Zabou the terrible

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samedi, janvier 13 2018

Portes grandes ouvertes au Christ

 

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Ordinairement, le réveillon du jour de l’an est pour moi l’occasion d’une belle soirée entre amis où les mets fins côtoient les mots d’esprit et les grandes rigolades dans la chaleur simple et douce de l’amitié.

 

De ce moment si apprécié, cette année, point ! Car, à l’heure où en France vous franchissiez le pas de 2018, j’étais encore six heures plus tôt en 2017, de l’autre côté de l’océan Atlantique, dans un petit pays qui est comme le pont entre les Amériques du Nord et du Sud : le Panama. Formidable pays que j’ai eu la joie d’arpenter et de découvrir durant huit jours afin de préparer pour mon beau diocèse les JMJ de Panama en janvier 2019 : j’en suis rentrée cœur et yeux pleins et il me tarde d’en parler pour inviter chacun !

 

Que faire quand on est loin de chez soi le 31 ? Avec l’équipe, nous avons été invités dans la famille d’un responsable JMJ d’un diocèse panaméen. A quoi nous attendre ? Nous connaissions en partant le sens de la fête des Panaméens, nous étions loin de deviner leur formidable sens de l’accueil.

 

C’est dans une semi-campagne de province que nous nous sommes vites retrouvés, humble quartier aux petites maisons proprettes mais petites. La demeure de notre hôte était d’une immense simplicité mais elle avait sa porte grande ouverte : pour nous, pour tous les voisins qui se rendent des visites ce soir-là. Chacun va rencontrer les autres, simplement. 

 

Cette famille n’avait pas grand-chose et, pourtant nous avons été reçus mieux que des rois : nous avons vraiment été reçus comme si nous étions le Christ. Tant sur la forme que sur le contenu : plats locaux de fête confectionnés essentiellement à partir de leur propre jardin – que nous avons visité comme il se doit : il faut dire que nous n’avons pas de cacaotier, de palmier et de perroquets dans les nôtres – et du propre cochon qu’ils avaient élevé et, surtout, un accueil simplement en frères vraiment bouleversant. De belles discussions, une volonté de nous faire tout goûter de leur pays, de leur région, de leur culture… Quel beau réveillon ! Quelle joie que embrasser ces frères donnés au bout du monde à minuit !

 

Ils nous ont écrit après cette soirée, notamment ces beaux mots : « Nous avons ouvert les portes de notre humilité. Et nous avons été honorés. »

 

Quelle meilleure leçon ? C’est nous qui avons été honorés ! Et c’est nous qui avons reçu d’apprendre bien mieux, grâce à des frères, ce que le mot « accueil » signifiait.

Puisse tous les futurs JMJistes faire pareille expérience dans un an !

mercredi, janvier 10 2018

Actualisation ?

;-) 

dimanche, janvier 7 2018

Belle et sainte année 2018 !

http://www.zabou-the-terrible.fr/Cartevoeux2018.jpg

lundi, décembre 25 2017

Noël jusque-là

 

http://www.france-export-fv.com/WebRoot/Orange/Shops/6449c484-4b17-11e1-a012-000d609a287c/50FE/78C8/C7F4/9A44/45EE/0A0C/05E7/04A4/Cafe_GrandMere_Familial.jpg

Bonjour au directeur du lieu, digicode, « elle vous attend » dite par l’infirmier puis quelques échanges de « joyeux Noël » avec les divers membres du personnel avant de la retrouver, dans ce lieu où le temps ne poursuit plus tout à fait sa route habituelle.

 

Nous dire bonjour, nous embrasser, me demander intérieurement si elle connaît encore mon prénom et quel est le lien de parenté qui nous unit. Je ne pense pas… Elle sourit toutefois toujours en retour.

 

Quelques échanges de banalités, entrecoupés par celle-ci qui répète « assurément » et qui veut absolument s’installer auprès de nous, par les sortes de râles de celle-là et par l’apathie généralisée de ceux qui ne savent plus, qui semblent avoir oublié ce que c’était que vivre. Il y a aussi celle-ci qui s’est endormie recroquevillée dans un coin.

