soit parent ou non, que nous le trouvions sympathique ou non, qu’il soit ou non moralement digne de notre aide. L’amour du Christ ne connaît pas de limites, il n’a pas de cesse et n’est rebuté ni par la laideur, ni par la saleté. » 

In La Crèche et la croix

 

 

dimanche, août 8 2021

En plan, recevant le pain

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            Aujourd’hui puis toute la semaine, nous aurions dû lancer et vivre une marche pèlerine en groupe comme tous les ans : pas tout à fait le même principe qu’à l’ordinaire en Italie mais en France, non dans la suite du chemin d’Assise du fait de l’épidémie mais sur un autre chemin de pèlerinage. Nous avions prévu un plan B qui envoyait tout de même du rêve… Cette même épidémie nous a contraints à annuler : trop peu d’inscrits suffisamment en avance et trop de contraintes pratiques et sanitaires. Nous avions prévu de vivre et de faire vivre un « chemin de création et de désert », appuyés sur la lecture du cycle d’Élie : alors il est vrai que cela faisait quelque chose d’entendre la 1ère lecture de ce dimanche tirée de ce même cycle, en 1 R 19, 4-8. 

 

            Élie, fuyant l’horrible reine Jézabel, marche dans le désert, sans doute ce que nous aurions dû faire… et pourtant n’est-ce pas plutôt un symbole de la situation qui nous étreint non si nous avions marché mais bien aujourd’hui, découragés, sans trouver l’oasis bienfaisante dans un monde à la marche claudicante ? Comme tant d’autres organisateurs, à divers niveaux, nous avons dû annuler un projet où nous avions mis du nôtre et nous nous retrouvons en plan, nous demandant quand sera le retour d’un temps plus riant. Pour ce projet, comme de nombreux autres depuis plus d’un an, il peut nous arriver de récriminer ou de nous assoir, sans envie, sans voir un sens à tout cela. 

 

C’est donc bien dans ces circonstances que nous pouvons davantage nous identifier au prophète et à son ras-le-bol ! Mais c’est justement en ces lieux qui ne sont pas seulement désertiques mais carrément marqués par la mort que le Seigneur vient nous retrouver, nous faisant nous lever et manger car « il est long le chemin qui nous reste ». Depuis plus d’un an ½, rien ne se passe comme prévu mais nous continuons de prier chaque jour ou au moins à chaque messe le Notre Père, Lui demandant de nous donner le pain quotidien. Alors je crois, profondément et intensément, que le Seigneur, même dans ces imprévus, vient nous redire de nous nourrir car le chemin est encore long : à nous de discerner et d’accueillir ce que Sa grâce veut nous donner en chaque méandre de l’inattendu pour vivre pleinement, fortifiés par Lui. 

 

Illustration : icône de l'atelier St André

vendredi, juillet 30 2021

Femme du Vème s., Femme actuelle

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            Les vacances aidant, j’ai enfin lu Geneviève mystique et femme d’action de Delphine Pasteau, livre paru fin 2020 aux éditions de l’Emmanuel avec une préface de Mgr Rougé. Pourquoi en faire soudain un billet alors qu’il y a moult livres en cours de lecture durant mes vacances aux sujets probablement plus funky et surtout plus récents ? Parce que sainte Geneviève, voyez-vous, elle fait partie de mes chouchous du ciel… En fait, pour nous les vierges consacrées, elle est un peu notre grande sœur, vierge consacrée elle-même et notre sainte patronne. Alors quand en plus on est du diocèse de Nanterre dont elle est originaire et dont elle est la sainte patronne et qu’on a été consacrée dans la cathédrale qui porte son nom, à proximité de son puits… elle compte vraiment plus qu’un peu ! 

 

            Voici donc un livre sur Geneviève de Nanterre, cette femme du Vème s., si éloignée temporellement de nous et que cet ouvrage souhaite nous rendre si proche ! En effet, il ne s’agit pas là d’une simple réédition de sa Vita, hagiographie écrite quelques années après sa mort, mais bien certes d’un récit biographique qui ose mêler réalisme politique, foi profonde et légende merveilleuse sans choisir car l’auteur nous raconte, avec simplicité, l’histoire d’une femme aux pieds bien sur terre mais le cœur ancré dans le Seigneur, qui donne sens à tout le reste. Et nous, lecteurs, sommes invités non à nous situer en historiens ou en sceptiques mais bien à nous mettre, en disciples, à l’écoute de ce récit. 

 

            Car si sainte Geneviève a eu une influence incroyable, elle est surtout une vraie amie du Seigneur ou, devrais-je écrire, une véritable amoureuse du Bon Dieu, Lui ayant dit un profond « oui » depuis son plus jeune âge. Alors, forcément, si le fait qu’elle a sauvé Lutèce à plusieurs reprises et qu’elle a aidé à la conversion des Francs au christianisme compte parmi ses hauts-faits, ce qui transparaît aussi, c’est la révélation de son secret le plus profond : sa prière. C’est en effet cette amitié entretenue continuellement avec le Seigneur qui permet à tout le reste de se déployer : n’est-ce pas une invitation pour chacun de nous à faire de mêmes ? 

