Zabou the terrible

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mercredi, août 27 2014

Ne poussez pas, je vous prie, le Mammouth dans les orties

 

 

 

Un nouveau ministre de l’Éducation Nationale (entre autres ! Mais particulièrement…) et c’est l’effervescence sur les réseaux sociaux, notamment du côté d’un grand nombre de catholiques. Le problème, c’est que ce que j’ai pu lire m’a un peu fait froncer le sourcil.

 

Il est évident que mon âme de chrétienne ne peut être en accord avec la totalité des positions passées de Mme Najat Vallaud-Belkacem et s’est déjà trouvée chiffonnée par ses propos. Il ne s’agit pas ici de faire de la politique, il s’agit d’éthique et surtout la concernant de bioéthique : de vie, en réalité. Mais ce n’est pas mon propos ici car je pourrais tout autant parler de mes divergences idéologico-spirituelles avec l’un de ses prédécesseurs.

 

Car, quand je dis que ce que j’ai lu ici ou là comme réaction à sa nomination m’a fait froncer le sourcil, c’est en réalité un peu plus fort : cela m’a blessée. On a crié haro sur le fameux mammouth dans son ensemble, décriant dès à présent un niveau encore en baisse ou une idéologie omniprésente, englobant dans le tout d’un jugement à l’emporte-pièce des masses de personnes concernées, et ramenant ces personnes à la seule nouvelle ministre.

 

C’est facile de cracher sur l’Éducation Nationale, sur ces feignants de profs toujours en vacances, sur ces nuls d’élèves… Mais connaissez-vous le « terrain » ? Ces milliers de profs passionnés qui se battent, chaque jour, pour faire grandir un peu plus, un peu mieux ? L’idéologie y est bien loin car l’urgence y est omniprésente, le niveau de fait souvent catastrophique mais, si la marche est haute à faire franchir, le défi est passionnant. Et, pour le coup, c’est la culture de l’humain qui y règne en maîtresse : et c’est ma joie.

 

Il y a un ministre de l’Éducation Nationale, oui, et on a le droit de ne pas être d’accord avec. Et on a le droit d’être méfiant mais, s’il vous plaît, et vous en particulier, mes frères chrétiens, ne jetez pas le bébé avec l’eau du bain : l’enseignement privé ne saurait accueillir tout le monde et l’Éduc’ Nat’ reste la grande usine du savoir, extrêmement loin d’être parfaite, certes, mais n’étant pas repeinte idéologiquement à chaque ministre. D’autant plus qu’on peut travailler ensemble sans être d’accord ! Il faut, simplement, veiller à ce que la liberté de chacun demeure. 

 

Il ne s’agit pas pour moi de peindre plus blanc que blanc un tableau contrasté, souvent très sombre, ni en aucune manière d’encenser cette nouvelle ministre vis-à-vis de laquelle j'admets partager votre méfiance ou même  simplement de défendre mon bout de gras mais, s’il vous plaît, ô mes frères et sœurs dans la Foi, ne serait-il pas bon d’avoir aussi l’honnêteté intellectuelle que vous exigez de vos contradicteurs ? 

 

dimanche, août 24 2014

Rends-moi fidèle

 

Vers la fin des vacances, prendre enfin le temps de finaliser ce petit choix, ce tout petit choix d’hymnes monastiques que je voudrais tellement léger qu’il puisse se glisser en format miniature dans un bréviaire sans y ajouter d’épaisseur. Pas grand chose, juste quelques textes particulièrement aimés dans lesquels on puisse puiser, à l’occasion, pour laisser plus de place à l’écoute du silence qui parle dans les mots.

 

En flânant à nouveau sur le site de la CFC (Commission francophone cistercienne), je retombe sur cette hymne-là et je la trouve décidément très belle : toute pleine de la justesse qu'a la sincérité d'un coeur pauvre, mais qui s'efforce de prier. 

 

Rends-moi fidèle (CFC – S. Marie-Pierre)

Rends-moi fidèle, Seigneur,

A ce fil d’espérance,

Et ce peu de clarté

Qui suffisent pour chercher.

 

Rends-moi fidèle, Seigneur,

A ce vin de ta coupe,

Et ce pain quotidien

Qui suffisent pour marcher.

 

Rends-moi fidèle, Seigneur,

A ce brin d’allégresse,

Et ce goût du bonheur,

Qui suffisent pour chanter.