 

Certains savent encore parler, d’autres ont oublié même la manière de se déplacer… Le luxe et la chaleur du lieu ne parviennent pas à en camoufler parfaitement l’horreur : que reste-t-il de ces vies ? Et pourtant… ils vivent ! Je ne sais jamais comment appréhender cet endroit tant je ne le comprends pas, tant logiquement que spirituellement. Je sais juste combien j’en sors le cœur plein de prières.

 

Elle, à part cette mémoire qui s’envole de plus en plus, ça va plutôt bien du côté moteur tout comme pour profiter de la vie d’ailleurs : elle se croit dans un restaurant, pourquoi pas. « Je ne les connais pas bien, je ne sais pas comment c’est chez eux, je n’ai jamais réservé ici » : moi non plus pour tout t’avouer ! Mais je sais que tu gardes ton goût pour le bon champagne et que tu seras heureuse d’en boire une flûte !

 

Les soignants l’appellent « gentille dame » : j’apprends que c’est ainsi qu’elle appelle tout le monde pour camoufler ses oublis… Alors les soignants se sont aussi mis à l’appeler « gentille dame » : j’aime bien, cela va bien avec sa personnalité. Une gentille dame.

 

Elle, ma mère et moi sommes placées dans le petit salon télé pour être plus au calme pour notre déjeuner de fête : c’est encore l’heure de la messe télévisée. Je ne sais même pas si cette pratiquante régulière de toujours sait encore ce que c’est que la messe tant ses propos sont incohérents. Nous écoutons d’une oreille.

Et puis, il y a ce chant final bien connu de Noël avec ce fameux refrain aux tant de o : et c’est avec surprise que je l’entends, elle, ma grand-mère chantonner les Anges dans nos campagnes sans se tromper dans les paroles. Ancrage d’une vie… ? Je suis touchée de voir qu’elle s’en souvient : est-ce de la mémoire à long terme ou ce qui t'a marquée plus profondément que tout ? 

S’ensuit la bénédiction Urbi et orbi précédée d’un court commentaire disant que celle-ci venait spécialement rejoindre les malades et les personnes isolées. Eh bien, moi, dans cette unité Alzheimer, à entendre la bénédiction du pape venir se poser jusque sur tous ces gens qui ne le savaient même plus, j’ai écrasé une larme.

Oui, c’est Noël aujourd’hui et c’est bien jusque-là, dans ces lieux sans saveur où l’on tente de préserver ce qui reste de vie, au mieux ou au moins mal, que la bénédiction de l’Amour incarné vient se déposer : sur ceux qui ont oublié qu’ils vivaient… parce que Dieu est venu leur donner tout spécialement Sa vie.

Conte pour la nuit

Une fois n'est pas coutume... Avant de vous souhaiter plus longuement un joyeux Noël, voici un petit conte rédigé pour cette Nuit différente des autres.

 

Saint François et la crèche

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En ce temps-là, François, celui qu’on nomme aujourd’hui Saint François d’Assise, avait déjà créé son ordre religieux et avait fait le choix de vivre dans une immense pauvreté. Il aimait dire qu’il avait épousé Dame Pauvreté pour être disponible afin de suivre le Christ. Malgré cela, il continuait à chercher tous les moyens pour mieux dire le message chrétien : c’était là toute sa joie et il y mettait toute sa force d’homme. Dire et transmettre la joie de l’Évangile à tous, en chantant la louange de Dieu. 

            Nous sommes en 1223. Cette année-là, l’hiver est rude en Ombrie, cette province d’Italie dans laquelle il vit, et François cherche comment il souhaite fêter Noël cette année avec ses frères. Il y faut de la joie et de la simplicité.

Lire la suite...

samedi, décembre 23 2017

Après une grosse période de rush...

mercredi, décembre 6 2017

Retour sur la Terre Sainte

J'avais évoqué ici mon pèlerinage du mois d'août dernier en Terre Sainte. Je viens d'en écrire un récit un peu plus long pour le "journal d'une jeune consacrée" sur le blog des "jeunes cathos". 

A lire par ici >>

lundi, décembre 4 2017

Calendrier catho de l'Avent 2017

Vu la popularité de cette petite proposition quand j'en parle autour de moi, je la mets online ici.. 

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Qu'est-ce ? 

