Zabou the terrible

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dimanche, novembre 19 2017

1ère journée mondiale des Pauvres

Grande nouveauté de l'année 2017, le pape François a instauré le 33ème dimanche du temps ordinaire une "journée mondiale pour les pauvres". Et si fixer cette journée le dernier dimanche "officiel" du temps ordinaire était aussi une manière de nous dire qu'il faudrait réussir à mettre cette "option préférentielle pour les pauvres" en premier de tout ? 

Il ne suffit pas d'en rester au malaise de tous ces gens qui n'ont pas de quoi vivre et "résident" dans la rue à deux pas de chez nous, 
Il ne suffit pas de nous indigner,
Il ne suffit pas de les regarder de haut... ou, pire, de ne plus les voir, devenus indifférents,
Il ne suffit pas de nous dire que nous sommes tous des pauvres en quelque chose (même si c'est aussi vrai),
Il ne suffit pas de parler de la pauvreté et des "pauvres" en général... 

.... mais, justement, ce qui est certain, c'est que le pape François en a profité pour écrire un beau message, intitulé "N'aimons pas en paroles, mais par des actes" qui n'est pas qu'une parole en l'air mais bien une invitation concrète à aller rencontrer le Christ en nos frères les plus démunis et à les mettre au centre de nos actions, pour que celles-ci soient remodelées par une charité qui soit vraie. 

 

Un court extrait : 

§3 "Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58)" 

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lundi, novembre 13 2017

Les jeunes plantes et leurs spores audacieuses

Dimanche, c'était la "journée des néophytes" de mon diocèse : eh bien, fréquenter ces "jeunes pousses" est aussi bon pour la foi qu'écouter les enfants parler de Dieu ! Deux exemples, tout comme pour l'EPJ, là encore en guise de fioretti

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En parlant d'un psaume : 

"Le verset qui me parle, c'est 'Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.' parce que, vous vous rendez compte ? Nous, les chrétiens, on a carrément l'être le plus puissant comme refuge !  On n'a jamais à avoir peur !"  

Et bim ! 

 

***

 

 

Quand quelques néophytes cherchent à savoir quelle bête étrange est donc une consacrée et viennent te poser des questions à la fin d'un atelier sur la prière : 

- Mais vous avez le droit d'avoir une relation amoureuse? 

- Ben, non, je me suis engagée à la chasteté dans le célibat pour toujours là : c'est le principe dans la vie consacrée. 

- Mais même pas droit une relation tendre avec quelqu'un ? 

- Eh bien, je n'aime pas trop parler en termes de droit ou d'interdit. J'ai "droit" à l'amitié, et même à des amitiés très profondes, c'est d'ailleurs essentiel dans ma vie, mais pas de relation exclusive avec quelqu'un si c'est votre question. L'idée du célibat consacré, c'est de nous donner corps et âme à Dieu... pour avoir aussi notre amour disponible, en Lui, pour chacun. 

- Ah, en gros, avec votre vie et votre prière, vous êtes une sorte de ressource d'amour, un buffet d'amour où les chrétiens viennent se restaurer quand ils en ont besoin. 

- Euh ouais.... Bon, j'ai aussi besoin de me convertir avant tout comme n'importe qui, hein. 

Bref, belle définition mais reste à le vivre : pression, pression ;-)  

 

dimanche, novembre 12 2017

Âmes et corps huileux

 

« Les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. »

 

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Et toi ? Et moi ?

Alors bien sûr, on peut se préparer au mieux, chercher à être de vrais bons et profonds chrétiens, cohérents à plus de 100 %... mais est-ce seulement suffisant ?

Serons-nous un jour suffisamment prêts pour rencontrer le Seigneur ?

Enfin, sérieusement, comment être un jour prêts à faire face à l’Amour ? A la force de nos poignets, jamais, c’est perdu d’avance.

 

Pourtant, si cette huile est celle de mon baptême et de ma confirmation, elle est déjà là, déjà présente, déjà donnée.

Mais sais-je l’entretenir ?

Paradoxe : en m’en servant, en l’entretenant, elle ne diminue pas ;

En l’oubliant, son niveau se réduit, devient ténu comme peau de chagrin.

Et puis, il y a tous ces mélanges que l’on fait, toutes les fois où l’on veut la mêler à ce qui n’est pas l’amour, « en pensée, en parole, par action et par omission » : elle devient trouble, de mauvaise qualité, peu apte à garder une lampe allumée. Elle semble disparaître dans les bas-fonds ténébreux de notre humanité où nous n’aimons pas trop mettre le nez.

 

Mais le Christ nous a dit : « Vous êtes la lumière du monde », pourtant, malgré tout, malgré nous, même.

Comme une confiance absolue en l’huile reçue qui, même ténue, peut d’un coup rehausser son niveau.

