Zabou the terrible

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jeudi, décembre 18 2014

L'Avent presque malgré moi


C'est drôle, j'ai eu l'impression de vivre un Avent TGV : course, course, course... Sur tous les fronts, sur tous les plans. 

Dur de laisser libre le temps pour Lui, partant dur de laisser se creuser le désir de Sa venue alors même que je trouve si juste cette hymne que propose la liturgie des heures pour l'Avent "voici le temps du long désir". 


Voici le temps du long désir 
Où l'homme apprend son indigence
Chemin creusé pour accueillir
Celui qui vient combler les pauvres. 


Parce que, restant riche de trop de choses, je ne sais être pauvre qu'en temps ? 

Te le laisser, te le donner ce temps, 

Même petit, même infime, 

Même volé, même lutté, 

Te le laisser emplir d'éternité, 

Flammèches d'étincelles, 

Susceptibles d'allumer le reste en Toi. 



Flammèches d'étincelles, oui, 

Et, alors qu'on pensait avoir raté notre Avent en arrivant à la semaine préparatoire à Noël, celle qui se chante en Ô, 

On s'aperçoit d'une profondeur insoupçonnée en soi, 

D'un désir de Dieu qui a appris à se laisser creuser dans les trous d'emploi du temps laissés, donnés, 

Temps offert à Ton action où, justement, en envers, Tu laisses paraître notre pauvreté - que cela à Te donner ? - 

Où Tu creuses ce que nous T'offrons, 

Pauvres riens ou maladroits instruments, pour créer en nous un espace libre pour T'accueillir : 

Il est petit, mais il est à Toi, 

Creuse-le encore et viens Seigneur Jésus ! 

vitrail de Taizé

mardi, décembre 16 2014

Abyssus Deum invocat

 

Il est des jours où, soudain, nous percevons combien l’Évangile est fait pour être pris au sérieux,

Où nous distinguons la profondeur de ces mots qui engagent,

Où nous savons qu’il est impossible de le lire plus longtemps en restant en surface.

 

Il est des jours où, soudain, nous sommes pris de vertige face à l’exigence de l’Évangile, face à sa loi implacable : l’Amour ;

Où nous saisissons l’abime qui existe entre l’Évangile et nos actes,

Où nous nous sentons petits, moches, pécheurs.

 

Il est des jours où, soudain, sans que nous sachions pourquoi, l’Évangile fait entendre la puissance de Sa Parole et nous fait ressentir tout cela :

Clarté dans et sur nos ténèbres,

Inconfort de la vérité sur notre vie,

Taille de ce qui ne va pas : mauvaises herbes et surgeons inutiles.

 

Mais, alors même que la Parole burine le côté disgracieux,

Elle révèle, ranime et ravive à l’intérieur tout le gracieux :

D’une main tendue qui est là, du cœur patient qui toujours nous attend ;

Présence intime venant combler l’abime étendu de notre misère,

Appel à oser y avancer d’un pas ferme pour le combler,

Car tu n’y tomberas pas.

  

vendredi, décembre 12 2014

Ut unum sint… de Paris vers Krakow

 

Comme souvent en décembre, les temps furent chargés, d’où moins de temps passé sur le blogue, moins de temps disponible pour écrire… mais plus de choses à vous y narrer désormais sans doute !

 

C’était samedi dernier, une première réunion pour les JMJ de Cracovie.

Des hommes de toute langue et des femmes de tous les diocèses de France,

Des prêtres, des laïcs, des consacrés, des mariés, des jeunes, des moins jeunes physiquement.

Un évêque pour présider, des tonnes dizaines de prêtres pour célébrer.

En les voyant passer, je me disais que c’était un peu comme une belle grosse messe diocésaine mais en pire, ou plutôt encore en mieux : toute la diversité du clergé, du plus débraillé au plus engoncé s’y disait avec toutes les variantes.

Puis en regardant l’assemblée, j’ai souri, c’était exactement pareil…

De tous nos diocèses, de toutes nos sensibilités,

Mais venus pour un même projet,

Mais surtout venus animés par un même Esprit,

Mais surtout pleins d’une même Foi au Christ.