 

Rends-moi fidèle, Seigneur,

A ton nom sur mes lèvres,

A ce cri de la foi,

Qui suffisent pour veiller.

 

Rends-moi fidèle, Seigneur,

A l’accueil de ton souffle,

A ce don sans retour,

Qui suffisent pour aimer.

 

 

vendredi, août 22 2014

Et maintenant notre page de psaume

 

Certains erraient dans le désert sur des chemins perdus,

Sans trouver de ville où s’établir :

Ils souffraient la faim et la soif,

Ils sentaient leur âme défaillir.

 

Dans leur angoisse, ils ont crié vers le Seigneur,

Et lui les a tirés de la détresse :

Il les conduit sur le bon chemin,

Les mène vers une ville où s’établir.

 

Extrait du psaume 106 offert par la liturgie en cette fête de Marie Reine

 

 

 

 

Certains jours, les psaumes – celui de la messe ou ceux des offices – sonnent comme un J.T.,

Mais un J.T. sans voyeurisme, un J.T. du simple fait :

La souffrance, l’errance et, en même temps, parce qu’ils sont d’un peuple croyant, une incroyable, une invincible confiance.

Parce que la liturgie ne nous met en réalité pas à part mais nous plonge toujours dans l’actualité, dans celle qui a nom éternité, on a le cœur peut-être plus à même d’écouter, d’entendre résonner ce qui bat au cœur du monde, et, sans doute, alors, de prier…

 

Comment, en priant ce psaume, n’avoir pas à l’esprit ces intentions ?

Pour tous les persécutés, notamment nos frères d’Irak ;

Pour que, criant leur détresse, ils gardent confiance ;

Cette confiance en Lui pour laquelle ils sont persécutés et qui, en même temps, est leur Salut ;

Pour que nous sachions être les instruments du Seigneur, pour les aider dans tout ce qui est en notre pouvoir ;

Et surtout, pour que nous ne passions pas à autre chose, laissant l’actualité toujours mouvante, celle des J.T., nous submerger mais qu’au contraire, nous sachions toujours plus nous plonger dans l’actualité éternelle du Seigneur ;

Alors, en méditant Sa Parole, nous garderons toutes les pauvretés du monde en nos cœurs,

Comme un apprentissage en vérité du « Tu aimeras » de l’Évangile.

 

 

jeudi, août 21 2014

Lire l’été ? Quelle drôle d’idée ?

 

Dans le silence profond de la campagne où même le chant des oiseaux se fait murmure atténué,

Il y ce livre, et puis moi qui le tiens,

Des heures durant, solitude de la lecture.

Il y a la lecture sur papier, profonde, d’un ouvrage, généralement d’un bout à l’autre, parfois de tel ou tel papier transmis ou d’Écriture ; 

Il y a la lecture numérique, souvent plus légère, parfois plus profonde, de tel ou tel article que l’on n’a pas le temps de lire en temps ordinaire.

 

Temps de l’été, propice à cette activité de l’esprit,

Lecture qui nécessite le silence, ce silence profond,

Comme celui d’une bulle où se place le lecteur :

Non pour buller mais pour écouter, pour regarder, pour sentir,

Pour vibrer, pour goûter, pour s’instruire, pour ruminer ;

Pour savourer.

 

Lire, cueillir, se recueillir :

Il y a comme des racines communes,

Car il est question de butiner, de glaner,

De sélectionner pour prendre ce qui est bon,

Il est question de concentration pour recueillir le suc ;

Celui-là même qui nourrit en chemin.

 

Lire, cueillir, se recueillir,

Les trois activités s’exercent dans le silence,

Comme le silence des germinations même en dehors de la saison,

Quand le soleil commence à prendre sa teinte de rentrée,

Il y est question de reprendre souffle,

Il y est question de mieux capter Son Souffle,

Pour, substantiellement nourri, être mieux envoyé(e), vivant de Lui.

 

 

 

 

(Un peu comme ce panda la bulle du lecteur… mais pas avec les mêmes effets dans la vie !)

  

Lecture estivale #5 : et Madeleine, bien sûr

 

Je la cite ici ou là sur mon blogue ou sur les réseaux sociaux mais j’aime surtout la lire : je parle de Madeleine Delbrêl (1904-1964) dont le procès de béatification est en cours. Elle est pour moi une grande figure « inspirante », d’une actualité détonnante et pertinente.