A l'origine, une simple proposition de méditation pour l'Avent de mon accompagnateur spirituel (bonjour père, s'il vous prend l'idée farfelue de passer par ici !) : dans l'évangile de chaque jour de l'Avent, trouver et méditer la facette du Sauveur qu'on y découvre. 

Seulement, voilà, j'ai un terrible esprit gamin et j'ai pensé que ce serait tout aussi sympathique de le faire sous forme de calendrier de l'Avent : chaque jour, une appellation du Sauveur non à ouvrir dans une petite fenêtre avec du chocolat mais à découvrir dans l'Evangile donné pour la journée. Cadeau savoureux du jour ! 

Pour mieux la méditer, pour mieux la vivre, tout au long de notre journée. Afin d'accueillir le Sauveur dans toute son épaisseur humaine comme divine, le jour de la Nativité. 

Si vous voulez vivre cette proposition, seul ou à plusieurs, le fichier du calendrier est disponible par ici >> 

Personnellement, pour ajouter une contrainte, je commencerai tous mes titres par "Celui qui", façon Friends. (Aujourd'hui, j'ai choisi : "Celui qui veut nous guérir"). Afin de passer toujours plus de la description d'un "Celui qui" à un "Tu" aimé, dans la prière. 

A vous de jouer, à vous de méditer ! 

 

dimanche, décembre 3 2017

L'avent-veille

 

Quand le jour se fait ténu,

Se lever, comme chaque matin,

Pour louer le Seigneur,

Pour Lui confier le monde,

Notre journée et surtout toutes nos rencontres.

 

Temps de l’Avent,

Temps privilégié de la veille silencieuse,

Dans le frimas sombre d’un jour peinant à s’éveiller,

Balbutier dans l’aurore seulement devinée,

Les mots doux d’un Amour destiné à illuminer.

 

http://www.chretiensaujourdhui.com/wp-content/uploads/2011/02/Couronne-et-bougies-de-lavent.jpg

 

mercredi, novembre 29 2017

Qu’est-ce qui vous donne votre vie ?

 

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« Qu’est-ce qui donne du sens à votre vie ? », c’est la question posée au poète-narrateur dans ce petit livre… Il la dépasse, la décale, la fait sonner autrement pour livrer un ouvrage d’une petite poésie en prose à la saveur si spéciale de cet élan indicible vers l’Autre.

 

« Le travail : du néant. La pensée : du néant. Le monde : du néant. L’écriture qui est travail, pensée et monde : néant. Reste l’amour qui nous enlève de tout, sans nous sauver de rien. La solitude est en nous comme une lame, profondément enfoncée dans les chairs. On ne pourrait nous l’enlever sans nous tuer aussitôt. L’amour ne révoque pas la solitude. Il la parfait. Il lui ouvre tout l’espace pour brûler. L’amour n’est rien de plus que cette brûlure, comme au blanc d’une flamme. Une éclaircie dans le sang. Une lumière dans le souffle. Rien de plus. Et pourtant il me semble que toute une vie serait légère, penchée sur ce rien. Légère, limpide : l’amour n’assombrit pas ce qu’il aime. Il ne l’assombrit pas parce qu’il ne cherche pas à le prendre. Il le touche sans le prendre. Il le laisse aller et venir. Il le regarde s’éloigner d’un pas si fin qu’on ne l’entend pas mourir : éloge du peu, louange du faible. L’amour s’en vient, l’amour s’en va. Toujours à son heure, jamais à la nôtre. Il demande, pour venir, tout le ciel, toute la terre, toute la langue. Il ne saurait tenir dans l’étroitesse d’un sens ».

 

in Christian Bobin, Éloge du rien, éd. Fata Morgana, 1990.

dimanche, novembre 26 2017

Christ Roi 2017

 

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Christ en majesté,

Christ d’humilité,

Christ glorifié,

Christ défiguré,

Christ transfiguré…

 

A nos représentations glorieuses de Sa majesté,

Christ vient toujours superposer Sa totale humanité :

D’un petit (d’)homme dans une mangeoire,

A Celui qui nourrit ceux qui ont faim, de Sa Parole et de pain,

A Celui qui ose demander de l’eau à une inconnue,

A Celui qui ose laver les pieds de ses disciples.

Jusqu’à l’abaissement suprême, torturant et humiliant de Sa croix.