 

J’aime toujours la diversité quand elle se dit unité,

Mais là, j’ai aussi senti quelque chose qui se disait de l’Église :

On faisait Église.

Et c’était très juste, très beau.

 

 

 

mardi, décembre 2 2014

Adorez-Le, bénissez-Le

 

C’était hier : commencer tôt la journée par un temps d’adoration, la finir par une heure syndicale dans mon établissement.

En mettant en route ma voiture pour rentrer chez moi, complètement explosée de fatigue par la longue journée, je pensais à cela et j’ai souri tant cela pourrait sembler incohérent à simple vue « mondaine ».

 

1h d’adoration, en silence : le cœur qui babille ses multiples cris, ses multiples intentions, ses multiples louanges, ses multiples demandes de pardon, ses multiples « j’essaie de T’aimer » ;

Et puis le cœur qui tente aussi de rester en silence, à écouter, à recevoir.

 

Au milieu : des cours. Enseigner, faire grandir, au mieux.

 

1h d’heure syndicale, « en bruit » : les bouches qui parlent, qui râlent, qui s’exclament, qui murmurent, qui interrogent ;

Temps nécessaire du débat, pour améliorer, ensemble.

 

Du silence à une progressive cacophonie ?

Quelque chose comme une harmonie.

 

Hier, j’ai eu l’impression que quelque chose d’essentiel dans ma vie de chrétienne s’était fait sentir très concrètement ;

Hier, il n’y avait aucune incohérence, mais, au contraire, une profonde cohérence ;

Certes, c’est impossible à réaliser tous les jours sans aménagement d’emploi du temps,

Mais cela permet de toucher, un peu mieux, cette profonde réalité de notre vie chrétienne que, sans Lui, nous ne pouvons rien faire.

S’exposer à Lui pour rester au plus proche des hommes.

Recevoir, se recevoir de Lui, chaque matin,

Pour se donner, Le donner, chaque jour, à nos frères humains.

 

 

 

dimanche, novembre 30 2014

Joseph Roth, sainte Thérèse et la grâce

 

C’est un tout petit opuscule, une nouvelle d’une grosse cinquantaine de pages : rien à voir avec le grand chef d’œuvre de l’auteur qu’est La Marche de Radetzky que j’ai découvert avec tant de délectation cet été.

 

La Légende du saint buveur : d’abord un beau titre, ensuite, l’histoire d’un sans-domicile fixe, d’un buveur qui fait l’expérience de la grâce. Enfin, je positionne tout de suite cela en termes très chrétiens : la réalité est moins claire, moins éclatante que cela car elle est avant tout pleine d’humanité. Disons plutôt que le personnage principal fait l’expérience d’une grâce soudaine : de l’argent, donné par un homme converti grâce à sainte Thérèse.

 

Notre buveur se veut homme d’honneur : il veut rendre cet argent à la petite Thérèse. S’en suit tout un récit, chemin de rencontres, chemin d’un homme entre pauvretés et richesses, entre addictions et grâces immérités pourtant reçues et accueillies, entre zones sombres et coins rayonnants de sa vie. Le regard de l’auteur sur son personnage est aussi tendre que moqueur : c’est celui d’un homme sachant ce qu’il y a dans le cœur de l’homme.

 

L’homme sera sans cesse empêché de rendre l’argent… pourtant, il y a en lui ce désir profond d’être un homme d’honneur qui demeure malgré tout. On dit souvent que l’enfer est pavé de bonnes intentions : est-ce le cas de cet homme, voulant et ne réalisant jamais ? Ou cet homme, ce buveur, aime-t-il à sa mesure, malgré le drame de son existence ? On aimerait le croire tant son ouverture à l’inattendu du jour, aux cadeaux que ce dernier peut faire est forte. Si la fin laisse planer le doute, on aimerait croire à sa rédemption, on oserait même croire à une intervention pas vraiment anonyme qui a nom intercession de sainte Thérèse.