 

Forcément, je ne pouvais qu’aller lire Madeleine Delbrêl, poète, assistante sociale et mystique, cette nouvelle biographie faite par les pères Gilles François et Bernard Pitaud, bien nécessaire après la première écrite par Christine de Boismarmin, une des équipières de Madeleine certes, mais rédigée voici trente ans.

 

Littéraire de formation et de goût, je ne suis pas une grande lectrice de biographies : j’ai tendance à préférer me plonger dans les écrits mêmes de la personne. C’est a fortiori le cas pour Madeleine à la plume si agile (ça pourrait être son épithète homérique !) : ses écrits et ses poèmes sont forts, denses et profonds. Je n’ai que 3 volumes de ses Œuvres complètes toujours en cours de publication mais je vais souvent piocher dedans tant Madeleine a une vision profondément christocentrique de la vie. Et ça, c’est essentiel pour nous chrétiens : tant pour comprendre sa vie et son œuvre que pour nous en inspirer. Rien n’a de sens dans la vie de Madeleine sans le Christ et sans l’Évangile : cela ne devrait-il pas être le cas pour chaque chrétien ?

 

Toutefois, même si je ne peux donc cacher ma préférence pour ses propres écrits, cette biographie a l’immense mérite de me faire découvrir toute une période de notre histoire ecclésiale que je connais assez mal : les années 1930/40/50 en particulier. Avec la fameuse « crise » des prêtres ouvriers et, en même temps, l’immense désir missionnaire qui animait une partie de la France – l’a-t-on encore ? –, le marxisme omniprésent et le concile de Vatican ii en préparation : cela permet de mieux comprendre le monde dans lequel Madeleine a évolué, ainsi que sa pensée. Du coup, on conçoit mieux les différences mais aussi les points de convergence que la vie de Madeleine peut avoir avec notre propre monde et ce qui l’anime présentement. Personnellement, je reste marquée, comme toujours, par sa présence chrétienne réelle au sein d’une mairie marxiste : belle voie à suivre quand on est professeur dans l’enseignement public et dans un pays touché par ce qu’on nomme à grands cris la « sécularisation » ?

 


 

P.S. : il y aura un colloque pour le cinquantenaire de sa mort à la Catho de Paris en octobre. Plus d’infos par là >>

 

mercredi, août 20 2014

Lectures estivales #4 : sur les fins ?

 

Au gré de l’été, deux autres romans que j’ai littéralement dévorés.

 

Émile Ajar / Romain Gary, L’Angoisse du roi Salomon

 

C’est la même grossièreté apparente, c’est la même tendresse omniprésente que dans La Vie devant soi : le même altruisme, la même sensibilité à fleur de peau, le même amour de l’humanité qui  n’ose se dire que caché sous des mots dépravés. Cette fois, ce n’est pas dans le monde de la prostitution : c’est sur la vieillesse et, par là même, tout simplement sur la vie.

 

            C’est trop peu de dire que j’aime car on sourit plus qu’un peu, ne serait-ce que sur le grandiose passage sur la Connerie : 

 

« Moi, quand je suis en présence d'un con, d'un vrai, c'est l'émotion et le respect parce qu'enfin on tient l'explication et on sait pourquoi. Chuck dit que si je suis tellement ému devant la Connerie, c'est parce que je suis saisi par le sentiment révérenciel de sacré et d'infini. Il dit que je suis étreint par le sentiment d'éternité et il m'a même cité un vers de Victor Hugo, oui, je viens dans ce temple adorer l'Eternel. Chuck dit qu'il n'y a pas une seule thèse sur la Connerie à la Sorbonne et que cela explique le déclin de la pensée en Occident. »

qui pourrait paraître si grossier, si contre l’humanité. Mais, en réalité, souvent, le cœur nous étreint tant l’Amour paraît souvent sous l’amour dont on découvre les fils au long du livre. De la découverte de SOS bénévoles aux histoires sordides se cache ce regard si spécial signé « Ajar » qui nous donne envie de le porter à notre tour sur l’humanité… peut-être tout de même en moins désabusé.

 

 

Giuseppe Tomasi di Lampedusa, Le Guépard

 

 

 

Mis au programme de l’agrégation 2015 dans la question de littérature comparée intitulée « romans de la fin d’un monde », c’en serait un excellent résumé.