 

Peut-être alors le niveau de notre huile dépend-il seulement de la qualité de notre main tendue vers le Seigneur : moi, Seigneur, je ne peux rien, mais, Toi, Tu peux tout.

Si Tu veux que cela éclaire autour de moi, fais-moi vivre pleinement de la grâce de mon baptême,  

Fais que cette onction reçue par pure grâce un jour continue sans cesse de s’enflammer vers Toi, pour toujours.

 

lundi, novembre 6 2017

En-train de grâce

 

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Course… halètement… et zut ! Train raté à trois minutes près ! Dans le domaine des choses agaçantes, rater son train se pose là, même si l’on sait que le train suivant sera possible sans grand soucis.

 

C’était vendredi. Le soir, j’allais dire quelques mots chez un curé quasi-ex-blogueur-mais-pas-mort : j’avais encore un texte que je tenais à insérer dans mon propos. J’allai m’installer dans la salle d’attente et là, je vis une vieille femme qui pleurait. Dans l’échelle des choses qui m’emplissent de compassion et que je supporte mal, voir une personne âgée pleurer est bien situé : ça me fend littéralement le cœur. Je me dirigeai donc vers elle.

 

Cette dame venait de rater elle aussi son train. Elle allait à l’anniversaire de son gendre et de son petit-fils pour lesquels une grande fête était organisée. Elle était toute dépitée, désespérée à l’idée de rater cette occasion. Nous échangeâmes quelques mots : « Peut-être pouvez-vous changer votre billet ? ». Elle était perdue, ne savait comment faire. Alors, avec elle, je suis allée à la borne automatique et l’ai aidée : le billet fut changé. Elle a pu appeler son petit-fils pour lui annoncer un simple retard au lieu d’une annulation : un sourire commençait à naître sur son visage. Elle était seule, elle avait envie de parler… Tant pis pour mon texte, il y avait mieux à faire.

 

- Et vous, vous allez faire quoi en Normandie ?

- Oh, moi, j’y vais pour une conférence.

- Ah j’ai une amie qui aime bien aller assister à des conférences aussi.

- Oui… Alors là, c’est moi qui la fais, en fait.

 

Je ne lui ai pas donné le sujet exact mais nous avons commencé à parler de foi. Et puis elle a vu que je portais une croix autour du cou. Elle finit par comprendre qu’elle avait affaire à une femme consacrée, même si elle n’avait pas tout à fait le vocabulaire correspondant. Elle m’a dit l’importance de la foi dans sa vie, nous avons un peu parlé du Christ : c’était simple… Mais c’était beau car c’était profondément vrai.

 

A l’heure d’embarquer dans le train suivant, elle était à quelques places dans le même wagon que moi. A plusieurs reprises, elle revint échanger quelques mots… puis finit par entrapercevoir mon fond d’écran (i.e. une photo de ma consécration durant la litanie des saints où je suis prosternée) : « oh, comme c’est beau ! Vous voir, ça me redonne un peu confiance dans l’humanité ! ». ».

 

C’était une vieille femme en pleurs que j’avais rencontrée, c’était une femme rayonnante que je vis embrasser puis partir avec son petit-fils, non sans m’avoir fait de larges saluts.

 

Ce soir-là, c’était de Madeleine Delbrêl, une femme ayant témoigné de la grâce du Christ dans l’ordinaire du monde, dont je parlais. Allez savoir pourquoi, je me suis pris cette histoire comme un gros clin-Dieu dans le cœur : le primat de la vie et de la grâce sur tous nos pauvres mots, sans doute ! 

 

mardi, octobre 31 2017

Sous le signe de l'amour

Dans les autres éléments vécus à l'EPJ, j'ai curieusement découvert un manuscrit apocryphe un matin devant les jeunes lors de l'accueil de la Parole... comme une petite aide pour méditer le mystère de la Croix, comme une petite aide aussi, la veille de la Toussaint, à nous laisser mieux tourner vers la sainteté. 

 

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Je m’appelle Simon et il y a quelques années, j’ai vécu quelque chose d’incroyable : j’écris ce texte pour que la mémoire en soit gardée à jamais. J’étais alors un jeune papa, fier de la naissance d’Alexandre et de Rufus, mes fils, et j’aimais énormément ma ville, Jérusalem, ville sainte pour nous les Juifs. Ici, on se sentait proche du Seigneur 24h/24 !