 

Quand nous avons tendance à vouloir nous la raconter,

Christ nous ramène toujours au plus essentiel de Sa royauté :

L’adorer à genoux, certes, à Ses pieds, pour Sa divinité ;

Mais L’imiter, aux pieds de nos frères, pour les servir,

Sachant fléchir le genou pour aider celui qui est par terre,

Adorant ainsi, en notre frère, Son humanité.

 

Quand le mode d’emploi est l’Évangile,

Dont on ne parvient jamais à très bien se servir,

On se dit que l’année liturgique nouvelle à venir,

Offre comme une sempiternelle occasion de rattrapage :

Pour mieux Le suivre,

Pour adorer mieux le meilleur des Rois.

 

 (Illustration : Eglise de Saint-Savin, Hautes-Pyrénées, XIVème s.)

samedi, novembre 25 2017

Pour que chaque rencontre demeure unique

 

Un autre, et puis un autre, et puis encore un autre…

Seigneur, je suis claquée, je ne vais pas bien y arriver.

Les rencontres parents-profs ou ce difficile art de lutter contre l’habitude,

De lutter contre : « encore un… comme les autres », même inconscients, qui font surface quand on enchaîne une vingtaine de rendez-vous en un temps très restreint ;

De lutter contre l’inattention à ce que racontera tel parent sur ses difficultés avec son enfant qu’on a déjà entendues chez tel autre et qui nous font réagir : « Ah il ne parvient pas à se concentrer…. mais il a son portable pour travailler ? » ;

De lutter contre toute fatigue, pour accueillir vraiment, pleinement… même ceux qui vont te raconter leur vie parce qu’ils ont besoin de se confier.

 

Ces parents parlent de leur « petit chéri » avec attention, avec amour, et, s’il est unique à leurs yeux, il devrait pleinement l’être pour nous aussi :

Oh, bien sûr, sur le papier, on le sait et on a même conscience de combien il faut les connaître le plus à fond pour mieux les aider, mais, ainsi, toute une soirée ?

C’est souvent difficile de savoir rester vraiment présente à l’autre.

 

Seigneur, donne-moi de ne pas me laisser prendre par l’habitude à chaque fois qu’entre un parent d’élève,

Donne-moi l’art de l’écoute,

Donne-moi de saisir toujours mieux ce qui fait que l’enfant en question est unique, comme il l’est à Tes yeux.

Donne-moi de savoir discerner le beau en chacun pour le dire à chaque parent en sus de ce qui va moins bien et de ne jamais l’oublier,

Donne-moi de réconforter, de montrer les efforts concrets à apporter, d’encourager de manière réaliste… et surtout, tout cela, même lors du vingtième rendez-vous,

Pour les aider à grandir,

Pour donner confiance à ces petits qui sont les Tiens.

 

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Source de l’illustration : BD Les Profs

jeudi, novembre 23 2017

Traquons le refus de la soumission

 

A la suite d’une récente polémique autour de la nouvelle traduction du Notre Père et sans désir d’en rajouter mais seulement d’en sourire, je me suis simplement amusée à relever quelques « soumissions » ou « insoumissions » suspectes, susceptibles de questionner notre rapport à l’Islam. A vous d’en tirer les conclusions qui ne s'imposent pas ;-)

 

  • Sans doute la plus flagrante : La France insoumise. Non mais voilà, ça se pose là quoi. Insoumise….

 

  • « Soumettez-nous votre candidature » : on ne pense jamais assez à la portée religieuse de nos actes.

 

  • Gide est lui aussi entré dans cette problématique, citons un propos qui lui est attribué (mais dont je n’ai pas trouvé la source exacte) : « Le monde ne sera sauvé, s’il peut l’être, que par des insoumis ». Rappelons-nous que Gide était protestant… Coïncidence ? Je ne pense pas.

 

  • Un point très grave… Souvent il est de bon ton de s’indigner ou de sourire en entendant Éphésiens 5, 22 : « Femmes, soyez soumises à votre mari ». Mais que penser alors du verset 24 : « puisque l’Église se soumet au Christ ». Tout est renversé semble-t-il, au sein même de la soumission.