 

Le pitch en quelques mots : la Sicile, la chaleur, la révolution, la noblesse dégradée, la bourgeoisie gagnant en puissance, l’impuissance d’un « guépard » pourtant lucide. C’est du tout bon, malgré une première partie moins originale : à lire !

 

 

jeudi, août 14 2014

Pour un Max de charité


"Dieu qui as mis au cœur de saint Maximilien Kolbe un ardent amour pour la Vierge immaculée et un dévouement qui l'a conduit à donner sa vie pour son prochain, accorde-nous, par son intercession, de nous dépenser pour ta gloire dans le service des autres en imitant ton Fils jusqu'à la mort." 


Oraison de la saint Maximilien Kolbe qui sonne comme un court résumé de sa vie. Son amour de la Vierge Marie, d'abord, si fort dans sa vie : depuis sa vision de la Vierge, lui proposant de choisir entre une couronne rouge, celle du martyre, et une blanche, celle de la pureté et lui embrassant les deux, résolument, jusqu'à sa fondation de la "milice de l'Immaculée" et au bout du bout de sa vie. 

Dépense totale et entière de sa vie pour le service de la gloire de Dieu, en tout. 

Mais j'avoue être surtout touchée pour ma part par sa mort : offrir sa vie à la place de celle d'un père de famille à Auschwitz. 


C'est fort en sens, c'est fort en beauté, c'est fort en charité. 


On pourrait facilement dire : Maximilien n'accordait plus aucune valeur à sa vie, c'était un religieux ! Je crois que c'est un peu plus profond que cela. 


Chacun, tous, nous sommes appelés à donner notre vie selon l'état de vie auquel nous sommes appelés : premier don de nous-mêmes, dans l'engagement total de notre être, bien qu'il ne se réalise que progressivement, au fur et à mesure que notre vie s'achemine vers notre mort. 

Une vie n'a jamais plus d'importance qu'une autre et ce serait faux de se dire : c'est par désintérêt et désamour de sa propre vie que Maximilieu a offert sa vie pour un autre le 14 août 1941. 

Non, c'est par Évangile de vie, par Charité, la vraie, celle qui pousse à admettre comme la plus belle qui soit la phrase "il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu'on aime". 

Ceux qu'on aime ? C'est-à-dire tous dans l'idéal de vie chrétienne ! 

Mais le père Maximilien a choisi de donner sa vie pour un père de famille, pour quelqu'un qui engendrait lui-même la vie, et la vie, et encore et toujours plus la vie. 

Mort féconde entre toutes, à contempler, car si proche de celle du Christ : 

"Je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu'ils l'aient en abondance." 

mercredi, août 13 2014

La provocation des chrétiens d'Irak et d'ailleurs


C'est dur d'expliquer ce que c'est "qu'avoir la foi" sans tomber dans des mots incroyablement petits, au sémantisme trop étriqué pour dire ce qui est au-delà des mots. 

C'est dur d'accepter d'entendre ces mots "perdre la foi" comme une expression qui serait admissible. 

La Foi ne saurait se réduire à ou se régler en une expression, 

Comme l'expression de la foi ne saurait être une simple question d'"avoir". 

Le croyant ne se définit pas d'abord comme celui qu'on repère pour sa drôle d'excursion du dimanche matin en dehors de chez lui : 

"Avoir" la Foi, c'est vivre en présence d'une Présence, 

Accepter, choisir de vivre en présence d'un "Dieu dont on se sait infiniment aimé". 

Il faudrait des pages, aussi nombreuses que les traités de théologie pour en dire plus... 

Mais, ce qui m'amuse aussi là-dedans, c'est que, à l'heure du New age omniprésent qui méconnaît souvent la profondeur de la religion chrétienne et cherche à atteindre le surnaturel par différents biais, le croyant est un homme qui postule, qui croit, qui vit dans le surnaturel. 

Un jour, il a reconnu, il a reçu Dieu comme Sauveur, comme Aimé aimant. 

Il ne s'agira plus alors de perdre ou de gagner, la foi comme autre chose, il s'agira alors d'aimer. 

Long fleuve tranquille ? 

Non, il y a, il y aura des crises, des doutes, des nuits : des "riens" qui nous plongeront dans le noir le plus absolu... Il ne s'agira pas d'y perdre l'objet précieux de la foi car il ne s'agit justement pas d'un objet, il s'agira de faire pleine confiance en Celui en qui nous mettons notre foi qui est déjà là, dans la pénombre du moment, prêt à nous accueillir. 