 

Mais ce jour-là, je m’en rappellerai toujours, je n’ai jamais été aussi proche du Seigneur. Ce jour-là, il y avait de l’agitation en ville : c’était jour de crucifixion, le plus affreux et le plus déshonorant des supplices. Un grand agitateur devait être mis à mort ce jour-là par les Romains qui occupaient notre pays : à moi, on m’avait dit qu’il était surtout un grand prophète, un homme qui parlait de la part de Dieu. J’étais curieux : et si c’était un prophète qu’on allait tuer au lieu de l’écouter ? C’était suffisant pour que je cherche à rejoindre au plus vite le Golgotha, le lieu des exécutions, en rentrant de mes champs !

 

Et là… Et là… ma vie a basculé. En me voyant arriver, les Romains, qui connaissaient ma force, m’ont interpelé pour que je vienne aider à porter la croix de celui qu’on appelait Jésus. J’ai croisé Son regard, j’en ai été bouleversé.

 

Cet homme était plein de sang, plein de poussière, exténué mais il portait un regard d’amour sur moi. Un regard que je n’avais jamais vu. J’avais l’impression que c’était lui qui m’avait appelé pour que je l’aide… Il m’avait appelé pour me dire simplement : « viens, tu es aimé, à un tel point que tu ne le sais même pas encore ». Je n’avais jamais vu un amour aussi fort chez quelqu’un.

 

Alors, avec Lui, j’ai porté sa croix. Je sais déjà que quelqu’un écrira des siècles plus tard : « Dieu t’a créé sans toi mais il ne te sauvera pas sans toi ». C’était et c’est tellement vrai : Dieu m’a créé sans moi mais ne me sauve pas sans moi !

 

Ce jour-là, j’ai perçu quelque chose d’un grand mystère que je n’ai toujours pas fini de comprendre. Ce Jésus, c’était Dieu ! Et c’était fou : en mourant… en mourant pour moi, il venait pour me sauver !

 

En m’appelant à porter sa croix avec lui, il m’aidait surtout à porter toutes mes petites croix du quotidien. Ou plutôt, il portait avec moi tout cela : il portait mes soucis, mes inquiétudes, mes souffrances et même tout ce que je faisais de mal. Avec moi. Pour moi.

 

Plus tard, moi Simon, je serai parfois représenté bras dessus bras dessous avec Jésus dans ce qui est le moment le plus terrible de Sa vie. Par cela, il m’associait à Sa mort mais aussi à Sa résurrection.

 

Aujourd’hui, je sais que Lui porte tout avec moi et pour moi. Parce que j’ai eu la grande chance de porter un instrument de supplice sur mon dos qui est devenu, grâce à Jésus, le plus grand de tous les signes d’amour.

 

 

Simon de Cyrène

lundi, octobre 30 2017

Fioretti d'EPJ et d'eucharistie

 

Et me voici de retour de l'EPJ (Ecole de Prière Jeunes) édition 2017 ! Comme toujours le coeur en action de grâce et la tête consonnant avec le coeur et l'âme de multiples fioretti. Parmi ceux-ci, ces deux-ci... comme un moyen de vivifier notre désir du Seigneur !  

 

En début de semaine, une enfant de 7 ans qui n'avait pas encore fait sa première communion est allée communier avant qu'on ne s'en aperçoive. Des plus grands lui tombèrent alors dessus pour lui dire que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait et c'est en pleurs que la petite finit la messe. A l'issue de celle-ci, je la récupérai pour essuyer ses larmes et elle de me dire entre deux sanglots : "Tu sais, c'est que j'en avais tellement envie !!!" 

 

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Fin de semaine, une autre petite de 7 ans en pleurs à la fin de la messe (encore !), je la récupère là aussi : 

- Mais pourquoi pleures-tu donc ? 

- C'est parce que... parce que... moi je voulais prier ! Et F. m'a embêtée ! Je n'ai pas bien pu prier Jésus alors que je voulais ! 

- Mais, ce qui compte, c'est ce désir de prier, tu sais, c'est celui-là que Jésus regarde et il sait ce que tu as dans ton coeur. " 

... Deux parmi tant et tant d'autres... ! :-) 

 

mercredi, octobre 18 2017

Au Souffle de Sa Parole

 

Dans les projets Zabouiens 2017-2018, il y a cette idée un peu folle de passer un w-e en abbaye entre chaque période de vacances scolaires. Tout simplement pour que, dans un début d'année que je savais d’avance être (sur)chargé, l'Essentiel garde primauté. A fortiori dans une vie de jeune consacrée : joie de donner et de passer du temps avec le Bien-Aimé ! Dont acte : premier week-end il y eut il y a quelques jours. Mais, afin d’orienter encore mieux ces week-ends au désert, j’y ai adjoint un programme de lecture de la Parole de Dieu.

 

Ainsi, ce week-end, ô folie, j’ai lu la Genèse et ses 50 chapitres à voix haute en une journée. Ne croyez pas qu’il s’agissait d’une expérience façon exploit sportif « I did it », malgré la satisfaction certaine d’arriver au bout : non, il s’agissait d’un moyen suggéré et préparé par un moine pour laisser la parole de Dieu entrer plus profondément en moi, cette fois-ci à travers les textes des origines.