 

Un petit joyau que cette nouvelle dans tous les cas qui sonne comme une invitation à laisser plus chaque jour être don de Dieu qui que nous soyons, quoi que nous fassions.

 

 

 

P.S. : Ah et puis, si vous êtes dans mon coin, il y a actuellement pour lancer l’Avent un grand temps fort paroissial autour des reliques de Ste Thérèse : n’hésitez pas à faire un saut, même si vous ne lui devez rien à la petite Thérèse ! Le programme est par ici >>

 

vendredi, novembre 28 2014

Au-delà des "toi" étendards

 

 

Parce que cela résonne avec tout plein de trucs !

 

 

 

« Aussi, toi, communiste (comme tu me dis : toi, chrétien), toi, communiste, plus tu méprises l’Église, plus, chaque fois, je t’aime parce que je voudrais que tu comprennes que dominant tout ce qu’on dit d’elle, tout ce qu’on lui dit, elle crie, et souvent par le cri énorme de son silence, l’amour que Jésus Christ lui donne sans arrêt pour toi comme pour moi. Si je t’aime, communiste, ce n’est pas malgré elle, c’est grâce à elle, c’est en elle.

 

Tu dis qu’elle est mon Église et tu dis vrai, mais ce que tu ne dis pas et qui est encore plus vrai, c’est que je suis à elle. L’Église de Madeleine ? Oui ; mais Madeleine de l’Église, oui et davantage, mais Jacques, Pierre ou Paul de l’Église, chaque fois qu’un chrétien aime ses frères, son frère, quel qu’il soit, quoi qu’il soit, d’où qu’il soit. »

 

M. Delbrêl, Ville marxiste, terre de mission, réed. t.11 des Œuvres complètes, éd. Nouvelle Cité, p. 38

 

 

lundi, novembre 24 2014

Provoc, où est ta victoire ?

 

 

 

Je me refuse à diffuser toute photo de cette femme nue au torse marqué « pope is not a politician » sur l’autel d’une très belle cathédrale française. Je me refuse aussi à toute comparaison avec le traitement des autres religions, comparaison stérile qui ne saurait aboutir qu’à la discorde par une escalade de jalousie façon « ils ont ça et pas nous ! » : quel intérêt sinon de semer la division ? En revanche, c’est à toi qui as ainsi voulu « parader » ? « claironner » ? « provoquer » ? que je souhaite m’adresser.

 

Je n’ai même pas envie de te parler de profanation, de choc… j’ai envie de te dire que tu es une vraie enfant. Connais-tu l’étymologie du mot « enfant » ? En latin, infans, c’est celui qui ne sait pas parler. Eh bien, toi, tu vois, aujourd’hui, ça a été ton cas : tu n’as pas su t’exprimer.

 

Crois-tu vraiment qu’encore aujourd’hui la nudité puisse choquer ? Tu sais, au-delà du fait qu’on est un peu tous faits pareil, il n’y a plus guère que des metteurs en scène déjà dépassés pour s’amuser à mettre des gens nus sur scène au théâtre aujourd’hui, croyant encore que cela choque. Aujourd’hui, c’est la nudité fragile, comme celle d’une mère qui allaite, d’une personne fragile ou âgée qui provoque les questions, pas celle de la violence, dont nos regards sont complètement saturés.

 

Vouloir faire réagir par le choc ? Tu ne dois pas connaître l’esthétique artistique in-year-face des années 80. Ils faisaient bien mieux… Je ne vois pas en quoi ton acte constitue une quelconque « performance esthétique révolutionnaire » : il est d’un conformisme affligeant. C’est la révolte de l’adolescent contre un parent, parfois violente d’irrespect et pas très intelligente. Je ne vois pas même pas en réalité où est le choc, quel est le message que tu as voulu faire passer.