 

 

dimanche, novembre 19 2017

1ère journée mondiale des Pauvres

Grande nouveauté de l'année 2017, le pape François a instauré le 33ème dimanche du temps ordinaire une "journée mondiale pour les pauvres". Et si fixer cette journée le dernier dimanche "officiel" du temps ordinaire était aussi une manière de nous dire qu'il faudrait réussir à mettre cette "option préférentielle pour les pauvres" en premier de tout ? 

Il ne suffit pas d'en rester au malaise de tous ces gens qui n'ont pas de quoi vivre et "résident" dans la rue à deux pas de chez nous, 
Il ne suffit pas de nous indigner,
Il ne suffit pas de les regarder de haut... ou, pire, de ne plus les voir, devenus indifférents,
Il ne suffit pas de nous dire que nous sommes tous des pauvres en quelque chose (même si c'est aussi vrai),
Il ne suffit pas de parler de la pauvreté et des "pauvres" en général... 

.... mais, justement, ce qui est certain, c'est que le pape François en a profité pour écrire un beau message, intitulé "N'aimons pas en paroles, mais par des actes" qui n'est pas qu'une parole en l'air mais bien une invitation concrète à aller rencontrer le Christ en nos frères les plus démunis et à les mettre au centre de nos actions, pour que celles-ci soient remodelées par une charité qui soit vraie. 

 

Un court extrait : 

§3 "Ne pensons pas aux pauvres uniquement comme destinataires d’une bonne action de volontariat à faire une fois la semaine, ou encore moins de gestes improvisés de bonne volonté pour apaiser notre conscience. Ces expériences, même valables et utiles pour sensibiliser aux besoins de nombreux frères et aux injustices qui en sont souvent la cause, devraient introduire à une rencontre authentique avec les pauvres et donner lieu à un partage qui devient style de vie. En effet, la prière, le chemin du disciple et la conversion trouvent, dans la charité qui se fait partage, le test de leur authenticité évangélique. Et de cette façon de vivre dérivent joie et sérénité d’esprit, car on touche de la main la chair du Christ. Si nous voulons rencontrer réellement le Christ, il est nécessaire que nous touchions son corps dans le corps des pauvres couvert de plaies, comme réponse à la communion sacramentelle reçue dans l’Eucharistie. Le Corps du Christ, rompu dans la liturgie sacrée, se laisse retrouver, par la charité partagée, dans les visages et dans les personnes des frères et des sœurs les plus faibles. Toujours actuelles, résonnent les paroles du saint évêques Chrysostome : « Si vous voulez honorer le corps du Christ, ne le méprisez pas lorsqu’il est nu ; n’honorez pas le Christ eucharistique avec des ornements de soie, tandis qu’à l’extérieur du temple vous négligez cet autre Christ qui souffre du froid et de la nudité » (Hom. In Matthaeum, 50, 3 : PG, 58)" 

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lundi, novembre 13 2017

Les jeunes plantes et leurs spores audacieuses

Dimanche, c'était la "journée des néophytes" de mon diocèse : eh bien, fréquenter ces "jeunes pousses" est aussi bon pour la foi qu'écouter les enfants parler de Dieu ! Deux exemples, tout comme pour l'EPJ, là encore en guise de fioretti

 http://www.chantonseneglise.fr/pdf/apercus/22677_apercu.gif

 

En parlant d'un psaume : 

"Le verset qui me parle, c'est 'Oui, le Seigneur est ton refuge ; tu as fait du Très-Haut ta forteresse.' parce que, vous vous rendez compte ? Nous, les chrétiens, on a carrément l'être le plus puissant comme refuge !  On n'a jamais à avoir peur !"  

Et bim ! 

 

***

 

 

Quand quelques néophytes cherchent à savoir quelle bête étrange est donc une consacrée et viennent te poser des questions à la fin d'un atelier sur la prière : 

- Mais vous avez le droit d'avoir une relation amoureuse? 

- Ben, non, je me suis engagée à la chasteté dans le célibat pour toujours là : c'est le principe dans la vie consacrée. 

- Mais même pas droit une relation tendre avec quelqu'un ? 