 

Je me suis laissée surprendre par cette expérience incroyable avec un bonheur certain !

 

Lire la Parole à haute voix,

Prêter mon souffle, parfois hésitant, à Son Souffle, toujours sûr,

Laisser en retour le Souffle marquer mon propre souffle,

Lui laisser donner Sa cadence, Son rythme, Sa folie…

 

Laisser les mots passer à travers mon corps, ma chair, ma vie,

Pour que le Verbe incarné y fasse chaque jour plus Sa demeure.

 

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lundi, octobre 9 2017

Saint céphalophore intercède pour nous

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Il a perdu la tête !

Concrètement, saint Denis fêté ce jour fait partie de ceux dont on pourrait le dire pleinement !

Mais cela date pourtant de bien avant son exécution cette histoire :

Il a perdu la tête…. Il a suivi le Christ !

Le jour de sa mort : il a perdu l’esprit… mais sans perdre l’Esprit qui l’avait mené jusque-là.


Car suivre le Christ, n’est-ce pas un peu perdre la tête ?

Tout fonder sur une parole, tout fonder sur un amour, tout fonder sur notre foi !

Les chrétiens ne sont-ils pas un peu fous ?

C’est une histoire d’ambivalence, comme pour le mot passion : amour et souffrance.

 

J’aime bien me dire que saint Denis intercède pour que nous sachions à notre tour perdre la tête : non pas pour faire de nous des martyrs sanguinolents si cela ne nous est pas demandé, mais bien pour savoir Le suivre.

 

Saint Denis, toi qui as perdu mais as aussi porté ta tête, porte la nôtre dans la prière, s’il te plaît :

Prie pour que nous sachions « bien » perdre notre tête, c’est-à-dire la donner au Christ,

Prie pour qu’elle sache rayonner de Son amour auprès de ceux que nous croisons, afin des les y conduire,

Prie pour que notre intelligence soit irriguée par notre foi,

Prie pour que notre regard soit toujours orienté vers Lui seul,

Afin que notre tête, ainsi que toute notre vie, sache aller là où Lui le souhaite… passionnément !

Une feuille de vigne

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Finalement, il leur envoya son fils, en se disant : ‘Ils respecteront mon fils.’ Mais, voyant le fils, les vignerons se dirent entre eux : ‘Voici l’héritier : venez ! tuons-le, nous aurons son héritage !’ Ils se saisirent de lui, le jetèrent hors de la vigne et le tuèrent.

 

Violence terrible, choquante !

Inconcevable ? Tuons-nous, nous ?

Aurions-nous tué le fils du vigneron, sans doute un jeune homme sympathique mais seul et sans défense ?

Sommes-nous de vulgaires homicides sans discernement, incapables de contenir l'appât du gain et, plus largement, toutes nos passions ?

 

Et pourtant cette violence, n’est-elle pas aussi la nôtre ?

Quand nous mettons de côté le petit sans en tenir compte ?

Quand nous écrasons celui qui est plus faible que nous comme un misérable insecte ?

Il est des mises à mort qui n’en portent pas le nom et qui n’en sont pas moins terribles.

 

… Et pourtant, cet autre est aussi un fils de Dieu tout comme moi, tout comme toi…

 

Eh bien ! quand le maître de la vigne viendra, que fera-t-il à ces vignerons ? »
On lui répond : « Ces misérables, il les fera périr misérablement. Il louera la vigne à d’autres vignerons, qui lui en remettront le produit en temps voulu. »

 

Et Dieu n’a pourtant jamais tué les vignerons homicides !

 

Et, quant à nous, Il ose toujours nous espérer plus loin, meilleurs que nos actes de violence.

Là où l’homme condamne, Dieu invite…

Il invite toujours à un renversement, à une conversion du regard.

 

N’avez-vous jamais lu dans les Écritures : La pierre qu’ont rejetée les bâtisseurs est devenue la pierre d’angle : c’est là l’œuvre du Seigneur, la merveille devant nos yeux !

 

Est-ce que je sais changer mon regard ?

C’est-à-dire notamment, est-ce que je sais ne pas hurler avec les loups sur celui qui est à terre ? Est-ce que je sais penser à tous ceux qui semblent morts socialement ?

 

Est-ce que je sais faire devenir pierre d’angle de mes projets celui qui était rejeté par tous ?

Est-ce que je sais mettre le pauvre, le petit, celui qui semble avoir le moins d’attraits et d’intérêts, au cœur de mes actions et de la communauté qui est la mienne ?