 

Là où tu as encore plus été une enfant, c’est en brandissant le drapeau de l’Europe… Connais-tu son origine ? Te voir ainsi sous ce drapeau, c’est plutôt cocasse. En fait, quand j’y pense, ça me fait même rire devant mon écran. Les 12 pays du départ ? Oh, pas seulement… Voilà ce qu’on peut lire dans le livre de l’Apocalypse au chapitre 12 : « un grand signe apparut dans le ciel, une femme vêtue de soleil avec la lune sous les pieds et, sur sa tête, une couronne de douze étoiles. » Et c’est juste une représentation classique de la Vierge Marie.

 

Enfin, chère femen, prévenir ainsi les médias, c’est justement le signe de ton échec… Ce n’est pas à leur honneur d’être venus chercher un pseudo-scoop, de ne pas être intervenus pour interrompre ce que tu faisais mais c’est signe que ton action ne se suffit pas à elle-même, qu’elle n’est pas parlante, que tu as besoin d’un public. Le signe que tu ne sais pas parler.

 

Le pape n’est pas un politicien mais il est un chef d’état, même s’il s’agit d’un des plus petits états du monde depuis la dissolution des états pontificaux et les accords du Latran. 

Le pape n’est pas un politicien mais c’est lui qui est aux commandes humaines de la barque de l’Église qui rassemble des millions d’humains à travers les hommes : forcément, ses actes ont des implications politiques.

Le pape n’est pas un politicien mais il est un homme spirituel : comme on écoutera le Dalaï Lama, a-t-on le droit de postuler encore aujourd’hui, en dehors de toute religion, que l’homme peut avoir besoin d’entendre des paroles spirituelles profondes ?

Le pape n’est pas un politicien mais il n’a pas besoin de commander les médias, ils seront là : comme toujours, il sera ou encensé, ou critiqué, mais lui, il aura parlé.

 

 

Et, si tu cessais d’être une enfant, ô femen, si tu acceptais l’immense chance que nous avons d’avoir un esprit critique et une immense liberté - que je reçois pour ma part comme un don de Dieu mais que tu as tout autant que moi ! - , tu l’écouterais ce pape et tu pourrais alors réagir, en bien ou en mal, mais honnêtement. En faisant appel à ce qu’il y a de meilleur en toi.

 

Et, si tu crois que ce gars-là, le pape François, il ne raconte que des carabistouilles, eh bien, quel risque y a-t-il à le laisser parler ?

 

Mademoiselle, laisse ici ta crise d’adolescence, elle n’en vaut pas la peine et tu sèmes gravement la division.

Quant à moi, je ne m’indignerai pas mais je prierai pour toi : c’est aussi ma liberté.

 

 

vendredi, novembre 21 2014

Notes d’au-delà des notes

 

Remettre les bulletins, c’est toujours un peu éprouvant : non seulement parce que cela se termine toujours tard, avec des discussions interminables mais surtout parce que ces discussions ne sont jamais tout à fait légères.

 

L’an dernier, la première fois, j’avais fait le trajet retour avec de grosses larmes qui me roulaient sur les joues : j’avais été émue, j’avais été touchée au plus profond, de toucher moi-même du doigt la vraie pauvreté, celle dont on entend si souvent parler et celle qu’on connaît si peu, si mal, si partiellement.

 

Depuis, j’ai appris, un peu… mais ces rencontres sont déstabilisantes car on ne sait jamais ce qui va se passer : mystère de toute rencontre allez-vous me dire, oui, mais il y a aussi la particularité de travailler en milieu populaire et galère quand on vient soi-même d’un autre milieu.

 

J’apprends à me laisser déstabiliser,

En fait, j’apprends à me laisser rencontrer :

Dans la joie ou la détresse… il y a de tout, rien de programmé.

 

L’autre soir, ils étaient là tous les trois,

Il y avait le fiston et les deux parents, ce qui n’est pas si fréquent,

Le p’tit gars sympa aux résultats faiblards : quelques efforts par ici, d’autres par là, mais c’est encore en deçà.