Pourquoi je pense à tout cela ? 

Sans doute parce que j'ai des proches versés dans le New age mais plus fortement encore quand je pense aux chrétiens persécutés actuellement, notamment en Irak. 

Non pas que je fasse du favoritisme en ne me sentant concerné que par le sort du chrétien : chaque homme qui meurt est un scandale, chaque persécution est un crime contre l'humanité. 

Non, je pense à cela en contemplant la fidélité à leur foi de ces mêmes chrétiens persécutés : il serait facile de renoncer, de changer de religion, bref de se convertir à autre chose. 

Et ils restent, et ils sont fidèles, et ils sont persécutés. 

Si leur foi n'était qu'un objet extérieur à eux-mêmes, qu'est-ce qui les soutiendrait ? 

Il ne s'agit pas d'avoir la Foi, il s'agit de la vivre. 

Et ces hommes, et ces femmes continuent leur quête de Dieu... 

En entrant sans l'avoir voulu, d'une manière très spéciale dans le mystère de la croix ; 

Et ils galèrent pour aller à la messe, et ils galèrent pour prier : pour eux, c'est une question vitale, dans les deux sens du terme. 

Et moi à qui rien ne manque sur ce plan-là, 

Moi qui peux prier, moi qui peux aller à la messe, où en suis-je sur ce plan-là ? 

La messe le dimanche, c'est une évidence, 

La prière chaque jour aussi, sinon ce ne serait pas une foi vivante. 

Mais parfois ça m'ennuie, je suis lassée de dire cet office, de pendre ce temps silencieux après cette journée chargée en tout, je souffre du "pasenviefatigueeseigneurjetaimmemaisquandmeme". 

En sus de notre charité, les chrétiens persécutés provoquent notre fidélité : 

Mais peut-être l'un rejoint-il l'autre ? 

La charité envers eux pourrait aussi être de se laisser questionner dans notre foi, dans notre fidélité ; 

Et d'y grandir, pour eux, pour Dieu. 

vendredi, août 8 2014

Lectures estivales #3 – un poil de Malraux et un brin de Yourcenar


Mais pourquoi donc associer ces deux livres dans ma suite de lectures estivales ?

 

Réponse 1 : Ce sont deux romans très célèbres du xxe siècle : vrai. Néanmoins, entre l’un publié en 1930 et l’autre en 1951, il semble délicat d’y voir un lien direct.

Réponse 2 : les noms des deux auteurs contiennent des lettres qui valent cher au Scrabble… si toutefois les noms propres y étaient admis !

Réponse 3 : Je les ai depuis longtemps (l’un me fut offert !), je les ai commencés tous les deux et, interrompue dans ma lecture, je ne m’y suis jamais remise. Il était donc temps de s’y mettre pour de bon et l’un se trouvant au-dessus de l’autre, l’occasion a fait le reste. Vrai aussi. 

 

… mais en réalité, la lecture successive des deux m’a fait apparaître un lien sans doute plus profond. Enfin, commençons ces quelques mots.

 

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mercredi, août 6 2014

« Je suis venu allumer un Feu sur la terre ! »

 

 

 

La technique pour rendre matériellement le chant

« Dans nos obscurités, allume le Feu qui ne s’éteint jamais ? »

  

lundi, août 4 2014

Menu propos sur la prière du Curé d'Ars




"Mes enfants, vous avez un petit cœur, mais la prière l'élargit et le rend capable d'aimer Dieu. 
La prière est un avant-goût du ciel, un écoulement du paradis. Elle ne nous laisse jamais sans douceur. C'est un miel qui descend dans l'âme et adoucit tout."
 

St Jean-Marie Vianney, Catéchisme sur la prière (proposé à l'office des lectures du 4 août) 


L'oraison en voyage

Des routes prévues aux séjours impromptus pour cause de gros changement de programme, 

Changement qui a nom, soyons clairs, cause de guerre, 

Je ne fus ni beaucoup chez moi, ni surtout, à forcer de partager à plusieurs mes lieux de couchage, seule devant ce petit lieu si délimité, 

Ce tout petit coin d'appartement, 

Chez moi — ou un endroit quelconque ailleurs  — mais surtout au calme. 