Et si le baromètre de nos succès était celui de la place que nous accordons à ceux contre lesquels la vie, la société et le malheur semblent s’acharner ?

 

Le Christ semble le promettre à la fin en parlant d’une autre nation, celle qui a nom conversion : c’est la clef pour obtenir le fruit de la vigne qui est le seul véritable gain, c’est la clef du royaume des Cieux.

 

lundi, septembre 25 2017

A ces chers élèves

 

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Mes élèves de 4ème ont récemment été invités à écrire une courte lettre imaginaire à Titus ou à Bérénice. Simple moyen pour moi d’évaluer, en début d’année, leurs capacités rédactionnelles. En les corrigeant, je fus effarée du fait que presque aucun d’entre eux n’utilisait « cher / chers / chère / chèr… » à bon escient. Il s’ensuivit donc une petite mise au point lors de la remise de ces copies bonus. Voici en gros ce que je leur dis :

 

« Quand on écrit « cher Kevin-Mohammed » ou « chère Ursule-Gertrude » <les perdre quelques instants>, ce n’est pas au hasard ! Quand on écrit une lettre, c’est un adjectif qui s’accorde en genre et en nombre avec le nom de la personne à qui vous écrivez.

 

Vous voyez, c’est exactement comme quand vous achetez quelque chose. Si c’est cher, c’est que cela a un grand prix. Eh bien, quand vous dites « cher Machin » ou « chère Machine », vous dites à votre correspondant qu’il ou elle a du prix à vos yeux et que vous l’aimez »

 

Et là, me rendre compte que je venais de citer Isaïe 43, 4 et de leur avouer sans le leur dire l’imparable technique de drague du Seigneur vis-à-vis de moi-même…

… Ah l’irrigation biblique sans le faire exprès ! ;-)

 

dimanche, septembre 24 2017

Arpentons Ses chemins

 

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées,
et vos chemins ne sont pas mes chemins » (Is. 55)

 

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L’antidote suprême à tous nos « Dieu veut » restrictifs,

A toutes nos idées rétributives sur la grâce,

A toutes les fois où nous excluons le don de notre champ de pensée,

A tous nos conscients ou insconscients deals avec le Seigneur façon « je Te donne ça, mais Tu me donnes…. »,

A tous nos « non mais Seigneur, lui, Tu ne peux pas l’aimer vu les grosses crasses qu’il fait ! ».

 

Parce que Dieu n’a nom qu’Amour

Et que Lui seul en connaît tout le prix,

Et que Lui seul en connaît toute la gratuité…

 

Parce que Lui seul,

Tandis que nous passons notre vie à arpenter ce sentier du verbe « aimer »,

En connaît tout le sens,  

Et toute la beauté.

 

samedi, septembre 23 2017

Musique !

 

La session de rentrée de mon année au Centre S. était consacrée à des questions d’esthétique musicale. Le premier jour, nous avons ainsi fait des exercices d’écoute de morceaux extrêmement différents : qu’est-ce qui me plaît, me touche ? Qu’est-ce qui me surprend ? A quoi suis-je hermétique ? … Passionnant de voir nos différences et de chercher à mettre des mots dessus.

 

http://lepachot.com/k/2017/07/infopiquet-concert-mai-chorale-les-echos-temps-note-musique-dessin-imprimer-facebook-comment-dessiner-de-en-coloriage-notes-dessins-humoristiques-clavier-a-facile-dessinees-couleur-300x300.jpeg

 

Travaillant à côté, je n’y ai assisté que par bribes et suis donc repartie avec un CD sous le bras afin de poursuivre les exercices d’écoute jusqu’à ma bribe de temps libre suivante. En me confiant le CD, le professeur de me dire :

- Vous enseignez le français ? est-ce que vous faites lire de la poésie à vos élèves ?

- Oui, mais vous savez, ce sont des jeunes de banlieue, cela ne fonctionne pas très bien en général comme partie du cours…

- Même en banlieue, ça reste des humains ! C’est bien de leur en lire et de leur en faire lire. »

 

J’étais d’accord mais je me suis dit que, s’il avait drôlement raison sur l’importance de la poésie, c’était vraiment sous doute l’un des genres auxquels il m’était le plus difficile de faire adhérer plus de quelques élèves.

 

Une nuit passa et, le lendemain matin, j’allais en cours en poursuivant les exercices d’écoute - cette fois, des passages de classique : du Josquin Desprez, du Bach et du Mozart… Me revint alors une discussion avec les élèves quelques jours auparavant : « Non mais vraiment Madame, il n’y a personne qui écoute Mozart pour le plaisir ! ». Et moi, je faisais certes un exercice mais j’écoutais Mozart ou Bach pour le plaisir.