Des sourires de part et d’autre néanmoins et puis cette voix du papa qui s’éleva : « Il faut qu’il comprenne que c’est maintenant que ça se joue… Pas que son métier ! Il peut découvrir plein de choses ici et c’est cela le plus important ! Moi, je n’ai pas essayé à l’époque… comme je regrette ces portes fermées. »

 

C’était un peu défaitiste mais c’était dit avec tant de justesse et d’humanité que j’ai presque eu envie de les prendre dans mes bras tous les trois, prise de compassion,

Je me suis contentée d’acquiescer, de sourire doucement et de prier en les raccompagnant, puis encore le soir.  

Et dire que certains se demandent encore pourquoi on fait un tel métier… !

  

lundi, novembre 17 2014

Des soirs orants

 

Il faudrait savoir apprivoiser le silence,

Ne plus vouloir jamais l’emplir de bruit,

Du brouhaha incessant de nos vies,

De toutes ces choses qui occupent, qui préoccupent, qui « rassurent ».

Pas besoin de bruit mais de l’habiter pleinement,

Surtout à ces heures auxquelles on lui donne plein droit en nos existences,

Comme un espace réservé, peut-être préservé.

 

Il n’est pas un « avoir »,

On peut le détruire facilement, trop facilement ;

Il ne peut être que surface,

Il faudrait le laisser creuser en profondeur,

Se creuser,

Puis nous creuser, surtout.

 

Silence, affaire d’être,

Silence, qualité d’une attention,

Silence, qualité d’une relation.

 

dimanche, novembre 9 2014

Subversif ? Convers-if

 

En semaine, dès que je le peux, je vais à la messe : le matin tôt, en milieu de journée quand un grand trou me le permet, ou encore le soir, fatiguée, après une bonne journée de travail.

 

A chaque fois, je me dis que c’est le moment que je préfère :

Le matin, pour m’éveiller d’une manière particulière avec le Seigneur et offrir par avance la journée qui s’ouvre ;

En milieu de journée comme pour signifier la place centrale qu’a le Seigneur au cœur et au sommet de celle-ci ;

Le soir, comme une offrande finale de tout ce qui s’est vécu en Celui qui a tout porté.

A chaque fois, je préfère ce moment que je vis mais ce n’est jamais une contradiction avec les autres que le dire : c’est juste que ce sont chacun des moments qui me réjouissent, où l’Eucharistie m’émerveille… à chaque fois.

 

Mais aussi, à chaque fois, en semaine, j’ai l’impression d’y aller un peu en clandestinité… Oh pas pendant les vacances mais en période scolaire car c’est un temps aussi fugace que fugitif, que j’ai l’impression de dérober à l’implacable marche du quotidien.

 

Et puis, la messe, et encore plus la messe de semaine, ça sonne un peu à l’oreille comme une vaste subversion du système quand on passe ses journée dans l’enseignement public… D’autant plus que je pense qu’il n’existe pas grand chose de plus subversif qu’une messe : tout y est toujours retourné par rapport à nos habituelles valeurs humaines et avant tout nous-même : l’ordre qui s’y dit est celui du don, de l’amour fou renversant tout.

C’est bon de se le dire, de se le redire quand, parfois, nous laissons l’automatisme s’installer : la messe, c’est subversif. On pourrait dire subversion, on pourrait dire révolution également.

 

Mais tout cela n’est juste que s’il y a conversion avant tous ces mots : la messe, je la reçois avant tout comme l’instrument de ma propre conversion où unissant nos vies à l’offrande de la Sienne, nous Le recevons pour apprendre à nous tourner mieux vers Lui.

Et, c’est peut-être en cela que c’est le plus subversif la messe, par la conversion même infime qu’elle provoque : je crois que ça rejaillit sur tout le reste de la journée… à chaque fois.

 

 

Avec ces chaussures, tu augmentes le degré de potentielle convers-ion au premier pas que tu poses en direction de l'église… ou pas.

(Photo ? Les chaussures de l’aumônier et de la bergère à l’école de prière le jour du Pardon… cela ne s’invente pas !)