- Eh bien, je n'aime pas trop parler en termes de droit ou d'interdit. J'ai "droit" à l'amitié, et même à des amitiés très profondes, c'est d'ailleurs essentiel dans ma vie, mais pas de relation exclusive avec quelqu'un si c'est votre question. L'idée du célibat consacré, c'est de nous donner corps et âme à Dieu... pour avoir aussi notre amour disponible, en Lui, pour chacun. 

- Ah, en gros, avec votre vie et votre prière, vous êtes une sorte de ressource d'amour, un buffet d'amour où les chrétiens viennent se restaurer quand ils en ont besoin. 

- Euh ouais.... Bon, j'ai aussi besoin de me convertir avant tout comme n'importe qui, hein. 

Bref, belle définition mais reste à le vivre : pression, pression ;-)  

 

dimanche, novembre 12 2017

Âmes et corps huileux

 

« Les insouciantes avaient pris leur lampe sans emporter d’huile, tandis que les prévoyantes avaient pris, avec leurs lampes, des flacons d’huile. »

 

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Et toi ? Et moi ?

Alors bien sûr, on peut se préparer au mieux, chercher à être de vrais bons et profonds chrétiens, cohérents à plus de 100 %... mais est-ce seulement suffisant ?

Serons-nous un jour suffisamment prêts pour rencontrer le Seigneur ?

Enfin, sérieusement, comment être un jour prêts à faire face à l’Amour ? A la force de nos poignets, jamais, c’est perdu d’avance.

 

Pourtant, si cette huile est celle de mon baptême et de ma confirmation, elle est déjà là, déjà présente, déjà donnée.

Mais sais-je l’entretenir ?

Paradoxe : en m’en servant, en l’entretenant, elle ne diminue pas ;

En l’oubliant, son niveau se réduit, devient ténu comme peau de chagrin.

Et puis, il y a tous ces mélanges que l’on fait, toutes les fois où l’on veut la mêler à ce qui n’est pas l’amour, « en pensée, en parole, par action et par omission » : elle devient trouble, de mauvaise qualité, peu apte à garder une lampe allumée. Elle semble disparaître dans les bas-fonds ténébreux de notre humanité où nous n’aimons pas trop mettre le nez.

 

Mais le Christ nous a dit : « Vous êtes la lumière du monde », pourtant, malgré tout, malgré nous, même.

Comme une confiance absolue en l’huile reçue qui, même ténue, peut d’un coup rehausser son niveau.

 

Peut-être alors le niveau de notre huile dépend-il seulement de la qualité de notre main tendue vers le Seigneur : moi, Seigneur, je ne peux rien, mais, Toi, Tu peux tout.

Si Tu veux que cela éclaire autour de moi, fais-moi vivre pleinement de la grâce de mon baptême,  

Fais que cette onction reçue par pure grâce un jour continue sans cesse de s’enflammer vers Toi, pour toujours.

 

lundi, novembre 6 2017

En-train de grâce

 

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Course… halètement… et zut ! Train raté à trois minutes près ! Dans le domaine des choses agaçantes, rater son train se pose là, même si l’on sait que le train suivant sera possible sans grand soucis.

 

C’était vendredi. Le soir, j’allais dire quelques mots chez un curé quasi-ex-blogueur-mais-pas-mort : j’avais encore un texte que je tenais à insérer dans mon propos. J’allai m’installer dans la salle d’attente et là, je vis une vieille femme qui pleurait. Dans l’échelle des choses qui m’emplissent de compassion et que je supporte mal, voir une personne âgée pleurer est bien situé : ça me fend littéralement le cœur. Je me dirigeai donc vers elle.

 

Cette dame venait de rater elle aussi son train. Elle allait à l’anniversaire de son gendre et de son petit-fils pour lesquels une grande fête était organisée. Elle était toute dépitée, désespérée à l’idée de rater cette occasion. Nous échangeâmes quelques mots : « Peut-être pouvez-vous changer votre billet ? ». Elle était perdue, ne savait comment faire. Alors, avec elle, je suis allée à la borne automatique et l’ai aidée : le billet fut changé. Elle a pu appeler son petit-fils pour lui annoncer un simple retard au lieu d’une annulation : un sourire commençait à naître sur son visage. Elle était seule, elle avait envie de parler… Tant pis pour mon texte, il y avait mieux à faire.

 

- Et vous, vous allez faire quoi en Normandie ?