Oraison... 

Temps avec Toi qui nécessite autant le silence, 

Oh, certes, Tu es toujours avec moi, 

Et je peux, et il est bon, de me dire souvent que Tu es là, 

Et je peux Te bredouiller comme cela quelques mots dans le brouhaha, 

Oh, certes, elle a du prix à Tes yeux cette oraison toute de pauvreté, 

Mais pourrait-on s'en contenter ? 

Mais pourrait-on s'y cantonner ? 

Qu'est-ce qu'un Amour qui ne prend le temps de s'épanouir ? 

Qu'est-ce qu'une prière pour la paix si elle ne prend source et but dans l'Amour ? 

Se poser, se reposer, se retrouver mais surtout Te retrouver, 

T'y chercher et T'y trouver, 

Au plus profond du cœur où, avec Toi, il n'y a jamais vacance, 

Dans ces jours, Il y a l'oraison au gré du temps, 

Et puis il y a ce temps, si unique, de l'oraison, 

Ce n'est pas un voyage de plus ou un voyage autour de ma chambre, 

C'est une plongée plus intérieure qui donne sens, qui donne vie. 

vendredi, août 1 2014

Lecture estivale #2 – L’arabe du futur

 

 

 

Après la spiritualité, une B.D. ! Sous-titrée « une jeunesse au Moyen-Orient », cette BD autobiographique couvre les 6 premières années de vie de l’auteur, passées entre France (un peu), Lybie (beaucoup) et Syrie (encore plus !) car né d’une mère bretonne et d’un père syrien.

 

 

 

En lisant, on pense à Marjane Satrapi et à son si fameux Persépolis mais l’enjeu n’est pas tout à fait le même : ici s’affrontent deux regards, d’abord celui du père, plein de foi en « l’arabe du futur » qu’il pense retrouver progressivement dans les dictatures de Khadafi et de El-Assad avant de percevoir – sans trop oser se l’avouer – leur échec et, de l’autre côté, il y a le regard mignon, tendre mais en même temps sans complaisance de l’enfant que Riad Sattouf fut. L’ironie est décapante mais surtout, au-delà du sourire qu’elle provoque bien souvent, elle lève les voiles sur des réalités qu’on imagine peu… tout en causant presque en permanence du Moyen-Orient !

 

jeudi, juillet 31 2014

Lecture estivale #1 – L’expérience de la présence de Dieu

 

Comme souvent l’été, je posterai ici quelques citations ou quelques mots sur certaines de mes lectures estivales. Parce que c’est un moment favorable pour lire plus, dans tous les domaines. La première est un petit livre de spiritualité, tout court mais fort efficace, offert par un grand ami dans le Seigneur.

 

Fr. Laurent de la Résurrection, L’Expérience de la présence de Dieu


 

Des mots tout simples, des mots tout doux même, mais une grande petite voie de simplicité. Il n’y a rien dans ce livre que vous ignorez, il n’y a rien dans ce livre que vous ne puissiez faire et, pourtant, dans ce livre, il n’y a pas grand chose dont nous avons une réelle conscience permanente. On admire, on se sent pécheur et puis, on a finalement encore plus le désir de se tourner vers l’amour du Seigneur en le lisant.

 

« La pratique la plus sainte et la plus nécessaire en la vie spirituelle est la présence de Dieu, qui consiste à se plaire et à s’accoutumer en sa divine compagnie, parlant humblement et s’entretenant amoureusement avec lui en tous temps, à tous moments, sans règle, sans mesure ; surtout dans le temps des tentations, des peines, des aridités, des dégoûts et même des infidélités et des péchés.

 

Il faut s’appliquer continuellement à ce que toutes nos actions soient une manière de petits entretiens avec Dieu, pourtant sans étude, mais comme ils viennent de la pureté et de la simplicité du cœur.

 

Il faut faire toutes nos actions avec poids et mesure, sans impétuosité et précipitation qui marquent un esprit égaré. Il faut travailler doucement et amoureusement avec Dieu, le prier d’agréer notre travail, et par cette attention continuelle à Dieu, nous briserons la tête du démon, et lui ferons tomber les armes des mains.