 

vendredi, novembre 7 2014

Donne-moi la présence à la Tienne

 

« Mon Dieu, daigne me donner le sentiment continuel de ta présence ; de ta présence en moi et autour de moi et en même temps cet amour craintif qu’on éprouve en présence de ce qu’on aime passionnément et qui fait qu’on se tient devant la personne aimée sans pouvoir détacher d’elle les yeux, avec un grand désir et une volonté de faire tout ce qui lui plaît, tout ce qui est bon pour elle, et une grande crainte de faire, dire ou penser quelque chose qui lui déplaise ou lui fasse mal. »

 

Bx Charles de Foucauld, Notes de spiritualité (1888-1916)


mardi, novembre 4 2014

Table poétique de conjugaison

Sur mon bureau, un délicieux mélange de genres qui se mêlent et s'additionnent... 

Mais peut-être cela revient-il, finalement, à conjuguer de concert les verbes vivre et aimer ? 

... ut in omnibus glorificetur Deus ! :) ... 

Des vierges phosphorescentes et de l’oraison

 

Je discutais récemment avec un ami de ce qui est à mon sens un des objets les plus kitsch sur terre : les petites représentations phosphorescentes de la Vierge Marie qu’on peut acheter à Lourdes par exemple. J’en ai une de Fatima pour ma part – ne me demandez pas pourquoi elle est restée chez ma mère lors de mon emménagement !

 

 

 

J’y repensais en constatant combien les changements de rythme (type boulot <-> vacances… ou l’inverse) sont propices à laisser se réduire le temps l’oraison, ce temps silencieux de cœur à cœur avec le Seigneur que je considère être, non, plutôt, que je sais être, vital.

 

J’y pensais parce que ces bouts de plastique de pseudo-représentations, mine de rien, rapprochés d’une bonne grosse source lumineuse, ils rayonnent…

Tandis que, quand on omet de les présenter à la lumière, ils deviennent ternes et peu lumineux.

A l’inverse, l’objet phosphorescent bien chargé en lumière rayonne de telle façon qu’il devient moins moche, vraiment plus chouette : on remarque plus la lumière qu’il diffuse qu'autre chose.

 

Peu importe le contenant, c’est le contenu qui compte :

Alors, en prenant le temps de s’approcher du Seigneur, qu’est-ce que cela pourrait être, qu’on soit fait de bouts de plastique glauques ou raffinés !

Devenir non pas des lumières mais rayonner Sa lumière….

N’importe qui peut devenir rayonnant car, si tous les matériaux ne sont pas photosensibles, nous sommes tous Deo-sensibles : 

Il suffit de s’exposer à Lui ! 

 

dimanche, novembre 2 2014

Gaminerie de rentrée


Spotted : les sacristains de la cathédrale de Barcelone jouent au puissance 4 grandeur nature. 


Nan mais ils croyaient vraiment qu'on n'allait pas repérer leur petit manège ? ;) 


samedi, novembre 1 2014

En marchant du 1 au 2

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

Il est trop facile d'expliquer en caricaturant « fête des vivants puis fête des morts » ;

Qui sait ?

Je ne sais… mais j’ose les espérer tous vivants auprès de Dieu, ceux que j’ai aimés ou pas assez ;

Et j’ose croire au révolutionnaire appel au bonheur des béatitudes ;

Et j’ose croire à notre commun et fol appel à la sainteté…

En fait, cet appel, j’ai toujours eu le désir d’y répondre : il me fait rêver, il me fait prier pour qu’Il m’en donne Sa grâce et que je sache la et en vivre.

 

Fête des saints, et lendemain fête des défunts ;

 

En quatre mots, je crois :

commémoration, 

prière, 

appel, 

universel. 

 

Avec eux tous qui nous ont précédés,

Contempler Sa mort pour entrer en Sa vie ;

Contempler Sa vie pour entrer en Sa mort ;

Sa mort qui, seule, ouvre à la Vie,

Pour vraiment vivre et Vivre vraiment.

 


(Tableau d'Arcabas)


Ô mon Dieu, comment saurais-je Te louer ?