 

Qu’est-ce que ce jésuite avait raison de mettre le doigt là-dessus ! Éducation si nécessaire pour appréhender le Beau sous toutes ses formes : poésie, peinture, musique… Non pas pour que cela « serve » forcément à quelque chose, a fortiori dans un monde souvent bien matérialiste, mais bien seulement pour apprendre à goûter, à savourer, à se laisser surprendre ou déranger, à entrer en relation différemment avec le monde. Parce que mes élèves sont bien des humains, oui, il convient de chercher à leur offrir cette éducation à l’Art comme à chacun. Peut-être qu’être prof chrétien, c’est finalement voir le Beau en l’autre mais aussi apprendre à lui faire voir le Beau… qui nous parle si souvent de Dieu !

 

lundi, septembre 18 2017

Keep calm

 

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J’affectionne de porter, durant mes heures extra-scolaires, polos ou sweats cathos aux clins-Dieu bien sentis. Parmi ceux-ci, celui offert quelques jours après ma consécration arborant dans le dos :

Keep Calm

I’m a consecrated woman

A living servant of God.

 

La semaine dernière, une sortie de messe où je portais ce sweat, un monsieur d’un certain âge m’aborde :

- Isabelle, je n’aime pas du tout votre sweat !

- Ah ? », interrogatif, m’attendant à ce qu’il remarque que c’était un peu se la raconter qu’être une « living servant of God »… et je lui aurais donné raison : on Le sert toujours bien mal mais c’est un bel appel à l’être au mieux. Et pas du tout :

- Vous avez peur qu’on vous saute dessus ? C’est un repoussoir à garçons ?

- … … … ! Ah non, pas du tout ! C’est un sweat plutôt amusant je trouve, je ne vois pas en quoi il serait une quelconque barrière pour veiller à ma chasteté !

- Mais arrêtez, keep calm, c’est vraiment un message aux garçons !

- C’est tiré d’une pub anglaise, keep calm and carry on maint fois détournée, tout simplement.

- Moi, j’aime pas.

- Et c’est votre droit ! Mais je vous rassure au moins !”

 

Nous nous sommes quittés en bonne entente, évidemment. Mais, en entendant les lectures d’hier, une semaine plus tard, je me suis dit que Keep Calm, ce n’était pas qu’un détournement de pub, c’était aussi, comme le reste du sweat, bien plus profond :

 

Keep calm quand on t’a offensé et que tu es grave vénère contre ton frère… prie avant tout ;

Keep calm quand tu galères trop à pardonner parce que déjà une fois, c’est difficile, alors 70 fois 7 fois… prie-Le de Te donner la force, prie-Le de pardonner en Toi, pour Toi.

Keep calm parce que de toute façon, toi aussi Tu es un serviteur ayant fait quelques ou beaucoup de dettes côté Amour des autres et sans la patience que Dieu a pour Toi, Tu n’en serais pas là.

Keep calm, en tout, oui… parce qu’Il t’aime, et que cela seul suffit.

 

lundi, septembre 11 2017

Dis-moi ton nom car je le veux savoir

 

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Récemment, un sympathique concours de circonstances m'a fait rencontrer chez des amis quelqu'un qui a eu le même accompagnateur spirituel que moi, décédé aujourd'hui. Evidemment, nous avons échangé de nombreuses anecdotes à propos de cette figure haute en couleurs. Et puis, il y eut celle-ci que j'ai reçue comme un véritable apophtegme en ces temps de rentrée où l'enjeu pour les profs est de retenir sans se tromper une bonne centaine de prénoms. 

 

Un jour, le père cherchait le nom de quelqu'un sans trouver ce qui était rare. Il s'est exclamé : "Je n'arrive pas à m'en souvenir, incroyable ! Bon, c'est simple, je n'ai pas dû assez l'aimer !". 

 

Et bim dans ton petit coeur de prof ! Ou quand un vieux moine fait encore des étincelles outre-tombe dans ta vie... Autre forme de communion des saints ? ;-) 

 

lundi, septembre 4 2017

Aimables !

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Ca y est, aujourd'hui, je les ai revus ou tout au moins croisés tous ces élèves, avec grande joie ! 
Mais il faut bien avouer que le coeur sourit parfois plus à retrouver celui-ci plutôt que celui-là, surtout quand il faut dès à présent commencer à reprendre Untel... 
Et pourtant, qu'ils sont tous aimés semblablement dans le coeur de Dieu, tous préférés chacun dans leur unicité ! 
Alors, prier pour eux en cette rentrée, c'est aussi prier pour rendre mon coeur et mon regard semblables au Tien, c'est prier pour les trouver tous aimables - même celui qui semble avoir oublié la politesse en vacances - c'est vouloir les regarder avec cette certitude qu'en Toi, ils sont tous infiniment aimés, par-delà toutes ces pelures maladroites d'adolescents en croissance, au plus profond de leur être. 