 

Nous devons, pendant notre travail et autres actions, même pendant nos lectures, quoique spirituelles, pendant nos dévotions extérieures et prières vocales, cesser quelque petit moment, le plus souvent que nous pourrons, pour adorer Dieu au fond de notre cœur, le goûter en passant et comme à la dérobée, le louer, lui demander son secours, lui offrir notre cœur et le remercier. »

 

Fr. Laurent de la Résurrection, L’expérience e la présence de Dieu [1694], éd. du Seuil, coll. « Livre de vie », 1997, p.132-133.

 

Angelus du 27 juillet - Lire l’Évangile, c’est trouver Jésus et avoir cette joie chrétienne, qui est un don du Saint-Esprit

 

A défaut de partir en Terre Sainte, je suis allée à Rome avec trois autres futurs ex-pèlerins pour prier pour la paix. Dimanche dernier, nous avons participé à la prière de l’Angelus sur la place Saint Pierre.

 

 

 

C’était très beau et l’enseignement du Saint Père particulièrement fort et touchant.

 

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mardi, juillet 22 2014

Initiatives de paix

 

La violence semble se déchaîner de partout en cet été 2014 : Terre Sainte, Ukraine, violences affreuses faites aux minorités chrétiennes en Irak… et tant d’autres, sans doute, que nous ignorons ou voulons ignorer.

 

Dans tous les cas, c’est la paix qui fait défaut. Et nous qui sommes éloignés géographiquement semblons si impuissants ! Cela pourrait être désespérant ; c’est sans doute un appel à quitter toutes ces suffisances qui, trop souvent, encombrent notre prière : là, nous ne pouvons que présenter nos mains vides devant Lui et notre cœur, simplement tendu vers la paix. Prions pour la paix.

 

Il serait trop simple de n’y voir que de l’extériorité, de ne voir dans cet appel à prier pour la paix qu’un vœu pieux à la limite d’une bigote bonne conscience que je me donnerais. Non : en priant, c’est aussi tout mon être que j’engage. Parce que la violence commence en moi, dans tous ces germes tout moches là, de division, de haine, d’intolérance que je porte en moi : prier pour la paix, c’est donc m’engager à changer, à me convertir, toujours plus. Et parce que prier pour la paix, c’est aussi engager tout mon être dans cette prière : ne pas la faire du bout des lèvres comme un devoir vite accompli mais de tout mon cœur et de toute mon âme. Et avoir cette intention toujours présente à l’esprit : viens, Esprit de paix…

 

Trêve de blabla, je vous partage ici deux initiatives et vous fais une proposition :

 


* Demain soir, mercredi 23 juillet, le diocèse de Nanterre organise une « veillée de prière pour la paix et pour les chrétiens persécutés ». Celle-ci aura lieu le jour même où, nous jeunes de 18 à 30 ans du diocèse, devions partir en Terre Sainte. Elle se déroulera à partir de 20h45 à la cathédrale, en présence de Mgr Michel Aupetit. Lien facebook de l’événement



 

* Vendredi 25 juillet : une journée de prière et de jeûne pour nos frères chrétiens persécutés en raison de leur Foi au Christ.

 

 

 

Lien facebook de l’événement



 

* Tout le temps, dès que nous prenons un temps de prière, même tout court, tout petit, tout misérable, prier à cette intention.

Cela peut être en quelques mots ou pourquoi pas par exemple en reprenant la prière des chrétiens pour la paix de la rencontre d’Assise ? Elle est disponible ici : http://www.eglise.catholique.fr/foi-et-vie-chretienne/la-priere-pour-les-catholiques/prieres-pour-notre-temps/369978-priere-des-chretiens-pour-la-paix/

 Ou encore en priant avec quelques chants ! 

Frieden, Frieden 



lundi, juillet 21 2014

Donne-nous de marcher, toujours

 

En chemin sur la via Francigena, j’ai aussi glané cette belle prière qui s’adresse à tous, puisque, tous, nous sommes des pèlerins en route vers notre patrie céleste.

 

Donne-moi de marcher

 

Seigneur Jésus,

Toi qui as fait un si long déplacement

D’auprès du Père

Pour venir planter ta tente parmi nous,

Toi qui es né au hasard d’un voyage

Et as connu toutes les routes

- celle de l’exil,

celle des pèlerinages et de la prédication -,

Tire-moi de mon égoïsme et de mon confort :

Fais de moi un pèlerin.