 

            Effectivement, s’il est bon de faire de nos saints favoris nos intercesseurs, il est également important de voir en quoi ils peuvent nous inspirer, par leur vie, pour la nôtre vécue aujourd’hui. Or, c’est là la grande force de l’ouvrage qui porte comme sous-titre « une coach pour la vie » : chaque chapitre se termine par une actualisation bien pensée pour nous inspirer de la vie de sainte Geneviève en nous montrant combien elle est un exemple pertinent pour aujourd’hui, une vraie femme actuelle, de prière et d’action. De plus, sa vie n'a pas été un long fleuve tranquille, malgré la Seine et ses méandres et le récit ne passe pas sur les accrocs rudes par lesquels elle a dû passer. De quoi nous entraîner à prier et à servir, bref à aimer ! Si le compte twitter de Ste Geneviève (https://twitter.com/stegenevieve2n/ suivez-la si vous ne le faite pas encore, elle est sympa) est une autre manière de le faire en ce prolongement du jubilé de la sainte, ce livre vous offrira quelques autres pistes et fera certainement de vous de nouveaux amis de Ste Geneviève : méfiez-vous, elle est vraiment attachante et vous risquez bien de vous prendre à l’aimer 1600 ans plus tard ! Puis, avec elle, de mieux aimer le Seigneur !

 

D. Pasteau, Geneviève mystique et femme d'action, Emmanuel, 2020

samedi, juillet 10 2021

La croix clé des cœurs

Un truc que j’aime bien en pèlerinage à pieds, c’est que cela ôte tous les oripeaux dont nous nous couvrons habituellement. Nous sommes juste nous-memes. Quand je pèlerine, je ne présente ni mon identité de consacrée, ni mes titres universitaires, je ne suis que cette personne de passage – qui en plus, reconnaissons-le n’est pas super présentable en arrivant : un pèlerin c’est rayonnant… mais c’est sale et ça pue ! 

 

En revanche, j’ai toujours une croix ostensible autour du cou en pèlerinant : elle n’est pas oripeau, elle dit mon identité la plus profonde. 

 

Alors c’est vrai qu’elle peut mener à dire que je suis consacrée mais en général, en pèlerinage, elle permet avant tout d’engager la discussion sur des sujets plus profonds, plus essentiels, voire directement sur la foi. 

 

Hier soir justement, j’ai bénéficié d’un accueil exceptionnel dans un petit village reculé. Un homme d’un âge très vénérable m’a accueillie chaleureusement : il n’y avait qu’une seule nuit libre dans son gîte de tout l’été, celle-ci. « La Providence certainement ! »

 

Quand je fis quelques pas dehors après ma douche et un peu de repos, il me fit faire le tour du propriétaire avec sa terrasse magnifique à la vue exceptionnelle. Et puis regardant encore ma croix il me dit « ça vous ferait plaisir de voir la chapelle ? ». Acquiesçant, il me montra le four à pain, entièrement remanié à l’intérieur pour en faire un superbe oratoire. Il m’expliqua le sens de chaque objet et je trouvai beau que le crucifix soit au-dessus de l’ancien endroit de cuisson du pain et puis il me parla de sa dévotion. C’était très beau… et nous continuâmes un peu à discuter. 

 

Comme quoi, une simple petite croix peut être la clé des cœurs ; et cela est bon.

mercredi, juillet 7 2021

Fermer la porte de chez soi

Ce matin, j’ai claqué la porte de chez moi. Ou. tout au moins, je l’ai refermée un peu fort après avoir couru partout pour clore le maximum de choses… et puis il a fallu s’arrêter, et puis il a fallu sortir et fermer cette porte. 

 

Si j’ai toujours du mal à préparer mes affaires pour partir, il est un instant de liberté à ce moment-là, où l’on s’élance vers le temps différent et moins réglé des vacances et où l’on ferme très concrètement l’année scolaire. Celle-ci avec le Covid a effectivement donné l’impression de se prolonger en tout temps et surtout dans le seul lieu de chez soi. 

 

Cette année sera à relire, évidemment, à prolonger autrement mais, comme pour un bon livre, on en tourne une page. Fermer la porte simplement comme un petit rituel de passage, kaïros favorable entre passé et futur… Alors on a une profonde action de grâce au cœur, on demande pardon aussi et puis on prie humblement le Seigneur de nous accorder Sa grâce au gré du chemin sur lequel nous avancerons avec Lui dans les jours à venir. 

 

Bel été à tous !

mardi, juin 29 2021

Des cafés au café de Sèvres

Bonsoir à tous ! 

La fin d'année s'est faite particulièrement dense entre bouclage de l'année scolaire, le bac à faire passer (toujours en cours), les diverses rencontres en présentiel qui n'avaient pu se faire plus tôt et aussi bouclage tout au long du mois de juin de ma licence canonique de théologie. 

Pendant ce soir, vous avez peut-être été parmi ceux qui écoutaient, lundi après lundi, le podcast annoncé ci-dessous du "Café de Sèvres", en alternance de philo et de théo dont le dernier épisode de cette 1ère saison a eu lieu lundi en philo sur la passionnante figure du philosophe Jacques Ellul, podcast que je vous invite fort à écouter. 

Mais je vous invite aussi - préférence pour la théologie oblige - à écouter le dernier podcast sorti en théologie la semaine précédente qui portait sur Dietrich Bonhoffer. Enfin, vous pourrez de toute façon tous les retrouver dans la liste ci-dessous. 

A bientôt ! 

 

 

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