Donne-moi, Seigneur, de tous savoir les voir dans cette amabilité : pour mieux enseigner, pour mieux travailler, pour mieux aider, pour mieux aimer. 

dimanche, septembre 3 2017

Comme une invitation d’invitatoire

 

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Normalement, le premier office de la journée commence par le psaume invitatoire, le ps. 94. Je dis bien « normalement » : dans les faits, c’est quelque chose que j’ai toujours eu du mal à mettre en place.

 

Lors de mon pèlerinage biblique en Terre Sainte, tous les jours s’ouvraient par ce psaume lors de notre prière matinale juste avant le petit-déjeuner. Et pourtant, il ne s’agissait pas d’un office liturgique… alors pourquoi ce psaume repris sempiternellement et sans variation ?

 

J’ai mis quelques matinées à en comprendre la pédagogie. Pour nous qui faisions une session de « Bible sur le Terrain », quoi de plus naturel que de prier notamment avec ces versets : « Aujourd’hui, écouterez-vous sa Parole ? ‘Ne fermez pas votre cœur comme au désert, comme au jour de tentation et de défi’ ». C’était là l’enjeu de notre pèlerinage.

 

Mais finalement, n’est-ce pas plus largement l’enjeu de notre vie chrétienne, chaque jour, chaque matin : aujourd’hui, écouterons-nous Sa Parole ?

 

Aujourd’hui, écouterons-nous le texte biblique dans la prière mais aussi ce qu’Il nous dit à travers nos frères et à travers les événements ? Aujourd’hui, écouterons-nous à fond, et non en surface, jusqu’à nous laisser changer et convertir ?

 

Alors j’ai découvert combien ils étaient beaux ces mots et combien il était bon de prier ce psaume dès le matin ! L’invitatoire ou une invitation à l’orientation entière de notre journée vers l’écoute profonde, nous ouvrant aussi dès les premiers versets à l’action de grâce qui en résulte.

 

« Venez, crions de joie pour le Seigneur, acclamons notre Rocher, notre Salut !

Allons jusqu’à Lui en rendant grâce, par nos hymnes de fête, acclamons-Le ! »

 

mercredi, août 30 2017

Petite prière de rentrée

 

Seigneur, donne-moi la grâce d’un regard neuf.

Ne permets pas que je pose sur ces élèves et sur ces collègues déjà connus un regard qui les enferme dans ce que je sais d’eux :

Donne-moi de savoir les découvrir comme si je les rencontrais pour la première fois,

Fais-moi la grâce d’une oreille écoutante, sachant se laisser surprendre,

Ainsi que le cadeau d’un cœur toujours prompt et prêt à l’émerveillement.

 

Permets, s’Il te plaît que je sache voir dans chaque rencontre, même à travers toutes les difficultés, une icône vivante de Toi,

Et, pour cela, donne-moi cette grâce d’un regard sempiternellement nouveau.

 

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dimanche, août 27 2017

A minima, Tu es le Trésor d'un coeur d'ancienne !

 

            L’ancienne région de Césarée-de-Philippe où Jésus se trouve dans l’épisode évangile de ce dimanche, j’ai eu l’occasion d’y passer récemment avec de belles balades à Dan et, surtout, à Baniyas. C’est magnifique mais ce fut une région marquée par l’idolâtrie. Est-ce un hasard si c’est le lieu que Jésus choisit pour demander « au dire des gens, qui est le Fils de l’homme ? » puis le fameux « et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? ». Les uns et les autres ont des réponses qui divergent… Et ne serait-ce pas encore le cas aujourd’hui ?

 

          Césarée de Philippe, c’est un peu notre monde. Non pas seulement « eux », au loin, mais aussi « nous » avec toutes les idoles que nous nous construisons, toutes ces choses qui nous encombrent et nous détournent de « l’unique nécessaire ». Et les réponses divergent aujourd’hui encore, on pourrait les actualiser, elles seraient probablement un peu moins sympa que dans la Bible : « pour machin, tu n’es qu’une illusion ! », « Pour certains, tu n’es qu’un personnage de l’histoire », « pour d’autres, tu es un bon maître de sagesse ». « Quelques-uns enfin envient ton succès et demandent ta recette pour être un gourou autant suivi ».

 

        Certes, il y a nos croyances qui divergent, nos philosophies et nos histoires personnelles mais il y a aussi, dans nos propres vies de croyants chrétiens appelés à répondre au « pour vous, qui suis-je ? » des obstacles, des « idolâtries » faisant suffisamment écran pour nous empêcher de répondre non pas du bout des lèvres comme une ritournelle apprise mais bien avec tout notre être : « Tu es le Christ ! Le Fils du Dieu vivant ! ». Ou toute autre exclamation prononcée avec amour, avec tout le cœur et tout le corps. J’ai du mal à imaginer Pierre prononçant cette réponse autrement que se levant et s’élançant amoureusement vers Jésus. L’idolâtrie, ce sont tous nos « j’aime » possessifs, mal ajustés au « je T’aime » que nous pouvons dire au Christ.