- Oh, moi, j’y vais pour une conférence.

- Ah j’ai une amie qui aime bien aller assister à des conférences aussi.

- Oui… Alors là, c’est moi qui la fais, en fait.

 

Je ne lui ai pas donné le sujet exact mais nous avons commencé à parler de foi. Et puis elle a vu que je portais une croix autour du cou. Elle finit par comprendre qu’elle avait affaire à une femme consacrée, même si elle n’avait pas tout à fait le vocabulaire correspondant. Elle m’a dit l’importance de la foi dans sa vie, nous avons un peu parlé du Christ : c’était simple… Mais c’était beau car c’était profondément vrai.

 

A l’heure d’embarquer dans le train suivant, elle était à quelques places dans le même wagon que moi. A plusieurs reprises, elle revint échanger quelques mots… puis finit par entrapercevoir mon fond d’écran (i.e. une photo de ma consécration durant la litanie des saints où je suis prosternée) : « oh, comme c’est beau ! Vous voir, ça me redonne un peu confiance dans l’humanité ! ». ».

 

C’était une vieille femme en pleurs que j’avais rencontrée, c’était une femme rayonnante que je vis embrasser puis partir avec son petit-fils, non sans m’avoir fait de larges saluts.

 

Ce soir-là, c’était de Madeleine Delbrêl, une femme ayant témoigné de la grâce du Christ dans l’ordinaire du monde, dont je parlais. Allez savoir pourquoi, je me suis pris cette histoire comme un gros clin-Dieu dans le cœur : le primat de la vie et de la grâce sur tous nos pauvres mots, sans doute ! 

 

mardi, octobre 31 2017

Sous le signe de l'amour

Dans les autres éléments vécus à l'EPJ, j'ai curieusement découvert un manuscrit apocryphe un matin devant les jeunes lors de l'accueil de la Parole... comme une petite aide pour méditer le mystère de la Croix, comme une petite aide aussi, la veille de la Toussaint, à nous laisser mieux tourner vers la sainteté. 

 

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Je m’appelle Simon et il y a quelques années, j’ai vécu quelque chose d’incroyable : j’écris ce texte pour que la mémoire en soit gardée à jamais. J’étais alors un jeune papa, fier de la naissance d’Alexandre et de Rufus, mes fils, et j’aimais énormément ma ville, Jérusalem, ville sainte pour nous les Juifs. Ici, on se sentait proche du Seigneur 24h/24 !

 

Mais ce jour-là, je m’en rappellerai toujours, je n’ai jamais été aussi proche du Seigneur. Ce jour-là, il y avait de l’agitation en ville : c’était jour de crucifixion, le plus affreux et le plus déshonorant des supplices. Un grand agitateur devait être mis à mort ce jour-là par les Romains qui occupaient notre pays : à moi, on m’avait dit qu’il était surtout un grand prophète, un homme qui parlait de la part de Dieu. J’étais curieux : et si c’était un prophète qu’on allait tuer au lieu de l’écouter ? C’était suffisant pour que je cherche à rejoindre au plus vite le Golgotha, le lieu des exécutions, en rentrant de mes champs !

 

Et là… Et là… ma vie a basculé. En me voyant arriver, les Romains, qui connaissaient ma force, m’ont interpelé pour que je vienne aider à porter la croix de celui qu’on appelait Jésus. J’ai croisé Son regard, j’en ai été bouleversé.

 

Cet homme était plein de sang, plein de poussière, exténué mais il portait un regard d’amour sur moi. Un regard que je n’avais jamais vu. J’avais l’impression que c’était lui qui m’avait appelé pour que je l’aide… Il m’avait appelé pour me dire simplement : « viens, tu es aimé, à un tel point que tu ne le sais même pas encore ». Je n’avais jamais vu un amour aussi fort chez quelqu’un.

 

Alors, avec Lui, j’ai porté sa croix. Je sais déjà que quelqu’un écrira des siècles plus tard : « Dieu t’a créé sans toi mais il ne te sauvera pas sans toi ». C’était et c’est tellement vrai : Dieu m’a créé sans moi mais ne me sauve pas sans moi !