 

Ce matin, prière de l’office avec un prêtre de ma paroisse. Vu l’hymne proposée – Qui donc est Dieu - s’ouvre une mini-querelle : « j’aime cette hymne ! » versus, de mon côté, je l’avoue « ah nan, pour moi, c’est le summum du pire de la détestation de tout le bréviaire ! » (Certes, j’ai l’hyperbole facile). D’un commun accord, nous avons choisi une autre hymne qui nous plaisait à tous les deux et avons pris le temps de nous dire après avoir prié pourquoi nous aimions ou détestions cette hymne. Cela s’est conclu par un « eh bien, tu n’as qu’à la réécrire avec tes mots et à ta façon ! ».

 

Dont acte… même si l’exercice en conservant les thèmes n’est pas si facile, et cela même sans chercher à respecter les contraintes rythmiques ! 

 

 

 

 

Ô mon Dieu, qui donc es-Tu pour pousser Ton abaissement jusqu’à T’offrir entre nos mains incertaines ?

Ô mon Dieu, qui donc es-Tu pour pleurer sur nos fautes avec cette infinie tendresse ?

 

R/ Comment saurais-je Te louer, Seigneur, quand Ton Amour excède mes mots ?

 

Ô mon Dieu, comment Te dire, Toi dont la mort nous ouvre la vie ?

Ô mon Dieu, comment Te dire, Toi qui nous accueilles toujours avec joie tel le père du fils prodigue et nous offres tout ?

 

Ô mon Dieu, par quels mots Te prier, Toi qui nous offres Ton Fils ?

Ô mon Dieu, par quels mots Te prier, Toi qui veux aussi nous donner comme mère celle que Tu choisis pour Ton fils ?

 

Ô mon Dieu, quelle folie d’être Pain de vie offert à chaque eucharistie !

Ô mon Dieu, quelle folie que d’appeler nos corps en Ta gloire !

 

Ô mon Dieu... même ce dernier mot ne suffit pas :

Comment Te dire ? Comment Te prier ? Comment Te louer ? Donne-moi de Te connaître chaque jour davantage…

Donne-moi d’être Ton enfant, Toi qui as voulu faire de moi un fils à Ton image.

 

vendredi, octobre 31 2014

A laisser traîner n'importe où

    Après la pub éhontée et évidemment véridique faite par l'ami David, je me devais de lire le fameux fourbi et orbi (oui, oui, je sais, ce n'est pas le vrai titre, l'auteur l'a perdu à une partie de chifoumi selon la légende urbaine) du gars Edmond. 

Mais ce titre il conviendrait bien car, plus que des antisèches qui viseraient à répondre à un quizz (sauf si vous souhaitez participer à celui de KTO... et je sais de quoi je parle pour les antisèches, je suis prof !), ce livre est un vaste fatras ou, au choix, une vraie caverne d'Ali baba relookée avec nos diverses bondieuseries souriantes accumulées au fil des siècles.

Si on n'apprend pas forcément tout quand on aime déjà depuis longtemps parcourir l'Église l'oreille aux aguets et le sourire en bandoulière, on en apprend tout de même de belles ! Et les anecdotes sont toujours tournées de manière à solidement faire fonctionner nos zygomatiques (en ce sens, je soupçonne un sponsoring par mangerbouger.truc, on ne pense jamais assez combien nos muscles travaillent quand nous rions). Du coup, tout cela fonctionne bien et vous essaierez même de convaincre vos amis anti McDo de revenir à l'occaz puisque l'un de leurs burger est catholique ! 

Bref, un livre pas forcément à lire d'une traite comme je l'ai fait mais plutôt un livre de choix pour musarder, pour flâner, pour vous amuser, ou encore à laisser traîner dans vos toilettes pour que vos visiteurs vous lancent sur les sujets catholiques les plus graves et les plus importants en sortant de là ! ;-) 

P.S. : L'illustration est prise sur le site de la procure... Où vous pouvez contempler l'ancien sous-titre de l'ouvrage ! ;-) 
P.S. 2 : on peut notamment commander le livre par ici.  

mercredi, octobre 29 2014

Back from the school

L'école de prière, c'est toujours un peu pareil, et toujours un peu différent.

Les thèmes reviennent, systématiques : confiance, Marie, pardon, eucharistie, croix, résurrection et mission. 