 

Seigneur Jésus,

Toi qui as pris si souvent

Le chemin de la montagne

Pour trouver le silence

Et retrouver le Père ;

Pour enseigner les apôtres

Et proclamer les béatitudes ;

Enfin pour offrir ton sacrifice,

Envoyer tes disciples,

Et faire retour au Père,

Attire-moi vers le haut :

Fais de moi un pèlerin de la montagne.

 

Je suis tenté de vivre tranquille,

Et Tu me demandes sans cesse

De risquer ma vie comme Abraham.

Je suis tenté de m’installer,

Et Tu me demandes de marcher dans l’espérance :

Vers Toi, le plus haut sommet,

Dans la gloire du Père.

 

Seigneur qui m’as créé par amour

Et pour aimer,

Donne-moi de marcher vers Toi

Avec toute ma vie, avec tous mes frères,

Avec toute la création,

Dans l’audace et l’adoration.


 

 

P. Gratien VOLLUZ, chanoine du Grand-St-Bernard


Ici comme là et là-bas #prayforpeace


Le pèlerin ne peut être qu'instrument de paix : il marche, il prie comme il peut, il cause et rencontre. 

Il n'a rien que ce qu'il est - et les quelques pauvres affaires qu'il porte en son sac - et sa fatigue. 

Inconnu marchant dans l'inconnu, il n'apporte ni haine, ni ferment de division : 

Car le pèlerin est formidablement désarmé. 

Il n'attend rien, il reçoit tout et apprend à entrer dans une attitude de gratitude. 



Bien souvent, en quittant une maison où j'avais été si bien accueillie sur ce chemin, j'ai pensé à l'Evangile et à ce que le Seigneur demandait à ses disciples de faire... alors, je susurrais en partant un  : "que la paix soit sur cette maison". 


Un soir, dans un hébergement en famille, il y avait cette prière affichée dans la chambre qui m'était prêtée 

Alors que je portais particulièrement en mon coeur de prier pour la paix lors de mon pèlerinage, cela m'a touchée : 


Seigneur, que la paix soit sur ce monde, 

en ces temps où les conflits éclatent partout, où elle semble éteinte, éloignée, bannie de tant de pays, 

Seigneur, que Ta paix vienne ! 

Qu'elle vienne vite, habite et règne dans les coeurs ! 

Et aide-moi aussi à savoir la faire en moi pour qu'elle rayonne autour et commence ici ! 


"Que le Dieu de la paix suscite en tous un authentique désir de dialogue et de réconciliation. La violence ne peut être vaincue par la violence. La violence ne peut être vaincue que par la paix. Prions en silence pour demander la paix. Tous en silence" 

(pape François, à l'Angelus de ce dimanche 20 juillet 2014) 


mardi, juillet 15 2014

La prière massive du pèlerin comme salut

Genuflecter, hasardeusement, 

Comme on peut, en oscillant, 

Et se laisser tomber sur la chaise, 

Devant la lumière rouge, 

Comme un bloc. 


Après la journée, après la marche, 

Après tous ces kilomètres, 

Après toutes ces galères, 

Après tous ces beautés, 

Se laisser tomber, 

Oui, comme un bloc. 


La prière du pèlerin de fin de journée, 

Ce n'est pas l'art de la nuance, 

Ce ne sont pas les belles pensées, 

C'est tout un corps, fatigué, usé 

Qui vient se poser, se reposer. 


Le cerveau ne cherche pas les mots compliqués, 

Il n'y a qu'un bloc, oui, mais ce bloc, c'est moi. 

Et il y a un cœur, et il y a une âme... 

Je n'ai rien à dire, je suis tellement fatiguée

Mais j'aime venir là à peine installée, à peine douchée, même pas un peu reposée quand une église est proche. 


Je ne sais pourquoi, je ne sais que dire, 

Mais il y a au fond l'Esprit Saint qui vient au secours de ma faiblesse, 

Il ne me donne pas de mots, non, ce n'est pas nécessaire : il y a eu la marche, il y a eu la prière des Heures, il y a eu ces dialogues et ces Dialogues... 

Il vient juste ouvrir la porte du cœur de ce bloc qui se sait aimé, 

Bien au-delà de la fatigue, 

Laisser ouvert devant Lui le fond de l'être, 

Et rester là, là où les mots ne sont plus nécessaires. 


samedi, juillet 5 2014

L'habit ne fait pas le pèlerin


Bref, ce qui compte dans tout ça, c'est l'épaisseur ! 


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