 

            Ce midi, profitant de quelques derniers jours de vadrouille vacancières, j’ai eu l’occasion d’aller avec un ami récemment ordonné à une messe (très) anticipée du dimanche qu’il célébrait dans un EHPAD. Je suis toujours foncièrement marquée par les messes dans ce genre d’endroits où quelque chose de l’incroyable force de Dieu dans la faiblesse se dit ou, plutôt, se balbutie et s’écrit à travers les rides. J’y vis toujours l’eucharistie très différemment. Là, cela n’a pas raté et j’y ai vu comme un écho de l’Évangile : j’ai contemplé ces anciens après la communion, quelques-uns rudement éprouvés par l’âge. Certains arboraient un beau sourire, d’autres marmonnaient les yeux fermés une prière, celui-là levait les yeux au ciel et puis celle-ci, en fauteuil roulant, bouleversante, avait replié ses bras doucement sur son cœur comme si elle voulait conserver à jamais le trésor qu’elle venait de recevoir.

 

       A les regarder ainsi, j’ai souri, les considérant comme donnant la meilleure réponse qu’on puisse jamais faire à la question du Christ, Bien-Aimé de nos âmes, venu se faire pauvre avec ces plus pauvres afin de leur donner la Vie.

 

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mercredi, août 23 2017

Mieux qu'une histoire de piécettes

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Aujourd'hui, la liturgie nous proposait l'évangile des ouvriers de la dernière heure (Mt 20, 1-16) comme on aime souvent l'appeler. Moi je l'aime bien cette parabole parce que je suis sûre que j'aurais été un peu du style à murmurer intérieurement alors cela me fait toujours du bien de l'entendre. 

Le pitch ? Des ouvriers viticoles ayant trimé toute la journée se trouvèrent fort dépourvus lorsque le soir fut venu... Euh, enfin presque : ces bosseurs et des ouvriers ayant seulement à peine mouillé le maillot en fin de journée (ils s'y sont mis à 17h uniquement pour une fin de travail à 18h... Tranquilles ! Pires que des profs !) reçoivent à la fin le même salaire, celui qui avait été convenu avec les plus matinaux qui avaient commencé dès l'aube. Cris de ceux-ci de voir les autres recevoir le même salaire ! Injustice ! Mais que font les syndicats de vignerons ? 

Alors on explique souvent que la justice de Dieu n'est pas la nôtre, que Son coeur est plus grand que le nôtre : c'est bien vrai. On en profite aussi pour se rappeler que la jalousie spirituelle, c'est tout de même très malheureux : et si mon frère converti récemment a une vie spirituelle plus dense que la mienne, qui suis-je pour en être aigri ? Et surtout, quel besoin ai-je de comparer ce qui n'est pas comparable ? ... si tant est d'ailleurs qu'on sache vraiment "où" nous en sommes dans notre vie spirituelle. 

Mais si ce denier que chacun reçoit en fin de journée, c'était surtout l'Amour du Bon Dieu ? Le Christ utilise cette parabole pour parler du Royaume des Cieux dont le maître mot est l'amour. Alors, que Dieu pourrait-il donner d'autre - et d'ailleurs, que Dieu peut-il faire d'autre que de donner ? - qu'un Amour plein, entier et vraiment indivisible ? 

Un 1/2 amour, un amour sous conditions, un amour qui dose et hiérarchise est-il amour ? 

Aux croyants de toujours comme aux imprévus de Dieu arrivés à la dernière minute, Dieu se propose de donner le même salaire : Son Amour. Parce qu'il ne peut pas donner plus, tout comme Il ne peut donner moins. Alors, Il traite chacun en égal non pas spécialement parce qu'Il est juste dans Son apparente injustice mais surtout parce qu'Il nous veut non seulement ouvriers à Sa vigne mais surtout commensaux à la table de Sa vie. 

 

mardi, août 22 2017

Vacances, alliance, chance !

Chers amis lecteurs,

 

Comme vous vous en doutez à ne pas avoir lu de messages ici même depuis fin juillet, Zabou se trouvait en vacances en des lieux à la connexion incertaine. Mais ce ne furent pas des vacances « ordinaires » dans un coin simplement un peu perdu : je rentre en effet d’un peu plus de 15 jours en Terre Sainte, d’une session de « Bible sur le terrain » ! (Le titre de cette « retraite biblique itinérante » dit assez ce que nous y faisons).

 

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