 

Ce jour-là, j’ai perçu quelque chose d’un grand mystère que je n’ai toujours pas fini de comprendre. Ce Jésus, c’était Dieu ! Et c’était fou : en mourant… en mourant pour moi, il venait pour me sauver !

 

En m’appelant à porter sa croix avec lui, il m’aidait surtout à porter toutes mes petites croix du quotidien. Ou plutôt, il portait avec moi tout cela : il portait mes soucis, mes inquiétudes, mes souffrances et même tout ce que je faisais de mal. Avec moi. Pour moi.

 

Plus tard, moi Simon, je serai parfois représenté bras dessus bras dessous avec Jésus dans ce qui est le moment le plus terrible de Sa vie. Par cela, il m’associait à Sa mort mais aussi à Sa résurrection.

 

Aujourd’hui, je sais que Lui porte tout avec moi et pour moi. Parce que j’ai eu la grande chance de porter un instrument de supplice sur mon dos qui est devenu, grâce à Jésus, le plus grand de tous les signes d’amour.

 

 

Simon de Cyrène

lundi, octobre 30 2017

Fioretti d'EPJ et d'eucharistie

 

Et me voici de retour de l'EPJ (Ecole de Prière Jeunes) édition 2017 ! Comme toujours le coeur en action de grâce et la tête consonnant avec le coeur et l'âme de multiples fioretti. Parmi ceux-ci, ces deux-ci... comme un moyen de vivifier notre désir du Seigneur !  

 

En début de semaine, une enfant de 7 ans qui n'avait pas encore fait sa première communion est allée communier avant qu'on ne s'en aperçoive. Des plus grands lui tombèrent alors dessus pour lui dire que ce n'était pas bien ce qu'elle avait fait et c'est en pleurs que la petite finit la messe. A l'issue de celle-ci, je la récupérai pour essuyer ses larmes et elle de me dire entre deux sanglots : "Tu sais, c'est que j'en avais tellement envie !!!" 

 

http://www.famillechretienne.fr/var/fc/storage/images/media/images/articles/ld-communion-hostie-eucharistie/54124-2-fre-FR/ld-communion-hostie-eucharistie_article.jpg

 

Fin de semaine, une autre petite de 7 ans en pleurs à la fin de la messe (encore !), je la récupère là aussi : 

- Mais pourquoi pleures-tu donc ? 

- C'est parce que... parce que... moi je voulais prier ! Et F. m'a embêtée ! Je n'ai pas bien pu prier Jésus alors que je voulais ! 

- Mais, ce qui compte, c'est ce désir de prier, tu sais, c'est celui-là que Jésus regarde et il sait ce que tu as dans ton coeur. " 

... Deux parmi tant et tant d'autres... ! :-) 

 

mercredi, octobre 18 2017

Au Souffle de Sa Parole

 

Dans les projets Zabouiens 2017-2018, il y a cette idée un peu folle de passer un w-e en abbaye entre chaque période de vacances scolaires. Tout simplement pour que, dans un début d'année que je savais d’avance être (sur)chargé, l'Essentiel garde primauté. A fortiori dans une vie de jeune consacrée : joie de donner et de passer du temps avec le Bien-Aimé ! Dont acte : premier week-end il y eut il y a quelques jours. Mais, afin d’orienter encore mieux ces week-ends au désert, j’y ai adjoint un programme de lecture de la Parole de Dieu.

 

Ainsi, ce week-end, ô folie, j’ai lu la Genèse et ses 50 chapitres à voix haute en une journée. Ne croyez pas qu’il s’agissait d’une expérience façon exploit sportif « I did it », malgré la satisfaction certaine d’arriver au bout : non, il s’agissait d’un moyen suggéré et préparé par un moine pour laisser la parole de Dieu entrer plus profondément en moi, cette fois-ci à travers les textes des origines.

 

Je me suis laissée surprendre par cette expérience incroyable avec un bonheur certain !

 

Lire la Parole à haute voix,

Prêter mon souffle, parfois hésitant, à Son Souffle, toujours sûr,

Laisser en retour le Souffle marquer mon propre souffle,

Lui laisser donner Sa cadence, Son rythme, Sa folie…

 

Laisser les mots passer à travers mon corps, ma chair, ma vie,

Pour que le Verbe incarné y fasse chaque jour plus Sa demeure.

 

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