C'est un peu comme un chemin de notre vie chrétienne, c'est un peu comme une Semaine Sainte en miniature. 

Tu ne sais jamais ce qui portera du fruit, tu ne sais jamais ce qui n'en portera pas. 

Alors, comme "berger", tu suis toi aussi cet itinéraire, 

Et "l'école de prière jeunes" devient école de prière pour toi aussi, où tu apprends à te mettre à l'école de Sa Parole, où tu sens bien au fond de toi que les moments où tu cafouilles sont ceux qui ne furent suffisamment non pas préparés — parce que, dans le fond, tu te prépares à la semaine depuis un an, depuis la fin de l'EPJ précédente en fait — mais priés. 

Tu ne sais jamais ce qui atteindra le cœur des jeunes, comme tu ne sais jamais à l'avance ce qui atteindra celui de ta super équipe d'animateur, ni le tien. 

L'EPJ sonne donc simplement comme une puissante invitation à se mettre à l'écoute et à se convertir assez pour ne jamais faire écran à la grâce de Dieu dans les cœurs : 

Et durant toute une semaine, tu as prié, tu as regardé et tu as écouté ; 

Et, au retour, posant à nouveau dans la prière les sourires des enfants, leurs phrases, leurs beaux actes d'amour tu t'aperçois combien cela fut grand, 

Combien cela fut bon, 

Et ton cœur reste dans une paisible action de grâce. 

 

vendredi, octobre 17 2014

Le 10/10 divin

 

Lisant, relisant, méditant ce passage de Luc 17 où dix lépreux crient vers le Seigneur, je m’aperçois que, plus je marche sur mon chemin, plus je découvre le Pardon et pourtant plus j’ai de mal à en parler.

 

Pourtant… Pourtant comment ne pas admirer cette dive proportion qui est disproportion ? 10/10 de pardonnés, 10/10 totale réussite : mes élèves rêveraient de cela !

 

Il n’y a pourtant qu’un acte de confiance, un tout petit acte de confiance à faire, à oser, à exercer, à réviser sans cesse : crier vers Lui, s’ouvrir à Lui. Et cela suffit : 10/10. La classe totale, la classe divine je dirais.

 

Si l’on compare à la proportion humaine, cela devient disproportionné : 1/10 revient rendre grâce ; 9/10 poursuivent leur chemin, pourtant guéris. Cela pourrait sembler doigt accusateur mais n’y a-t-il pas du vrai dans cette proportion bien humaine ?

 

1/10 : le temps où je rends grâce par rapport au temps où je m’occupe de mon nombril et de mes plaintes ?

1/10 : ces moments où je m’ouvre vraiment à l’Amour du Seigneur plutôt que de me cantonner dans mon indifférence ?

1/10 : comme une myopie sévère où je ne sais voir l’Autre…

 

J’aime quand même bien cette idée que Dieu, malgré nos sales notes à nous, reste toujours très mauvais en maths et ne connaisse autre chose que la totalité, le « à fond », le don total… à donner envie d’être aussi nul(le) – à moins que ce ne soit excellent(e) ? – que Lui !

 

 

mardi, octobre 14 2014

Dans le brouhaha des réseaux sociaux synodaux

 

 

 

Parce que, quand tu lis ce qui suit, tu ne peux t’empêcher de sourire en pensant à tous les documents qui fleurissent ici ou là à propos du synode sur la famille.

 

« Ainsi tous pourront comprendre l’ordre et la voie que le Concile suivra, après avoir établi le fondement de la confession de la foi, ainsi que les témoignages et les appuis plus particuliers qu’il utilisera pour confirmer les dogmes et restaurer les mœurs. »

 

Concile de Trente, décret Sacrosancta

 

Certes, c’est un synode et non un concile qui est actuellement en cours au Vatican… mais si on changeait le mot « concile » par « synode », est-ce qu’on ne pourrait pas se calmer un peu ? Et continuer à écouter et à prier paisiblement ? Même le si vieux concile de Trente nous invitait déjà à la confiance ! :-)

 

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